Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

Espace contributeur

Identifiez vous - Pour en savoir plus

Résultat

imprimer la notice complète

Poiré-sur-Vie, Le > Aumère (l')

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
Titre Image
  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village
  • Localisation : "L'Aumère" est située à 4 km au sud-est du centre-bourg du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : Section F, 2e feuille.
    • Coordonnées cadastrales moderne : Section OF.

Données historiques

Histoire et archéologie

Seulement séparés par un filet d’eau, connu, un peu en aval au niveau de "la Crépelière" sous le nom de "la Liée", "l’Aumère" et "la Raybaudière" formaient autrefois le plus gros village de la commune du Poiré. Au début du XIXe siècle, leur population était plus importante que celle du bourg de La Genétouze ou celle du bourg de Mouilleron-le-Captif. En 1846, elle était de 169 habitants (142 + 27), alors que le bourg de La Genétouze et celui de Mouilleron ne comptaient que 65 habitants chacun[1].

Le village de "l’Aumère" du Poiré, à proximité de la commune de La Genétouze :
- en 1950 sur une photo de l’I.G.N. (environ 1200 x 1040 m), 
- en 1766-1768 sur la carte de Cassini[2],
- en 2019 sur une une vue aérienne (prise en direction du sud-ouest).
Avec les localisations des champs de l’Égorgeat,
du lieu d’inhumation des habitants massacrés sous la Révolution,
et de la limite entre les communes du Poiré et de La Genétouze,
en 1836 selon le premier cadastre du P
oiré[3].

Les habitants de "l’Aumère" exerçaient autrefois des métiers variés, ainsi que le rapporte le dénombrement le plus ancien, celui de 1797. A cette date, en plus des professions de cultivateur et de journalier, on trouvait à "l’Aumère" les foyers de deux marchands (sans plus de précision), d’un sabotier, d’un tisserand, d’un tanneur, de deux maréchaux(-forgerons), d’un potier en terre, d’un farinier (meunier). La présence de ce dernier est à mettre en rapport avec les moulins voisins : celui "de la Pièce", qui disparut à l’époque de la Révolution, des bris de meules laissant présumer de son emplacement[4] ; et celui "de la Rupille", sur La Genétouze. Pour ce dernier et bien qu’il eût cessé son activité depuis longtemps, les bases de son mur et les montants de son entrée ont subsisté au milieu de son cerne et dans les épines, jusqu’à ce que le remembrement des terres les fasse disparaître autour de 1985. Entre temps, des restes de sa charpente avaient été récupérés et réutilisés dans une maison de "l’Aumère"[4]. A la date de 1797, "la Raybaudière" ne comptait que des agriculteurs.

Les derniers restes de la charpente du "moulin de la Rupille",
servant de poutres dans une maison de
"l’Aumère".

Cette diversité des professions se réduisit au fil du temps. En 1950, il n’y avait plus qu’un foyer de non agriculteurs : celui de Pierre Guibert, sabotier, et de son épouse qui tint l’épicerie du village jusque vers 1960[1]

En 1936, et bien qu’ils fussent moins nombreux qu’auparavant, on comptait treize foyers d’agriculteurs, surtout des "propriétaires-exploitants". Pour la majeure partie d’entre eux, leurs fermes étaient de petite taille, composées de parcelles de faibles surfaces, et étaient parfois appelées des "borderies". Leur petite dimension ne permettait qu’un train de vie modeste, ce qui fut une des raisons de leur disparition progressive dans les années 1970-1980. En 2019, toutes avaient disparu, à l’exception d’une exploitation, située à "la Raybaudière" et s’étendant sur quelque 320 hectares.

 

Comme la plupart des villages du Poiré, ce que l’on sait sur les origines de "l’Aumère" est limité, mais il est probable que les "huit livres [de rentes qui] sont prises en la Mayrère […] qui est sur le Peyré", évoquées en 1260 dans les Hommages d'Alphonse, comte de Poitiers, concernent effectivement "l’Aumère"[5]

Le 16 avril 1737, Louis-Mathurin Grelier (curé du Poiré de 1715 à 1758) enregistre dans le premier registre qui soit conservé de la paroisse, que "Judith de La Varainne, [est] décédée au village de l’Aumère après avoir reçu le saint viatique, âgée de 58 ans"[6]. On ne sait rien sur elle par ailleurs, mais, bien qu’elle soit morte en bonne catholique, son prénom biblique laisse à penser qu’elle a pu avoir des ancêtres huguenots.

