Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Asson (l')

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Graphies connues

Ortèze (rivière d') source : En février 1637, François-Nicolas Dubuisson-Aubenay visitant Montaigu et les Marches de Poitou et de Bretagne, signale que la "rivière dite d’Asson" est aussi appelée "d’Ortèze, à cause d'un tènement d'héritage dont elle vient, qui ha nom ainsy"[1]. Mais on ne trouve aucune autre trace par ailleurs de ce nom dans Montaigu ou dans ses parages.


Nature(s) du lieu

Catégorie : Hydronymie continentale Masquer
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  • Nature : Hydronymie continentale
    Précision sur la nature du lieu : ruisseau
  • Localisation : "L'Asson" prend sa source à environ 15 km à l'est de Montaigu[2], près du château d'Asson, et se jette dans la Maine au pied du "Château de Montaigu".
  • Coordonnées
    • Précisions : le cours de l'Asson sert de séparation entre la section A et la section B
    • Précisions : Section AH

Etymologie

Selon certains le radical "Ass" de "Asson" apparait souvent dans des hydronymes et toponymes d’époque pré-gauloise en Europe méridionale et en Proche-Orient, et il pourrait faire partie du "substrat toponymique hispano-caucasique"[3]. Ce nom se serait ensuite étendu au village d’Asson situé sur La Boissière-de-Montaigu à proximité de ce ruisseau… ce qui correspondrait à l’habituelle plus grande ancienneté des hydronymes par rapport aux toponymes.

Cependant, la tradition locale propose une origine différente. Au cours des croisades, un jeune seigneur de nos régions partit pour la Palestine et séjourna dans un petit port d’Asie mineure nommé "Asson" (ou "Assos" en Mysie, aujourd’hui "Behramkale" en Turquie, à environ 50 km au sud des Dardanelles). Ce lieu, que l’on trouve par ailleurs cité dans le Nouveau Testament[4], lui plut tant qu’à son retour il donna son nom à la nouvelle demeure qu’il se fit construire. Ce nom se serait étendu par la suite au ruisseau qui prenait naissance à proximité[5]

Données historiques

Histoire et archéologie

Le ruisseau "l’Asson" a été à l’origine de Montaigu, sa confluence avec la Maine formant l’éperon sur lequel fut bâti le Château, autour de l’an Mille. La partie inférieure de son cours formait, d’aval en amont, "l’étang du Château" et "l’étang Saint-Michel"  qui étaient autrefois des éléments essentiels des défenses sud de la ville de Montaigu et de son Château. Ils ont tous les deux disparu en 1586, lors du démantèlement des défenses de Montaigu et de son Château, avec la coupure "Digue" formant le premier, et la suppression de la chaussée qui au niveau du "pont Jarlet" retenait le second.

En amont, à l’endroit où l’Asson pénètre dans l’ancien enclos du "couvent Notre-Dame de Saint-Sauveur", des traces d’un petit moulin à eau subsistaient toujours en 2014 : des restes de murs, d’un radier et d’un coursier d’eau, ainsi qu’un canal de dérivation d’environ 2 m de large partant du ruisseau quelque 185 mètres plus haut et amenant l’eau à la roue avec une dénivellation suffisante[6]. L’existence de ce moulin à eau est évoquée en 1569, lorsque les troupes royales reprirent Montaigu aux huguenots qui l’occupaient : "le 23 mars de l'année 1569, un corps de 3000 hommes d'infanterie vint assiéger la place. On fit venir du canon de Nantes, la tranchée fut ouverte vers un moulin en face de la porte de la ville : on dressa encore une batterie du côté de l'étang [sur l’Ouche aux canons]"[7]. Il semble qu’il n’était plus opérationnel quand, à la fin du XVIIe siècle, les religieuses fontevristes étendirent leur couvent jusqu’à cet emplacement.

Au XIXe siècle, un autre petit moulin à eau a existé sur l’Asson, à deux kilomètres plus en amont, dans le bas de la Gouraudière de La Guyonnière[8] ; en 2014, il n’en subsistait que des restes de murs enfouis dans les épines[6].

En 1836, dans la nuit du 10 au 11 novembre, l’Asson connut une crue mémorable qui, sur les sept heures du matin, emporta le "pont Jarlet". Pendant quelque temps, la route de La Rochelle à Nantes étant coupée, la circulation dut emprunter, à la limite de la commune de La Guyonnière, un chemin creux (dont, en 2014, il restait encore un tronçon partiellement remblayé), pour traverser l’Asson par un gué malaisé dans le bas de "la Robinière" et arriver dans Montaigu par l’ancienne route de Tiffauges.

Ce fut l’occasion de profondes transformations pour rendre plus aisé l’accès sud de Montaigu : en 1837, pour pallier cette disparition momentanée du "pont Jarlet", la "rue des Abreuvoirs" fut prolongée jusqu’au pied de la "Digue" ; puis, après que le "pont Jarlet" eut été reconstruit, un remblai fut édifié dans les années 1850, joignant directement la "Grand’rue" au "faubourg Saint-Jacques"[9].

Autres mentions

A proximité du "pont Jarlet", des traces de structures enterrées, en bas des murailles du XIIe siècle ou antérieures, montrent que la sédimentation a réduit la profondeur du vallon de l’Asson au fil des siècles. Ceci est confirmé par les fouilles faites en 1837 pour reconstruire ce pont.

Depuis la fin des années 1960, la suppression des haies en amont a accéléré cette sédimentation qui comble aujourd’hui le petit étang subsistant sur l’Asson dans le "domaine du Rocher"[6].

Illustrations

montaigu_asson_1.jpg

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Vers 1910, l’étang du château d’Asson, sur la Boissière-de-Montaigu, départ du ruisseau l’Asson.
En 2010, à l’entrée de l’enclos de l’ancien
"couvent Notre-Dame de Saint-Sauveur",
traces de l’entrée d’un coursier d’eau et d’un radier,
vestiges d’un ancien petit moulin à eau sur l’Asson. 

[1]

Dubuisson-Aubenay (François-Nicolas), "Itinéraires de Bretagne en 1636", 1re édition in Archives de Bretagne, 1902, p. 163.

 
[2]

Cartes IGN, 2010.

 
[3]

Henry (Bernard-M.), "Essai d’hydronymie vendéenne : les éléments pré-latins", communication au XXIIIe Congrès des Sociétés Savantes du Centre-Ouest, Poitiers, 1967.

 
[4]

Actes des Apôtres, chapitre 20, versets 13 et 14.

 
[5]

Raigniac (Guy de), "Asson à la Boissière de Montaigu", in Société d’Émulation de la Vendée, 1984, p. 83.

 
[6]

Relevés sur le terrain en 2014 et 2016.

 
[7]

Cité par Boutin (Hippolyte), in Chronique paroissiale de Montaigu, 1895. 

 
[8]

Tableau d’assemblage du cadastre de La Guyonnière, 1816, rajout (Arch. dép. de la Vendée : 3P 107).

 
[9]

Mignen (Gustave), l'Ancien Montaigu, conférence du 13 mars 1910 à Montaigu. 

 

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