Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Brossière (la)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
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  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village
  • Localisation : "La Brossière" est située à 3,5 km au nord du centre-bourg du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : Section A, 2e feuille.
    • Coordonnées cadastrales moderne : Section OZ.

Données historiques

Histoire et archéologie

"La Brossière" est un village qui depuis toujours n’est composé que par une seule exploitation agricole et qui se trouve dans un site particulièrement isolé. L’étroite route qui y descend s’y termine en impasse tandis qu’un peu en contrebas coule "la Jaranneavec sur le versant opposé des bois fermant l’horizon. 

En 2019, "la Brossière" avec en arrière-plan les bois du château de la Métairie,
dont elle est séparée par le cours de
"la Jaranne;
et les étangs qui la précèdent en arrivant du bourg du Poiré.

On ne sait rien sur ses origines, mais ayant toujours dépendu du château voisin de "la Métairie", elle en a eu les mêmes propriétaires. Le plus ancien connu est Jean de la Métairie qui vécut autour de 1343[1]. Ce furent ensuite les Merleau dont une fille épousera en 1470 un Jean Marchand, puis yne succession la fit passer autour de 1648 aux Vaz de Mello, famille nantaise aux lointaines origines portugaises. Ce sont eux qui sont propriétaires de "la Brossière" à la fin du XVIIIe siècle, tandis que les métayers en sont la famille de Jean Gollon, que l’on retrouvera bientôt parmi ceux qui aideront Charette[2].

La Révolution ayant fait périr tous les membres de la famille Vaz de Mello, et séquestrer leurs biens, "la Brossière" fut vendue le 1er mai 1798[3], comme tout l’amenage[4] de "la Métairie", au général républicain Travot[5],

A la mort de celui-ci, l’ensemble, dont "la Brossière", fut vendu en 1837 à Ossian Morin d'Yvonnière (1814-1890), passa ensuite à sa fille Berthe, puis à sa petite-fille Yvonne (Allard), et enfin au fils de cette dernière, Yves de La Thébeaudière (1901-1992), qui est le père de son propriétaire de 2019[6].

Superposition des limites de la métairie de "la Brossière" en 1797 et en 1836[3]-[7]
sur des vues aériennes du 27 juillet 1950 et de la fin d’été 2014.
(environ : 1160 x 1100 m ; © I.G.N.)

Jusque dans la seconde moitié du XXe siècle, l’exploitation de "la Brossière" a gardé la même structure faite de parcelles groupées et relativement grandes, couvrant 42,25 ha en 1836, et qui contrastait avec la structure des exploitations plus petites des villages voisins de "la Grande Roulière", de "la Maumernière" et de "la Favrie", composées de parcelles moins grandes et plus dispersées[7]

Depuis les années 0000 qui ont vu la disparition de 80 % des exploitations agricoles du Poiré, celle de "la Brossière" a vu sa surface passer de XX ha à YYY ha, tandis que le remembrement en 0000 s’accompagnait de la disparition de nombreuses haies. En 0000 une nouvelle maison y a été édifiée, puis une seconde en 0000 au bord des étangs de plaisance construits en 0000.

Autres mentions

La surface de la métairie de "la Brossière" est connue, parcelle par parcelle, grâce aux mesures métriques précises faites lors de la levée du cadastre du Poiré en 1836[7]. Et comme pour une quarantaine d’autres métairies mises sous séquestre en tant que biens nationaux d’origine nobiliaire sur le Poiré, elle est aussi connue, toujours parcelle par parcelle, grâce au procès-verbal des estimations[3] faite en boisselées (1 boisselée = 0,114 ha)[7] en 1798. Ces estimations étaient faites par H.-J. Caillé (1753-1804) et par le notaire A.-Ph. Danyau (1762-1813), tous les deux bien placés étant eux-mêmes propriétaires fonciers.

Quand les périmètres des métairies n’ont pas bougé et surtout quand chacune des parcelles peut être identifiée, on peut faire des comparaisons à quarante ans de distance. C’est le cas pour la métairie de "la Brossière", comme pour celle des "Petits Oiseaux" ou pour quelques autres.

Curieusement, en 1798, les surfaces sont toujours nettement sous-estimées. Ainsi la métairie de "la Brossière" contient-elle 261 boisselées (29,75 ha) en 1798 et 42,24 ha en 1836 ; et tous les biens du général Travot sur le Poiré contiennent-ils 817 boisselées (93,138 ha) en 1798 et 161,83 ha en 1836. Quand les comparaisons sont possibles, on constate des écarts comparables pour la plupart des ex-biens nationaux. Explications possibles : une incompétence chez les estimateurs, ou des erreurs intentionnelles de la part de ceux-ci qui, avec leurs relations, faisaient ensuite partie des acquéreurs de ces biens.

[1]

Raigniac (Guy de), De Châteaux en Logis, itinéraires des familles de la Vendée, t. IV, 1992, p. 82 à 87. Fonds Pierre Parois, notices sur le Poiré-sur-Vie (Arch. mun. de Saint-Philbert-de-Bouaine).

 
[2]

Voir "les Réquisitions de l’armée catholique et royale dans la paroisse du Poiré" effectuées en 1794-1795 auprès des habitants de "la Brossière".

 
[3]

Dossiers des procès-verbaux d’estimations et d’adjudications des biens nationaux (Arch. dép. de la Vendée : 1 Q 212 et 1 Q 250).

 
[4]

"L’amenage" était l’ensemble "d’un domaine, de propriétés" (Verrier et Onillon, Glossaire des parlers de l’Anjou, 1908, t.1, p. 33). Passant par l’anglais, ce terme est revenu en français actuel avec "manager", ayant toujours le sens de gérer et de diriger une entreprise ou des biens. Celui de "la Métairie" était constitué du château et de sa réserve, terres en dépendant immédiatement, des quatre métairies contiguës dites "du logis", "de la porte", "d’en haut" et "d’en bas", et de celle de "la Brossière".

 
[5]

Jean-Pierre Travot, né à Poligny le 7 janvier 1767, s’était engagé dans l’armée fin 1786, et l’avait quittée dix-huit mois plus tard avec le grade de caporal. En 1791, quand il reprit du service, il avait celui de lieutenant-colonel. A la fin de l’été 1793 puis les années suivantes, il fit partie de "l’armée de Mayence" envoyée faire de la répression en Vendée. Par la suite on lui attribua la bonne réputation d’y avoir fait tuer avec modération. Ainsi, lors de son fait d’arme le plus connu, la capture de Charette le 23 mars 1796, s’il fit abattre ses prisonniers sur le champ, il épargna Charette qui sera envoyé à Nantes pour être exécuté six jours plus tard. Sa carrière militaire, lui permit d’acquérir un certain nombre de biens nationaux, et d’obtenir un titre de baron en 1813 (armoiries ci-contre). Rallié à Napoléon lors de sa vaine tentative pour reprendre le pouvoir en 1815, il fut traduit devant un conseil de guerre l’année suivante. Mentalement fragile, il deviendra fou et terminera sa vie dans une maison de santé à Chaillot, le 6 janvier 1836.

 
[6]

Entretien en 2016 avec Gilles, né en 1944 et fils d’Yves de La Thébeaudière.

 
[7]

Plans et registres cadastraux de 1836 du Poiré-sur-Vie (Arch. dép. de la Vendée : 3P 178).

 

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