"Le seizième jour du mois d’avril, l’an de grâce mil sept cent trente-sept,
je soussigné ai inhumé dans le cimetière de ce lieu,
le corps de dame Judith de La Varainne, décédée au village de
l’Aumère
après avoir reçu le saint viatique, âgée de cinquante-huit ans,
en sa maison en présence de Louis Violleau et de plusieurs autres.
                                                               L. M. Grelier, prêtre, curé du Poiré"

La tradition locale prétend qu’avant la Révolution, une maison, située au centre du village et dont le linteau de la porte est timbré d’un écusson indéchiffrable, était habitée par un chirurgien. Cette tradition se trouve confirmée par l’état civil : Louis Bâty (1699-1754) puis son fils Pierre (1735-1781), maîtres chirurgiens jurés, vécurent et moururent tous les deux à "l’Aumère"[7]

La maison des chirurgiens Louis puis Pierre Bâty, vivant à "l’Aumère" au XVIIIe siècle,
et le linteau blasonné de sa porte d’entrée (photo, 15 juin 2019).

Quelques décennies plus tard, le village de "l’Aumère" a été particulièrement touché par les ravages perpétrés par les troupes révolutionnaires. C’est aussi celui dans lequel les traditions familiales ont gardé le plus de témoignages, lesquels, de plus, proviennent de sources d’origines différentes[8] :

- Ainsi y rapporte-t-on que "pendant la guerre, les hommes devaient rester armés et faire des rondes par deux ou trois, la nuit, pour garder le village", et il en est resté le souvenir d’un mot de passe : "Qui vive ?" […] "Pied de bœuf !". On s'est battu près de l’ancienne fontaine. Une nuit, celui qui était chargé de la garde s’endormit et une troupe de républicains surprit le village. Suivant les ordres reçus et leurs habitudes, ceux-ci massacrèrent les habitants qui n'avaient pu s’enfuir. C’est à l’extrémité des jardins qui bordent le village à l’ouest, que les cadavres de leurs victimes furent plus tard enterrés. 
- Toujours à cette époque, un groupe de soldats républicains se trouva en bivouac au village du "Moulin Roux" voisin ; immanquablement ils allaient venir à "l’Aumère" pour, comme de coutume, détruire le village, aussi ses habitants décidèrent d’agir préventivement en les attaquant, mais leur action échoua et le village fut incendié par la troupe révolutionnaire.
- On raconte aussi le sort que subirent deux sœurs, arrière-grands-tantes de la grand-mère de Léontine Archambaud née Rocheteau (1909-1998), qui furent violées puis égorgées par des soldats républicains à proximité de "l’Aumère", en un lieu qui en a gardé le nom de "l’Égorgeat" (ou "le Gorgeat"). Ce témoignage est confirmé par un acte de notoriété du 26 janvier 1805 établi par la justice de paix du canton du Poiré, dans lequel sept témoins déclarent que : "Anne Hillairet, mère de Jean Beignon et de Pierre Beignon, a été tuée pendant la guerre de la Vendée dans le mois de février 1794 en une pièce de terre proche le village de l’Aumère, commune du Poiré, pour avoir aidé à enlever son cadavre et assisté à son inhumation"[9]. Les recoupements avec les généalogies familiales ne laissent aucun doute : c’était l’une de celles qui périrent à "l’Égorgeat".
- Autre souvenir familial : une nuit, le village fut attaqué par une troupe républicaine, et ses habitants cherchèrent à se sauver. Parmi ceux-ci était une jeune fille nommée Marie Arnaud, qui fut rattrapée par un soldat qui lui donna un coup de sabre pour lui trancher la tête ; elle ne dut son salut qu’à l’épaisseur de sa chevelure qui lui sauva la vie. Elle réussit à s’échapper, mais elle se fractura la cheville dans sa fuite, ce qui la laissa boiteuse. Elle se maria plus tard avec un Talonneau, et c’est par leurs descendants directs que l’on connait son histoire.

En juin 2019, emplacement des champs de "l’Égorgeat" de sinistre mémoire.

 

En bordure ouest du village, l’endroit où furent ensevelis les habitants de "l’Aumère"
tués par les troupes chargées de la répression
par le gouvernement révolutionaire en 1793, 1794...

De la fin de l’année 1794 au milieu de l’année suivante, André Marseteau et François Martineau tous deux métayers, Marie Chauchet veuve d’Etienne Arnaud, Jean Robreteau, Jean Salmon, André Arnaud maréchal, tous de "l’Aumère", soutinrent Charette en lui fournissant des vivres pour sa troupe[10]. Il se trouve que deux cent vingt ans plus tard, par le hasard des choses et des mariages, venant d’Aizenay, trois descendants directs de Charette habitent aujourd’hui à "l’Aumère"[11].

Quand le cadastre fut levé, quarante ans après ces évènements, la plupart des bâtiments détruits soit avaient été reconstruits, soit avaient totalement disparu, on pouvait cependant encore en relever dix-sept en ruines à "l’Aumère"[3].

