Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Boutière (la)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
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  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village
  • Localisation : "La Boutière" se situe à 6 km à l'ouest-nord-ouest du bourg du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : Section I, 1re feuille.
    • Coordonnées cadastrales moderne : Section OR.

Données historiques

Histoire et archéologie

En 2017, "la Boutière", ancienne métairie isolée située à proximité de La Chapelle-Palluau et à 6 km du bourg du Poiré, n’avait plus aucune activité agricole.

Au début du XIXe siècle, ses bâtiments étaient situés en bas de versant, à proximité de la rivière, "la Vie", mais quelque cent ans plus tard, ils furent réédifiés plus haut, afin de faciliter leur accès. Au début du XXIe siècle, il ne subsistait des bâtiments primitifs que de vagues restes perdus dans la végétation, tandis qu’une habitation mieux adaptée à une vie moderne avait été construite par son dernier agriculteur dans les années 1990.


En 2016, le bâtiment d’habitation de "la Boutière" avec ses ajouts successifs,
tous en pierres noires à l’exception des encadrements des ouvertures,
comme la grange-étable récemment restaurée,
et ses fenêtres géminées inspirées du style XVIIe siècle local.
Localisation des bancs de phtanite (
"ph") à proximité de "la Boutière"[1]
avec, au sud-est, le massif granitique du Poiré
autour duquel ces bancs de phtanite sont organisés en auréoles.
(extrait de la carte géologique de la France, © GEOPORTAIL, environ 2100 m x 1600 m ;
l’encadré en jaune correspond aux plan et vue ci-après)

Les actuels bâtiments anciens de "la Boutière" ont gardé leur aspect d’origine et sont faits de pierres noires. Autrefois les constructions étaient faites de pierres extraites au plus près, et il se trouve que "la Boutière" est située sur un étroit banc de phtanite. Une roche qui, sur la carte géologique est représentée en vert sombre ("ph")[1]. Cette même roche est à l’origine du nom de "les pierres noires" que portent plusieurs parcelles voisines, et elle a, par ailleurs, servi à la confection d’outils préhistoriques trouvés ici et là sur la commune du Poiré[2].

Ceux de ces "bâtiments noirs" qui servaient d’habitation sont inoccupés mais ils ont gardé leur aspect général. Quant à la grange-étable, elle a été restaurée et est devenu une nouvelle habitation. Intérieurement et extérieurement, sa structure générale a été conservée et réutilisée, tandis que pour la création de discrètes ouvertures géminées tout le long du bâtiment, l’architecte s’est inspirée avec bonheur de celles du XVe siècle du logis de "la Millière", et des dépendances des logis de "la Rételière" et de "Pont-de-Vie".


A deux siècles d’écart, l’ancienne et l’actuelle localisations de "la Boutière",
et quelques noms de lieux et de parcelles voisins.
Une partie des 36,63 ha exploités en 1836 par la métairie de
"la Boutière" (en vert),
et des 47,52 ha exploités par la métairie voisine de
"la Raymondière" (en mauve)[3].
Lieu présumé de la mort de 90 à 200 Vendéens, le 2 thermidor de l’an II.
En tiretés rouges, le sentier de randonnée dit
"de la Boutière",
créés autour de 1980, et formant une partie du "sentier de la Vie"[4]
(plan cadastral de 1836 du Poiré, et vue aérienne en 2014, © GEOPORTAIL)
(environ 900 m x 900 m)
.

L’ancienne métairie de "la Boutière" était formée en bonne partie de terres sèches et de mauvaise qualité qui, aujourd’hui comme hier sont souvent en broussailles. A la fin du XVIIIe siècle, elle appartenait aux Lépinay-Beaumont et comptait 36 ha, dont 27 ha groupés[3]. Elle fut vendue comme bien national autour de 1798.

Ses métayers étaient alors la famille Gauvrit qui y restèrent jusqu’à quelques années après 1836. Durant les années 1793 à 1795 ils avaient pris part au soulèvement vendéen[4], et la tradition orale rapporte que dans un champ un peu au nord-ouest de "la Boutière", des Vendéens furent tués. Une tradition qui est peut-être un écho du passage du Poiré à Palluau, le 20 juillet 1794, de la colonne républicaine des généraux Ferrand et Huché. Appliquant les ordres gouvernementaux, celle-ci tua de 90 à 200 personnes dans ce secteur de la commune, selon les sources républicaines[5].

