Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Anglais (métairie de l')

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Graphies connues

Anglé (l') source : Au hasard des différents documents et cartes on trouve : "l'Anglais", "Langlais", "Langlé", "l'Anglé"… tous prononcés normalement [e], mais avec des orthographes variables.


Nature(s) du lieu

Catégorie : Siège d'exploitation agricole Masquer
Titre Image
  • Nature : Siège d'exploitation agricole
  • Localisation : La "métairie de l'Anglais" est située dans la boucle que fait la Maine, au sud-ouest de la ville de Montaigu.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : B 587-588
    • Coordonnées cadastrales moderne : Section AL

Etymologie

Le nom de "l’Anglé / l’Anglais" vient probablement de "l’angle" formé par la confluence de l’Asson avec la Maine. Ce toponyme se retrouve souvent pour des sites topographiques similaires, tels : "l’Anglier" (ou "Languiller"), au Petit Luc à la rencontre de "la Boulogne" et de "la Malnaye", et un autre "Languiller" près de Chauché, le long de "la Petite Maine" ; ou encore "l’Angle Guignard", sur "le Lay", près de Chantonnay… C’est ainsi que cette métairie et les autres lieux voisins de cet endroit de Montaigu ont été naturellement appelés "…de l’Anglais".

Pour certains[1], la digue qui fermait "l’étang du Château" de Montaigu aurait été terminée par une tour en défendant l’extrémité, et ce serait de cette tour "d’angle" (dont on ne trouve ni indices architecturaux, ni traces dans des écrits) que viendrait, selon eux, ce nom de "l’Anglais".

Données historiques

Histoire et archéologie

Signalée "détruite" sur le plan d'assemblage du cadastre de 1814[2], la "métairie de l'Anglais" faisait alors partie des domaines de l’ex-révolutionnaire montacutain Philippe-Charles-Aimé Goupilleau de Villeneuve. Il l’avait achetée en tant que bien national en août 1796 / thermidor An IV[3] aux conditions avantageuses de l’époque[4], arrondissant ainsi ses propriétés familiales.

Formée d’un seul tenant et avec de vastes parcelles, elle était caractéristique de ce qu’était une "métairie" à cette époque[1]. Cette structure s’explique par sa localisation dans la boucle de la Maine et par son origine nobiliaire. Les parcelles qui la composent portent les appellations de : "Prairie de l’Anglais", "Jardin de l’Anglais", "Petite ouche", "Ouche de la maison", "Pièce de la vigne", "Grand pâtis", "Pâtis du grand pré", "Petite ouche de la rivière", "Pâtis aux baudets", "Champ du chemin", "Pièce du Pont-Neuf", "Pièce longue", "Pré long", "Petit champ de la rivière" et "Pré du Château" sur l’emplacement de l’ancien étang du Château[2].

Avant la Révolution, la "métairie de l'Anglais" appartenait à Jacques Gabriel Louis Le Clerc de Juigné (1727-1807) qui a été le dernier seigneur de Montaigu. En 1742, il avait indirectement été l’héritier des de Crux. Après une carrière militaire de 1742 à 1762, il fut en 1770 "ministre plénipotentiaire" de la France en Russie. Localement et sans compter le lac de Grand-Lieu, ses possessions s’étendaient sur près de 3000 ha, principalement dans le Pays de Retz. Bien qu’il ait été souvent éloigné de Montaigu, il semble que, dans l’esprit physiocratique du temps, il se soit sérieusement préoccupé de sa région et de son essor économique. Ainsi, en 1770, il fit passer les foires de Montaigu de huit à douze[5] et aménager, en 1786, le champ de foire[6] ; en 1780, il devint syndic général des Marches communes de Poitou et de Bretagne (grâce à quoi Philippe-Charles-Aimé Goupilleau de Villeneuve pourra obtenir la charge de sénéchal de Rocheservière) ; en 1783, il fit cadastrer les landes de Bouaine et celles de Boisjarry (sur Mormaison)[6] ; en 1789, il participa à la rédaction du cahier de doléances, commun aux trois ordres, des Marches communes du Poitou et de Bretagne, et il sera le représentant de celles-ci pour la noblesse aux Etats-généraux... La nuit du 4 août 1789, il adhéra à l’abolition des privilèges, mais en 1791 il émigra, et il ne rentra en France qu’après le décret-loi d’amnistie de 1802. Ayant pris de l’âge, il ne revint pas à Montaigu où, à part le Château, les halles et le tribunal et prison tous ses biens étaient passés en d’autres mains[7].

Depuis les années 1990, la partie non-inondable de ces terres, proches de la ville de Montaigu, est en cours de lotissement. 

Autres mentions

"L’allée de l’Anglais" ou "allée des Soupirs" joignait, en bordure de la Maine, la "métairie de l’Anglais" à la prairie du même nom, avec à proximité une rue et un chemin "…de l'Anglais".

Illustrations

montaigu_anglais_metairie_2.jpg

montaigu_anglais_metairie_2.jpg


La "métairie de l’Anglais" en 1814 (et en bonne partie jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle)
et les autres terres acquises sur Montaigu à l’occasion de la Révolution,
par le conventionnel Philippe-Charles-Aimé Goupilleau de Villeneuve.
Et les appellations des différentes parcelles constituant la
"métairie de l’Anglais".
(vue aérienne 2009, environ 1 km x 1 km,
© GEOPORTAIL)

[1]

Bossis (Philippe), "le Milieu paysan aux confins de l'Anjou, du Poitou et de la Bretagne (1771-1789)", in : Études rurales, n°47, 1972, p. 122-147.

 
[2]

Plan, état de sections et matrice du cadastre de 1814 (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 146). 

 
[3]

Registres des ventes des biens nationaux (Arch. dép. de la Vendée : 1 Q 203).

 
[4]

Bodinier (Bernard), "la Révolution française et la question agraire - un bilan national en 2010", in Histoire & Sociétés Rurales, n° 33, 1er semestre 2010, p. 7 à 47.

 
[5]

Minutes de Pierre-Etienne Sorin, notaire royal à Montaigu (1762-1792), registre 1762-1770, p. 621 à 624 (Arch. dép. de la Vendée : 3 E 27/40). 

 
[6]

Archives Nationales : CP / N / III / Vendée / 1 ; CP / N / III /Vendée / 20 / 1-2 ; CP / N / II / Vendée / 2 / 1-2.

 
[7]

D’après Laronze (Georges), Montaigu, Ville d'histoire (IVe-XXe s.), 1958, p. 49.

 

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