Selon le dénombrement de la population de 1797 (an V)[1], Jacques Arnaud, marchand, vivait alors à "l’Aumère". Un Jacques Arnaud fils d’André Arnaud et de Jeanne Mallard et dit "Brizardière", recevra en 1817 un fusil d’honneur en reconnaissance "du dévouement et de la fidélité" dont il "a donné des preuves en combattant avec valeur […]"[12], et mourra le 17 mai 1844 au bourg du Poiré, âgé de 72 ans.

Les bâtiments de "l’Aumère" et de "la Raybaudière" sur le plan cadastral de 1836
avec, colorés en jaune, ceux en ruines donc non-imposables
(environ 200 x 355 m).
Pour comparaison, sur une vue aérienne, les constructions existant en 2017.
L’ancienne fontaine, encore fonctionnelle, fournissait aux habitants leur eau potable,
et un bassin en pierre y servait d’abreuvoir pour les bêtes ;
elle était située en haut du village,
et ainsi n’était pas polluée par les effluents provenant des maisons et étables.
En 2019, seules quelques grosses pierres subsistaient du four du potier.

 

Les pertes humaines causées par les troupes républicaines à "l’Aumère" ne peuvent être que des estimations, mais en général, on considère que la population des zones ravagées retrouva son niveau d’avant la Révolution entre quarante-cinq et cinquante ans plus tard.

Le village connut son maximum démographique peu après après, au milieu du XIXe siècle. La stabilisation du nombre d’habitants durant cinquante ans, jusqu’au tout début du XXe siècle, masque un exode rural qui s’est accentué à la veille de la Première Guerre mondiale. Durant celle-ci, neuf soldats natifs de "l’Aumère" moururent[13]. L’exode rural a continué jusqu’à aujourd’hui[1], mais depuis le début des années 1980, il est compensé par des arrivées de l’extérieur provoquant une nouvelle croissance de la population du village : en 2019, elle était de 86 habitants répartis en 33 foyers.

Evolution des populations de "l’Aumère" et de "la Raybaudière" de 1797 à 2019.
(les moins de 12 ans, exclus dans le dénombrement de 1797,
ont été estimés à 20 % et rajoutés aux chiffres de celui-ci ;
les chiffres des recensements de 1975 à 1999 ne sont pas accessibles,
et depuis, les nouvelles méthodes de recensements
ne prennent plus en compte la localisation des habitants ;
en juin 2019, un comptage a été fait pour connaître leurs populations à cette date

Le village connut son maximum démographique peu après, au milieu du XIXe siècle. La stabilisation du nombre d’habitants durant cinquante ans, jusqu’au tout début du XXe siècle, masque un exode rural qui s’est accentué à la veille de la Première Guerre mondiale qui entraîna la mort de neuf soldats natifs de "l’Aumère"[13]. Cet exode s’est prolongé jusqu’à aujourd’hui[1], mais depuis le début des années 1980, il est compensé par des arrivées de l’extérieur provoquant une nouvelle croissance de la population : en 2019, elle était de 86 habitants répartis en 33 foyers.

 

Un des résultats de cet exode est que "L’Aumère" a perdu une partie importante de ce qui faisait son paysage d’autrefois. Ainsi juste de l’autre côté du ruisseau "la Liée", qui en est la limite, les trois fosses de l’ancien tanneur ont disparu dans les années 1980, et le "gardour" (lavoir) leur faisant face a bien changé. Cependant, quelques ouvertures de ses maisons peuvent remonter au XVIIe siècle, sinon au-delà, et divers détails architecturaux dispersés dans le village : niches avec statue, anciens fours, pierres datées, vieux contrefort, puits, corniches… lui donnent une certaine personnalité.

Quelques-uns des détails architecturaux, sauvegardés et mis en valeur,
et qui, ajoutés les uns aux autres, font le patrimoine du village :

une corniche avec une double génoise ostentatoire ; un linteau de fenêtre daté ;
un cul de four ; un oculus creusé
 dans une pierre calcaire ( ! ) ;
près d’un tas de pierres, un contrefort isolé témoin d’anciens bâtiments disparus...

 

Cinq des niches de "l’Aumère" abritant des statues de la Vierge.
(ces statues sont fréquemment plus récentes que la niche où elles se trouvent :
lors de la vente d’une maison, son ancien propriétaire en gardait souvent la statue)

 

 

 

Pourtant dans la seconde moitié du XXe siècle, la dépopulation du village avait faire craindre que son patrimoine fût irrémédiablement mis en péril. En effet, de nombreux bâtiments menaçant ruine durent être démolis, comme le montrent les nombreux tas de pierres ici et là dans le village, et d’anciens passages furent supprimés. C’est ainsi que "l’Aumère" perdit son aspect de bourg en ébauche que lui donnaient jusque-là ses constructions jointives formant de petites rues.

Une des anciennes "rues" de "l’Aumère".

