Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Carpe frite (la)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Graphies connues

Pont de la Braconnerie (le)


Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village
  • Localisation : "La Carpe frite" se situe à 2,2 km au nord-ouest du centre-bourg du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : section L, 1re feuille, mais le village est alors inexistant
    • Coordonnées cadastrales moderne : Section V

Données historiques

Histoire et archéologie

La maison de "la Carpe frite" en 2019,
et vers 1950 sur une vue aérienne (environ 950 x 715 m),
avec le tracé de l’ancienne voie ferrée fermée quelque dix ans plus tôt.

"La Carpe frite", village constitué d’une petite maison et de ses dépendances, existe depuis environ 1900-1905. Elle est située à proximité immédiate du pont édifié sur "la Vie" quand fut construite, probablement dans les années 1840, la nouvelle route allant du Poiré à Palluau. "La Carpe frite" a été souvent appelée "pont de la Braconnerie" en raison de la proximité de ce village, ce qui parfois entraîne une confusion avec le petit pont de l’ancienne route, situé à 90 mètres en amont et portant déjà ce nom.

La route passant devant "la Carpe frite" fut utilisée à partir de 1901 et jusqu’en 1939, par le train à voie étroite joignant La Roche-sur-Yon à Legé et passant par le Poiré[1]. Dans la nuit du 26 au 27 octobre 1909, des pluies diluviennes entraînèrent une crue mémorable[2] qui emporta les deux arches du pont, laissant la voie ferrée suspendue au-dessus du vide. Il en est resté de nombreuses photos, ainsi que de la reconstruction du pont dans les mois suivants, qui se fit en s’appuyant sur l’ancienne pile centrale et en agrandissant de part et d’autre le passage pour l’eau.
Au début du XXIe siècle et à tout hasard, on lui a donné un tonnage limité, au cas où sa robustesse laisserait à désirer.

Le pont de "la Carpe frite" (dit ici "de la Braconnerie")
et son chemin de fer à voie étroite,
après les inondations de la fin octobre 1909.
(photos du Centre d'Archives d'Architecture du XXe siècle)

"La Carpe frite", petite borderie ayant seulement quelques vaches, fut habitée par Louis Gauvrit (1873-1950)[3] qui, comme son père Jean, était tisserand, fabriquant avant tout des draps. De retour de la guerre de 1914-1918, il arrêta cette activité pour ne plus avoir que celle d’agriculteur, tout en mettant à profit sa localisation pour pratiquer à l’occasion celle de cafetier.

Il était surtout très connu comme guérisseur, possédant de nombreux livres sur l’utilisation des plantes qu’il allait ramasser de ci de là ou qu’il faisait pousser dans son jardin. Il fréquentait aussi régulièrement une librairie de Nantes spécialisée sur cette question. De nombreux témoignages rapportent qu’il intervenait avec succès contre les morsures de vipères, les maux de dents, les addictions (spécialement à l’alcool), etc. Cependant, à certaines personnes il disait qu’il ne pouvait les soigner car ses dons seraient inopérants sur elles.

Le 28 août 2019, le petit jardin de la maison de Louis Gauvrit
(où il cultivait certaines des plantes servant à soigner)
le long de
"la Vie", à "la Carpe frite" ;
et, vu de ce jardin, le pont traversant la rivière à sec à cette date.

Autres mentions

Deux des cinq fils du tisserand Louis Gauvrit, Fernand (1906-v.1998) et Pierre (1904-1979) devinrent Frères de Saint-Gabriel, sous les noms de Frère Victor et de Frère Gabriel-Marie ; ce dernier sera élu en 1953, puis de nouveau pour six ans en 1959, à l’importante fonction de Supérieur Général de la Congrégation, lui donnant la charge de celle-ci au niveau mondial[3].

[1]

Pour quelques détails sur l’histoire de cette ligne ferroviaire, voir la notice sur "le quartier de la Gare" (du Poiré) ou, encore, les notices sur "la Mélanière" et sur "la Courolière", où se trouvaient respectivement la gare dite "de Mouilleron" et la gare dite "de Beaufou".

 
[2]

Les inondations catastrophiques d’octobre 1909 ont été relatées dans les journaux de l’époque, telle l’Etoile de la Vendée du 31 octobre 1909, et par un article de Samuel Guiet dans l’Annuaire de la Société d'émulation de la Vendée, 1941, p. 19-24 (Arch. dép. de la Vendée : BIB PC 16/35), mais dont le contenu est approximatif, depuis le titre qui fait une erreur sur l’année, jusqu’au texte qui attribue des noms fantaisistes aux cours d’eau et aux endroits où se déroulèrent les événements décrits.

 
[3]

Les renseignements sur Louis Gauvrit, sur ses dons et savoir de guérisseurs, et sur sa famille, proviennent d’entretiens en 2019 avec son petit-fils Pierre-Marie Gauvrit de "la Guilletière". Pour la biographie du Frère Gabriel-Marie (Pierre Gauvrit), voir aussi les numéros 110 et 111 (juin et septembre 1993) de la revue G Magazine, ainsi que la notice sur "l’Aumère", village où il est né. 

 

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