Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Notice rédigée par : Maurice Mignet

Graphies connues

Avant la Révolution, on trouve pour cette rue le nom de "rue du Pont Saint-Nicolas"[1].


Nature(s) du lieu

Catégorie : Voie de communication (rue) Masquer
Titre Image
  • Nature : Voie de communication (rue)
  • Localisation : La "rue de la Boucherie" joint la rue Georges Clemenceau (ou "Grand-rue"), au pont Saint-Nicolas.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : Section A
    • Coordonnées cadastrales moderne : Sections AC et AH

Etymologie

Le nom de cette rue ne date que de 1814. Il a été inventé alors par ceux qui dressèrent le premier cadastre, en rapport avec la boucherie et sa tuerie qui y existaient depuis le début de l’année 1794.

Données historiques

Histoire et archéologie

Située dans le prolongement de la rue de Tiffauges, la "rue de la Boucherie" constituait avec cette dernière l'axe est-ouest de la ville de Montaigu, de la porte Notre-Dame (ou "de Tiffauges") à la porte et au pont Saint-Nicolas. C’est d’ailleurs sous le nom de  de "rue du Pont Saint-Nicolas"[1] qu’elle est connue jusqu’en 1794.

Avant cette date et pour des raisons de salubrité publique, les boucheries de Montaigu (et donc leurs tueries) étaient toutes situées hors de la ville, dans le faubourg Saint-Jacques. Ce genre d’activité ne fut installé intramuros qu’après que Montaigu fut occupé par les troupes républicaines[2], et ce n’est qu’à partir de cette époque qu’a pu apparaître ce nom de "rue de la Boucherie".

Jusque vers 1812, le n°5 (restaurant en 2012) correspondait à l’arrière du tribunal de Montaigu et de sa prison, dont la façade donnait sur le "carrefour de la Prison", actuelle "place Dugast-Matifeux".

Au-dessous et contigüe (nos 7-9), était la demeure des Marin des Bouillères[3]. La porte en plein cintre, l’absence de corniches, les restes de son architecture intérieure, feraient dater cette maison ancienne au moins du XVIe siècle. Avant la Révolution, elle dut être utilisée comme caserne pour le "département de la maréchaussée", établi à Montaigu par un édit mars 1720, et qui comptait alors "un lieutenant, un assesseur, un greffier, un sous-brigadier et quatre cavaliers"[4] (c’était en 1779, une des quelque 800 brigades couvrant le royaume). Devenus des "gendarmes" en février 1791, ils avaient disparu en 1794, et une boucherie fut alors installée là, afin de pourvoir aux besoins des troupes occupant la ville. Cependant, la gendarmerie, qui avait été rétablie à Montaigu en 1796 et d’abord logée au château, y revint très provisoirement à la fin de l’année 1799[2].

Ci-contre en 2015, la maison qui anciennement fut la demeure des Marin des Bouillères et abrita la maréchaussée, puis fut ensuite occupée par une boucherie avec sa tuerie...

Toujours en bas de la rue mais de l’autre côté, le bâtiment des nos10-12, datant probablement du second quart du XVIIIe siècle, était depuis 1736 la demeure des La Roche Saint-André. C’était là que se situait auparavant "la maison à l’enseigne du Cheval blanc"[5]. Après être devenue bien national, cette "maison dégradée rue du pont Saint-Nicolas"[1], suite aux incendies et pillages faits par les troupes chargées du maintien de l’ordre, fut acquise autour de 1800 par Jacques (dit aussi Mathurin) Sicot (1763-1833). Venu d’Eure-et-Loir[6], il s’était installé dans Montaigu vidé d’une grande partie de ses habitants, et y exerça la profession de maître de poste aux chevaux[3] et d’aubergiste, remplaçant Jean Vincent qui avait fait partie des insurgés vendéens et était mort en juin 1793. En 1811, la création de la route vers la Roche-sur-Yon et l’ouverture de la nouvelle rue joignant l’ancienne "porte Nantaise" au "pont Saint-Nicolas" favorisa son activité. En 1816, avec sa femme et leurs sept jeunes enfants, il faisait travailler trois domestiques, deux servantes, quatre postillons et un garçon charron[7].

C’est entre le bas de cette "rue de la Boucherie" et le pont Saint-Nicolas que se situait le "château des Sept Trompettes" évoqué en 1742 par le sénéchal et premier historien de Montaigu, François-Frédéric Bellouard de Jémonville[4]. Les vestiges d’une tour et de murailles qu’indique le plan cadastral de 1814, le long de la Maine en aval du pont, en sont de vagues restes, restes que les registres de vente de biens nationaux signalent avec les maisons voisines comme ruinés par la Révolution[8]

Autres mentions

Une étroite "petite rue de la Boucherie", relie la "rue de la Boucherie" à la "rue de la Juiverie".

Illustrations

montaigu_boucherie_5.jpg

montaigu_boucherie_5.jpg


Le bas de la "rue de la Boucherie" en 1814 (environ 120 x 90 m)
avec les bâtiments de la poste aux chevaux de l’époque.
 En lettres rouges : quelques-uns des occupants de ce secteur à la veille de la Révolution,
ainsi que la localisation de la "
porte Saint-Nicolas"
et du presque mythique "
château des Sept Trompettes".
Vue en 2015 du bâtiment devenu la poste aux chevaux au XIXe siècle,
après avoir été la demeure des La Roche Saint-André
et, précédemment, "
la maison à l’enseigne du Cheval blanc".

[1]

Fonds Mignen (Arch. dép. de la Vendée : 36 J 60/2).

 
[2]

Délibérations municipales et arrêtés, 5 ventôse An II / 23 février 1794, et du 17 brumaire An VIII / 8 novembre 1799 (Arch. dép. de la Vendée : 146 R3).

 
[3]

Minutes de l’étude notariale de Bernard Gombault, 23 messidor An VI / 11 juillet 1798 (Arch. dép. de la Vendée : 3 E 27/177).

 
[4]

Bellouard de Jémonville (François-Frédéric), Anecdotes de la ville de Montaigu en Poitou, 1742 (Bibl. mun. de Nantes, Fonds Dugast-Matifeux, dossier 204).

 
[5]

Archives de la famille La Roche Saint-André. 

 
[6]

État civil de Montaigu, 9 pluviôse An XI / 29 janvier 1803 (Arch. dép. de la Vendée : AD2E 146/3). 

 
[7]

Listes nominatives des recensements de Montaigu, 1816, p. 12 (Arch. dép. de la Vendée : 6M 232). 

 
[8]

Procès-verbaux d’estimation de biens nationaux (Arch. dép. de la Vendée : 1 Q 203). 

 

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