 

A partir des années 1980, l’arrivée de nouveaux habitants, sensibles au charme de l’ancien et ayant les moyens de le rénover, a mis un terme à ce déclin. Les quelques maisons nouvelles qui avaient été édifiées ne l’avait été qu’à l’extérieur du village, et de nombreux bâtiments anciens y furent restaurés : façades ravalées, entourages d’ouvertures mis en valeur, murs jointoyés à la chaux… Ceci s’est accompagné, signe des temps, d’une tendance à s’isoler ("On n'est plus comme autrefois à toujours avoir la porte ouverte et à toujours aller chez les uns et les autres"), et à l’apparition de piscines, mais qui s’efforcent d’avoir un impact écologique et paysager limité.

Des maisons rénovées depuis les années 1980 à "l’Aumère"
(et quelques-uns de leurs occupants il y a 200 ans),
et les restes du "gardour".
(la présence de la brique est souvent le signe d’une construction plus récente :
depuis la fin des années 1890…)

De 1995 à 2001, il y eut une maison d’édition en activité à "l’Aumère". François Braud et Catherine Sutca, qui y habitaient, y créèrent "la Loupiote" qui publia des contes pour enfants "…et autres" ainsi que des "polards", lesquels furent accompagnés d’une revue "Caïn" portant sur le genre policier. Quand "la Loupiote" cessa son activité, elle avait publié une trentaine de titres[14].

Quelques-uns des recueils de contes et des romans policiers
publiés entre 1995 et 2001 par les éditions de
"la Loupiote".

 ------------------------------

 

Autres mentions

Le calvaire se trouvant face à l’entrée de "l'Aumère" a une origine immémoriale. Déjà en 1836 sur le plan cadastral du Poiré, il a un prédécesseur qui était alors situé au milieu de ce carrefour avec la route du Poiré à Mouilleron. Vers 1901, la Chronique paroissiale du Poiré parle d’une… "croix de bois, ancienne, au détour de l'Aumère, élevée par Talonneau, de Saint-Paul-Mont-Penit, en 1869, renversée en janvier 1900, relevée aussitôt"[15]. La croix actuelle (en 2019) a été érigée lors d’un retour de mission qui eut lieu à l’occasion du Jubilé[16] de 1926.

La succession des calvaires connus de "l’Aumère" :
- avant 1836 (sa localisation à l’entrée du village,
sur le premier cadastre du Poiré),
- entre 1869 et 1926 (dessin d’Alfred Tallonneau,
sur
"l’Ange gardien" du 9 novembre 1924),
- depuis 1926, avec le muret entourant son terre-plein
planté de buis, et deux
ex-votos
(photo le 29 mai 2019 – 4,5 m de haut avec le socle,
plus six petites marches pour monter sur le terre-plein).

 

Les missions (et retours de mission) étaient des temps forts de prière et de réflexion pour une paroisse. Celles-ci se déroulaient durant trois semaines et généralement en hiver, ainsi les agriculteurs, très nombreux à l’époque, pouvaient plus facilement se libérer de leur travail. Deux prêtres prédicateurs, ou plus, venus de l’extérieur de la paroisse, organisaient des cérémonies pratiquement chaque jour. Beaucoup de ces cérémonies avaient lieu le soir, et les paroissiens des villages venaient joyeusement par groupes, ne craignant pas de faire plusieurs kilomètres à pied sur des routes et chemins alors peu encombrés par la circulation. A la fin, et au terme de la cérémonie de clôture avec ses nombreux arcs de triomphe, on érigeait une statue, un calvaire… : c’était le "souvenir de la mission".

Quelques temps plus tard pouvait avoir lieu un "retour de mission", ainsi celui de 1926 au Poiré qui fit suite à la mission ayant eu lieu du 11 mars au 1er avril 1923. Le déroulement de ce "retour de mission", qui en tant que tel ne dura que quinze jours, du 14 au 28 février 1926, est connu par le bulletin paroissial, "l’Ange gardien du Poiré-sur-Vie"[17]. La première semaine réunit les femmes et la seconde réunit les hommes :

"Ange gardien" daté du 21 février 1926… "Calvaire de l’Aumère : La bénédiction solennelle aura lieu dimanche prochain après les vêpres. Ce calvaire sera pour la paroisse le souvenir du Jubilé de 1926."
"Ange gardien" daté du 28 février 1926… "14h ½, départ pour le calvaire de l’Aumère, les femmes et les jeunes filles marcheront devant le char d’honneur, les hommes et les jeunes gens marcheront derrière. Pendant le défilé, cantiques et chapelet. La procession se formera à la croix pèlerine, Après sermon bénédiction solennelle du calvaire. A la fin de la cérémonie, tous seront admis selon l’usage à baiser la croix. Ceux ou celles qui n’ont pas reçu l’image souvenir de la mission peuvent la réclamer." (la "croix pèlerine" est la croix qui, avant "l’Aumère", s’élève au détour de "la Crépelière").
"Ange gardien" daté du 7 mars 1926… "[…] Merci aux habitants et propriétaires de l’Aumère et de la Raybaudière. Comme ils doivent être fiers de leur calvaire. Ce calvaire est à eux puisqu’ils l’ont édifié entièrement à leurs frais. Il intéresse aussi toute la paroisse puisqu’il est le souvenir de la mission […]."