Après la famille Chevillon, c’est la famille Nauleau qui pendant plusieurs générations l’occupa, de la fin des années 1840 aux années 1980. Longtemps, la taille de la métairie nécessita une main d’œuvre familiale importante ou celle de plusieurs valets de fermes[6].

L’exploitation de "la Boutière" avait gardé les dimensions et la configuration de ses origines, mais les mutations agricoles commencées dans les années 1970, ont entraîné sa disparition quelques décennies plus tard[7].

Autres mentions

Des sentiers de randonnée pédestre ont été tracés et balisés dans les années 1970-1980 autour de "la Boutière", mettant à profit la présence de chemins creux et anticipant sur les opérations de remembrement qui allaient bientôt commencer. Ils longent "la Vie" sur laquelle subsistaient alors quelques vestiges d’une "planche" mégalithique. Ceux-ci ont été détruits en 1989 et remplacés pour le passage des randonneurs par une passerelle en béton plus confortable et de moindre coût qu’une restauration. En 2017, il en restait encore une longue dalle.

Ces sentiers bénéficient d’un guide avec codes matriciels (codes Quick Response)[8]. Ils sont reliés entre eux et avec des sentiers voisins : en amont avec le "sentier des farfadets" conduisant à la "pierre de la Merlière" et ses gravures préhistoriques ; en aval avec les "sentier de la Vie", "sentier des mégatithes", "sentier de la Nonnerie" sur les communes voisines. Le premier s’intègre au sentier de grande randonnée de pays (G.R.P.) "Entre Vie et Yon" courant sur 80 km autour de "la Vie" au nord-ouest de la Roche-sur-Yon. 

Une portion du chemin creux emprunté
par le
"sentier de la Boutière",
durant l’hiver 2017
("la Vie" coule à quelque cinquante mètres
sur la gauche de la vue
).

[1]

Chèvremont (Philippe), Carte géologique de la France, feuille 561 du Poiré-sur-Vie, et notice p. 25-26, 2008.

 
[2]

Gouraud (G.) et Vincent (E.-M.) – "Présence paléolithique à l’Alouette du Poiré-sur-Vie", Bulletin du Groupe vendéen d’études préhistoriques, n°52, févr. 2017. Voir aussi la notice équivalante sur le village près de "l’Alouette".

 
[3]

Plan, états de sections et matrices du cadastre de 1836 du Poiré-sur-Vie (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 178).

 
[4]

Cahier des réquisitions de l’armée catholique et royale dans la paroisse du Poiré (Bibl. mun. de la Roche-sur-Yon : ms 19), réquisitions n° 40 ; voir aussi de Lorvoire (Jean-Claude), "les Réquisitions de l’armée catholique et royale dans la paroisse du Poiré-sur-Vie", in Recherches vendéennes, n° 3, 1996, p. 257 à 299.

 
[5]

Tradition orale recueillie et transmise vers 2010, par les derniers agriculteurs de "la Boutière". Sur le passage au Poiré de la colonne de Ferrand et Huché, une des colonnes dites "infernales", voir : le "Rapport du général Ferrand de la marche de la colonne du 22 messidor au 3 thermidor (10 au 21 juillet 1794)" et la "Déclaration de citoyens accompagnant la colonne des généraux Ferrand et Huché du 22 messidor au 3 thermidor (10 au 21 juillet 1794)" (Service historique de la Défense : B 5/9-96 et B 5/9-95)

 
[6]

Dénombrements et recensements de la population de 1797 à 1911, et entretien en 2016 avec Valentin Nauleau (né en 1930 à "la Boutière").

 
[7]

Au recensement agricole de 1972, à temps plein ou à temps partiel, on comptait plus de 300 exploitations agricoles (ayant une superficie de plus de 1,5 ha) ; quarante-cinq ans plus tard ce nombre avait été divisé par huit, sur une surface agricole utile que le plus que doublement de la population avait sensiblement réduite

 
[8]

Office de Tourisme Vie et Boulogne, Sentiers de randonnée du canton du Poiré-sur-Vie, dépliant et plans, 2013.

 

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