Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Assassin (arbre à l')

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Végétation Masquer
  • Nature : Végétation
    Précision sur la nature du lieu : arbre
  • Localisation : "L’arbre à l'assassin" se situait à 1250 mètres à l’ouest du centre-ville de Montaigu.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : parcelle B 90 (cadastre de Montaigu)
    • Coordonnées cadastrales modernes : parcelles OJ 518-519-520 (cadastre de Saint-Hilaire-de-Loulay)

Données historiques

Histoire et archéologie

"L’Arbre à l'assassin" a disparu à la fin du XIXe siècle. Il était situé le long de l’ancienne route allant, avant les années 1830, de Montaigu à Vieillevigne, immédiatement après l'ancienne "chapelle Saint-Lazare", et à pomixité du "ruisseau des Bretonnières".  C’est-à-dire, en 2020, en bordure de la rue des Mimosas, près de l’endroit où débouche la rue Châteaubriand.

En 2011, à quelque deux cent mètres et contemporain de "l’Arbre à l’assassin" :
l
e chêne de Marguerite Poiron
(5,5 m de circonférence à 1 m du sol).
à
"la Marionnière" de Saint-Hilaire de Loulay
A l’arrière-plan : la croix Luneau,
au pied de laquelle gît l’ancienne table d’autel
de l’ancienne
"chapelle Saint-Lazare", aujourd’hui disparue.

 

Gustave Mignen, le plus fiable des historiens de Montaigu, a écrit au sujet de "ce chêne aux puissantes ramures" : "Il est de tradition que bien des crimes auraient été perpétrés au fond de ce vallon désert, et que souvent, la nuit, on entendait des cris désespérés, aussi bien du moulin Luneau que de la métairie de la Bretonnière". Et il ajoute : "Sans doute le lieu était favorable aux détrousseurs de grands chemins, et des marchands ou de simples voyageurs attardés ont pu faire là de désagréables rencontres : trop fréquemment le vol conduit à l’assassinat"[1].

D’autres ont suggéré que ces histoires épouvantables auraient pu être répandues afin d’éloigner les indiscrets de cet endroit se trouvant aux limites de la Bretagne et du Poitou. Les marchandises allant du duché vers le reste du royaume, ou inversement, étaient soumises à des taxes, aussi était-ce en conséquence un lieu de contrebande. Au début du XVIIe siècle, on rapporte que de violents accrochages eurent lieu entre des "commis des traites foraines [sorte de douaniers d’alors] et ceux du prochain village de Saint-Hilaire qui en tuèrent et blessèrent beaucoup"[2].

Enfin, à propos de ce toponyme malgré tout un peu étrange, on remarquera que dans les archives judiciaires aux XVIIe-XVIIIe siècles (pour les plaintes notamment), on trouve souvent le terme "assassinat" non pas au sens d'homicide volontaire, mais à celui de violences graves ayant entraîné des blessures sérieuses. "L'assassin" ne désignait alors pas nécessairement un meurtrier.

Autres mentions

L’emplacement de "l’Arbre à l'assassin" a subi des va-et-vient entre Montaigu et Saint-Hilaire-de-Loulay. Depuis toujours sur cette dernière commune, il se retrouva cependant en 1814 sur le cadastre de Montaigu. Mais les révisions et rénovations cadastrales de 1963 et 1966 le ramenèrent par inadvertance sur la commune de Saint-Hilaire-de-Loulay[3].

Sources et références

(sauf mention contraire, les illustrations sont dues à M. Mignet)

[1]

Mignen (Gustave), Paroisses, églises et cures de Montaigu "Bas-Poitou", 1900, p. 188-189 (tiré à part de l’Annuaire de la Société d’Émulation de la Vendée).

 
[2]

Dubuisson-Aubenay (François-Nicolas), "Itinéraires de Bretagne en 1636", première édition dans la revue Archives de Bretagne, 1902, p. 170. Une nouvelle édition, étoffé de très nombreuses et judicieuses illustrations et contextualisations, en a été réalisée en 2006 : "La Bretagne d'après l'Itinéraire de Monsieur Dubuisson-Aubenay", 1113 p.

 
[3]

Plans cadastraux de Montaigu (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 146 et 2313 W 146) et de Saint-Hilaire-de-Loulay (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 224 et 2313 W 224).

 

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