Ce jubilé de 1926 donna lieu au tirage de six cartes postales, qui ont contribué à en perpétuer le souvenir. Et un demi-siècle plus tard on se rappelait toujours des sept paires de bœufs venus de "l’Aumère" et de "la Raybaudière", lavés, brossés, décorés et sabots cirés ; des difficultés qu’il y avait eu pour leur faire tirer efficacement le "char d’honneur" portant le crucifix ; des noms de certaines des personnes présentes sur ces photos prises en haut de la place du Poiré, le jour de la clôture de ce retour de mission[18]
La croix de "l’Aumère", comme celle du calvaire de la mission de 1923, a été faite en béton armé avec sa surface imitant l’écorce des arbres, par l’entreprise Privat de Belleville.

Cinq des six cartes postales souvenir du Jubilé de 1926 :
- le défilé passant en haut de la place du Poiré,
le char d’honneur, les bœufs, les aiguillons même,
décorés de fleurs de papier de couleur ;
- la photo des habitants de
"l’Aumère" et de "la Raybaudière"
(à l’exception de ceux conduisant les bœufs),
qui s’étaient mobilisés pour restaurer leur calvaire.
(on remarquera avec leur ruban noir plusieurs coiffes en deuil,
et au moins une qui n’est pas du Poiré)

 

Après celles de 1934 et de 1947, la dernière mission au Poiré eut lieu du 21 janvier au 11 février 1962. C’est celle pour laquelle on est le mieux renseigné par "l’Ange gardien du Poiré"[19].

Le vendredi 2 février, jour de "la fête des croix de quartiers", la croix de bois du "quartier de la route de Mouilleron", dont faisait partie "l’Aumère", fut apportée durant l’après-midi avec celles des autres quartiers de la paroisse à l’église du Poiré. Après avoir été bénite et indulgenciée, elle fut ensuite amenée et plantée durant la nuit à "l’Aumère", en présence des personnes participantes. Jusqu’en 2017 et en dépit de l’usure du temps, cette croix a été visible derrière la halte des cars à l’entrée du village.

"L’Aumère" et les autres villages du "quartier de la route de Mouilleron",
et la mission de 1962 :
vendredi 2 février, la croix de "l’Aumère" devant l’église
lors de
"la fête des croix de quartiers".

Lors de la cérémonie de la fin de la mission, le dimanche 11 février, eut lieu la procession de clôture pour laquelle chaque quartier de la paroisse avait réalisé des arcs de triomphe. Celui des villages de la route de Mouilleron avait été érigé sur la bordure est de "la place du marché". A la fin de cette cérémonie, ceux qui avaient participé à sa réalisation ou à la mission, dont les habitants de "l’Aumère", se firent prendre en photo devant leur arc de triomphe.[20]

"L’Aumère" et les autres villages du "quartier de la route de Mouilleron",
et la mission de 1962 :
dimanche 11 février, le dernier jour de la mission,
la photo devant leur arc de triomphe d’une partie de ceux qui y participèrent.
(le motif qui en décore le sommet avait été réalisé
par Raymond Salmon de
"l’Aumère")

Une "image souvenir de la mission" de 1962,
qui se termina par la restauration du calvaire de la Jamonière
(détérioré 10 ans plus tard  par le tempête du 13 février 1972),
avec les noms des prêtres de la paroisse
et ceux des trois prêtres prédicateurs,
de la congrégation des Fils de Marie-Immaculée
(ou Pères de Chavagnes).

 

Le mois de mai était une période importante dans la vie spirituelle et dans la vie tout court du village. Ce mois était consacré à la vénération de la Vierge, il était donc appelé pour cela "le mois de Marie". Ce terme désignait aussi l’oratoire que l’on créait pour l’occasion dans une maison, qui pouvait changer d’une année à l’autre. On édifiait une estrade qui était recouverte d’une nappe, décorée de différents objets, régulièrement et abondamment fleurie, et en haut de laquelle on posait une statue de la Vierge Marie. A "l’Aumère" le "mois de Marie" était très couru, et aujourd’hui encore (en 2019), ceux qui y ont participé l’évoquent avec une nostalgie qui n’est pas seulement celle de leur jeunesse passée.

Chaque soir, une corne l’annonçait ("mais pas trop tôt, pour que le travail dans les étables soit d’abord terminé"), et quand le vent était favorable, on entendait aussi au loin ceux des villages voisins, comme celui du "Recrédit". Tous les habitants du village se réunissaient et un membre de l’une ou l’autre des familles menait les prières durant lesquelles la récitation du chapelet alternait avec des chants et cantiques, et qui se terminaient par les litanies de la Vierge. La cérémonie durait une bonne demi-heure. Un des dimanches du mois, un prêtre de la paroisse, accompagné de fidèles du bourg, venait à pied dans l’après-midi pour bénir le "mois de Marie" du village[20].

La pratique des "mois de Marie" fut arrêtée à la fin des années 1960, une fin précipitée par les changements dans les modes de vie et par la montée de préoccupations plus matérialistes.

Après sa rénovation autour de l’année 2000 : une des maisons de "l’Aumère"
ayant autrefois accueilli le
"mois de Marie" du village.

C’est dans une maison du bas de "l’Aumère" que le 29 février 1904 est né Pierre Gauvrit († 1979), qui sera durant douze ans, de 1953 à 1965, supérieur général de la congrégation des Frères de Saint-Gabriel. Il ne vécut cependant que quelques années à "l’Aumère", sa famille étant bientôt retournée habiter près du village de "la Braconnerie" dont elle était originaire[21].

Comme son grand-père Jean, son père Louis (1873-1950) y fut tisserand jusqu’en 1914, fabriquant surtout des draps. De retour de la guerre, il arrêta cette activité pour n’être plus qu’agriculteur sur sa petite borderie de "la Carpe frite", tout en étant très connu comme guérisseur.

Pierre Gauvrit, en religion "Frère Gabriel Marie" (et en 1ittérature "Pierre de la Vie", du nom de la rivière qui bordait immédiatement la maison familiale), commença une formation pour devenir Frère de Saint-Gabriel vers 1917 (juvénat, postulat, noviciat, scolasticat). Il prononcera ses vœux perpétuels dès 1927.

En 1921, il était devenu (très jeune) professeur à Saint-Laurent, fonction qui à l’époque demandait une présence de presque tous les instants auprès des élèves. Dans le même temps, ses dons intellectuels, dont il était très conscient, lui permirent d’acquérir ses grades universitaires : brevet supérieur (1926), baccalauréat (1929), licences diverses : lettres, histoire, philosophie (1931-1934).

En 1940, il échappa à la captivité. En 1942 il devint sous-directeur de Saint-Gabriel à Saint-Laurent. En 1946, il fut appelé à la charge de Secrétaire Général de la Congrégation des Frères. Lors du XXIe Chapitre Général de la Congrégation, en 1953, il en fut nommé le 9e Supérieur Général, mandat renouvelé en 1959 pour six nouvelles années. Cette responsabilité lui confiait la charge de toutes les communautés de Frères établies "aux quatre coins du monde", le fit se déplacer sur les cinq continents et l’amena aussi à cotoyer le pape Jean XXIII.

Après son généralat, il eut en charge la province des Frères du Sénégal de 1966 à 1973. Revenu en France, il mourut le 30 janvier 1979.

------------------------------

[1]

Dénombrements et recensements de la population du Poiré, de 1797 à 1911 (Arch. dép. de la Vendée : L 288, 6 M 280, 6 M 282).

 
[2]

Les différentes cartes topographiques représentant au cours des siècles la région du Poiré, depuis la carte de Cassini jusqu’à aujourd’hui, sont accessibles en ligne grâce au service Géoportail, ouvert en 2006 par l’Institut Géographique National ; sur la carte de Cassini, "l’Aumère" est représentée sur la feuille n° 132, levée entre 1766 et 1768, et intitulée "des Sables".

 
[3]

Plans et états de sections du cadastre du Poiré de 1836 (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 178). 

 
[4]

C’est de Marcel Fétiveau et de Jean-Michel Archambaud que viennent les repérages, en 2015 et 2019, et bon nombre des renseignements sur "l’Aumère", où leurs familles respectives sont présentes depuis au moins deux siècles.

 
[5]

Bardonnet (Abel), Hommages d'Alphonse, comte de Poitiers, frère de saint Louis : état du domaine royal en Poitou (1260), 1872, p. 15 (Arch. dép. de la Vendée : BIB 836). Cette transcription d'un manuscrit en latin (mêlé de français) conservé aux registres du trésor des chartes (Archives nationales : JJ xi et JJ xxiv), énumère tous les fiefs relevant du comte, avec le nom de leurs titulaires et l'indication de leurs dépendances.

 
[6]

Cf. le registre paroissial le plus ancien du Poiré, celui de l’année 1737 (Arch. dép. de la Vendée : AD2E 178/1, vue 9/452).

 
[7]

Le chirurgien Louis Basty, pourrait être un fils de Louis Basty (v.1668-1730), sieur des Portes, maître apothicaire, décédé à Chauché, lequel était fils de Louis Basty, sieur de la Pérauderie (de Chauché). Quant au blason illisible se trouvant sur le linteau de la porte de sa maison à "l’Aumère", voir celui, reproduit ci-contre (d’argent, à un bastion de gueules maçonné de sable), venant du Grand Armorial de France, Poitou, de Charles d’Hozier, v. 1701, tome 2, p. 384 (Bib. nat. de France, dép. des man. français, 32255) ; il y est attribué à Christophe Basty notaire à Chavagnes-en-Paillers en 1700, originaire de Chauché

Acte de décès de Louis Basty (/ Bâty),
"sieur des Portes, chirurgien du village de l’Aumère…".
Registre paroissial du Poiré, 8 septembre 1754.
(Arch. dép. de la Vendée : AD2E 178/1, vue 380/452)

La présence d’un "chirurgien" (dans l’acceptation d’alors) dans un village tel que "l’Aumère" n’est pas à considérer comme étrange : à la même époque dans la paroisse voisine de Mouilleron-le-Captif, Charles-Henri Chappot (1755-1831), Docteur en Médecine de Montpellier (D.M.M.), habitait le village de "la Chanonie". Durant la Révolution, ce dernier ralliera le camp des insurgés, verra sa maison incendiée par les "Bleus" lorsque ceux-ci l’arrêtèrent, ne conservera la vie que grâce à la chute de Robespierre, et soignera avant et après celle-ci les blessés de l’armée de Charette (Jean Artarit, "Les docteurs médecins de Montpellier en Bas-Poitou au moment de la Révolution", Recherches vendéennes, n°22, 2015-2016, p. 154).

 
[8]

Les différents témoignages ayant trait à "l'Aumère" pendant la Révolution ont été recueillis par des personnes différentes et à des dates variées, tous auprès de descendants de familles qui y vivaient à cette époque : pour le premier, recueilli en juin 2019, les souvenirs des Fétiveau ; pour le second, recueilli en 2015, ceux des Salmon ; pour le troisième, recueilli en 2015, ceux des Rocheteau ; pour le quatrième, recueilli dans les années 1950 auprès d’Alfred Talonneau (1894-1975), ceux des Arnaud.
Le passage du temps a effacé beaucoup de ces souvenirs familiaux, et le départ des anciennes générations joint au remplacement des habitants des villages par des nouveaux venus tend à les faire totalement disparaître. La comparaison avec les mémoires locales de Saint-Etienne-du-Bois, collectées, elles, il y a près d'un siècle et demi par Hyppolite Boutin autour de 1885, donne une idée de ce qu’a pu être leur évanouissement progressif.

 
[9]

Registres de la Justice de paix du canton du Poiré (Arch. dép. de la Vendée : 4 U 20-2).

 
[10]

Cahier des réquisitions de l’armée catholique et royale dans la paroisse du Poiré (Méd. mun. de La Roche-sur-Yon : ms 019), réquisitions à l’Aumère ; voir aussi de Lorvoire (Jean-Claude), "les Réquisitions de l’armée catholique et royale dans la paroisse du Poiré-sur-Vie", in Recherches vendéennes, n° 3, 1996, p. 257-299.

 
[11]

Cf. Gautier (Michel), Mémoire Populaire des Vendéens, 2005, 364 p. A la manière de contes, ce livre rapporte des anecdotes amusantes, recueillies et retransmises vaille que vaille. D’une part sur "l’Aumère" et Jacques Vincent (apparenté aux Fétiveau)  réussissant à s’en sortir après avoir dû se débarrasser de deux "bleus" près de l'ancienne fontaine et s’être enfui par le chemin vers "la Claie" ; et d’autre part sur la descendance non légitimée de Charette. Y lire, avec circonspection, les pages 126 et suivantes.  
Cette descendance non légitimée de Charette est, dit-on, le résultat d’une rencontre de celui-ci avec la femme de son porte-drapeau, Jean Vrignaud, cabaretier à La Chapelle-Hermier, ce qui fut bien sûr mal pris par ce dernier qui le quitta pour rejoindre Jean-Baptiste Joly ( ? -1796). La consultation des états civils peine cependant un peu pour en établir la généalogie et, en dehors d’une cloche de La Chapelle-Hermier, portant gravé le nom de "Vrignaud dit Charette" parmi ses donateurs, les éléments pouvant soutenir cette filiation sont un fragment du drapeau de Charette et un pistolet (cf. ci-dessous) conservés par Jean Vrignaud, et que ses descendants se sont transmis de génération en génération jusqu’au début du XXIe siècle inclusivement.

On pourra, au mieux, comparer le menton caractéristique de Charette
(cf. son masque mortuaire)
avec celui, ci-dessus, d’un de ses possibles descendants à la 7e génération, à
"l’Aumère".
( le
"fragment du drapeau" est un morceau de la cravate du drapeau de Charette )

 
[12]

D'après Gréau (Pierre), Les armes de récompense aux vétérans des armées de l’Ouest, 2019, p. 112, 174, 182. Au bourg du Poiré, Jean Gard, marchand poëlier, se vit lui aussi attribuer un fusil d’honneur
Toujours en 1817 et dans les années suivantes, d’autres, plus nombreux, reçurent des Brevets d’honneur, tel Louis Brochard du Poiré… mais en 2019 l’inventaire exhaustif de ces Brevets d’honneur reste encore à faire. A plus forte raison pour ce qui est des pensions accordées à des veuves de "soldats vendéens", telle Marie-Jeanne Potier, épouse de Mathurin Arnaud de "l’Aumère" qui fut tué le 19 mai 1815 au cours du combat de l’Aiguillon-sur-Vie, lors de la vaine tentative de Napoléon Ier pour s’emparer du pouvoir lors des Cents-Jours.

 
[13]

Entretien en 2019 avec Daniel Aubret, créateur et animateur du "Mémorial du Poiré-sur-Vie". A "l’Aumère", ces 9 morts constituaient 7,2 % de la population du village en 1911 (en France : 3,6 % de la population en 1911).

 
[14]

Entretiens en 2019, avec François Braud et Catherine Sutca, deux des co-fondateurs des éditions de "la Loupiote".

 
[15]

Boutin (Hyppolite), Chronique paroissiale du Poiré, entre 1900 et 1908, p. 20.

 
[16]

Dans l’Église catholique, un Jubilé est un temps de fête ayant lieu en général tous les vingt-cinq ans (et s’étendant à cheval sur deux années civiles : celui de 1926, sur 1925-1926). C’est un temps d’effort, de conversion personnelle, de pénitence, de pardon… et, par conséquent, un temps de liesse et d'action de grâce. Les années de Jubilé (…1925, 1950, 1975, 2000) font partie des "Années Saintes". Il peut aussi y avoir des Jubilés extraordinaires, tel le Jubilé de la Miséricorde qui eut lieu lors de "l’Année Sainte" de 2016.

 
[17]

Voir "l’Ange gardien", bulletin paroissial du Poiré-sur-Vie, années 1923, 1924 et 1926, aux dates correspondantes (Archives dép. de la Vendée : 4 num 26). Pour l’année 1926, les extraits cités ont été limités à ce qui concerne directement le calvaire de "l’Aumère". En 1923, la fin de la mission avait vu l’érection d’un calvaire dans le bourg, au carrefour où se termine la "rue de la Chapelle" ; depuis, ce calvaire a été déplacé et il se trouve désormais sur le coteau boisé qui domine la retenue d’eau du "moulin à Élise".

 
[18]

Entretiens dans les années 1970 avec Mme Marie-Antoinette Remaud (1908-2001, cafetière dans le bourg du Poiré-sur-Vie), et souvenirs familiaux de Radégonde Salmon et de Marcel Fétiveau, de "l’Aumère", en 2019.

 
[19]

Cf. "l’Ange gardien", bulletin paroissial du Poiré-sur-Vie, année 1962, numéros 1 à 8, mois de janvier et de février (Arch. dép. de la Vendée : 4 num 26). 

 
[20]

Les renseignements et illustrations de la mission de 1962 proviennent de la famille Salmon ; ils ont été complétés par Marcel Fétiveau. De même pour les descriptions du "mois de Marie" de "l’Aumère".

 
[21]

Les renseignements sur Pierre Gauvrit et sa famille proviennent d’entretiens en 2019 avec son neveu Pierre-Marie Gauvrit de "la Guilletière", et des numéros 110 et 111 (juin et septembre 1993), de la revue G Magazine. Cette biographie familiale est complétée dans la notice sur "la Carpe frite". 
Entre autres publications, et en dehors des écrits concernant de près ou de loin la Congrégation des Frères de Saint-Gabriel, Pierre Gauvrit, sous le nom de T. R. Fr. (Très Révérend Frère) Gabriel-Marie, a écrit en 1944 La Complainte des Lucs, à l’occasion du cent-cinquantenaire des évènements de 1794 aux Lucs (publiée en 1962, 40 p., avec des illustrations de Maurice de la Pintière).
C’est vers la fin du généralat (1953-1965) du Frère Gabriel-Marie Gauvrit, et sans que cela en soit effectivement une conséquence, que la congrégation des Frères de Saint-Gabriel eut le plus de membres. En 1967, elle compta 1803 Frères, ainsi que 105 novices, 71 postulants et 1470 juvénistes.

 

Nous écrire