Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Cerny (le)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
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  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village
  • Localisation : "Le Cerny" se situe à 4,5 km au nord-nord-est du centre-bourg du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : Section B, 1re et 2e feuilles.
    • Coordonnées cadastrales moderne : Sections ZV et ZX.

Données historiques

Histoire et archéologie

"Le Cerny" a perdu de son importance passée, au temps où on l’appelait "le Grand Cerny" (par opposition au "Petit Cerny" constitué par une métairie située à quelque 200 mètres plus au nord). De plus, le village voisin de "la Blézière" était alors couramment nommé "la Blézière du Cerny".

La tradition orale locale rapportait qu’autrefois "le Cerny" se trouvait sur la limite du Poiré, sans pouvoir préciser jusqu’à quelle époque mais disant que c’est cela qui expliquait que ses maisons (sauf la métairie du "Petit Cerny") étaient avant tout construites d’un seul côté du chemin constituant l’axe du village[1].

La présence d’un souterrain, accidentellement remis au jour en 2001 et rebouché ensuite, attesterait de l’existence du village au moins dès le XIIe, sinon dès le Xe siècle[2].

 "Le Cerny" sur une vue aérienne en 2017 (environ 720 x 508 m),
et sur le plan cadastral de 1836 (section B, 2e feuille).
L’emplacement de
"la planche du Cerny"
et le chemin vers le
"Grand Cerny", fin septembre 2019.

Au milieu du "Grand Cerny" se trouve une croix de pierre d’une hauteur d’environ 3,25 m. (plus les deux petites marches la précédant). Elle ne porte aucune inscription mais sa forme pourrait la faire dater de la fin du XIXe siècle[3].

Les habitants du village étaient des agriculteurs, exploitant des fermes d’une dizaine d’hectares dont ils étaient propriétaires. Seule exception, celle du "Petit Cerny" longtemps en métayage et constituée de plus de 30 ha de terres groupées[4]. Au fil des ans on y voit aussi un meunier, des journaliers, quelques maçons ; et même, dans la maison édifiée à la fin du XIXe siècle le long de la route construite du bourg du Poiré à "la Remaudière" un peu plus tôt, une épicière qui devenait cafetière à l’occasion[5].

"Le Grand-Cerny", fin septembre 2019 :
la rue du
"Grand-Cerny" avec ses maisons bâties d’un seul côté et sa croix en pierre,
et l’ancienne épicerie-café du
"Cerny"
le long de la route menant à
"la Remaudière".

La population qui est dite de 26 personnes en 1836, a ensuite oscillé autour de 40 habitants de 1866 jusqu’à 1968[5]. Mais dans les années 1980, la brusque disparition de toute activité agricole a pratiquement vidé le village. Les maisons trouvèrent cependant assez vite de nouveaux propriétaires qui les restaurèrent pour la plupart, et qui remplacèrent la population originelle du village.

En 2019, toutes les constructions du "Cerny" (grand et petit) étaient anciennes, à l’exception d’une maison à l’écart, bâtie autour de 1960 le long de la route de "la Gobinière". Il comptait alors 31 habitants, et était devenu un village essentiellement résidentiel.

 

Le "Petit-Cerny", le 26 septembre 2019,
avec ses constructions qui pourraient dater des alentours de 1900,
et au fond une grange à la toiture très fortement pentue.

Autres mentions

De 1793 à 1796, les habitants du "Cerny", comme la plupart de ceux du Poiré et des communes environnantes, prirent part à l’insurrection, et apportèrent leur soutien à Charette, en particulier en lui fournissant aide matérielle et ravitaillement[6].

De même, un siècle et demi plus tard durant la Seconde Guerre mondiale, on dit que les habitants du "Cerny" accueillirent des réfugiés juifs, comme ce fut aussi le cas sur le Poiré dans les villages de "la Pampinière" et du "Chemin". Ces on-dit restent cependant incertains et le départ de la population originelle du village, provoqué par les bouleversements que l’activité agricole a connus à la fin du XXe siècle, rendent leur vérification désormais quasi impossible.

[1]

Tradition orale recueillie au "Cerny" à la toute fin des années 1960.

 
[2]

Sur les souterrains et leur datation, voir l’ouvrage faisant autorité sur la question : "Les Souterrains de Vendée" de Jérôme et Laurent Triolet, 2013, 168 p. Au "Cerny", on remarquera la proximité immédiate du souterrain et de la vieille fontaine du village…

 
[3]

Bien que cette "croix du Cerny" ne figure pas dans l’inventaire fait dans "la Chronique paroissial du Poiré", écrite autour de 1901 par Hyppolite Boutin, ses caractéristiques peuvent difficilement lui donner une date postérieure à cette publication.

 
[4]

Cette métairie est citée dans la succession des "de l’Ecorce", le 26 octobre 1722 (Arch. dép. de la Vendée : 8 J, fonds de Raigniac), et le 14 décembre 1828, dans le "bail d’une métairie au Petit Cerny au Poiré et Beaufou par M. Benjamin Félicité Guiberteau, domicilié à Beaufou, à S. Gratton" (Arch. dép. de la Vendée : étude de François-Théodore Gautier, notaire au Poiré).

 
[5]

Recensements du Poiré (Arch. dép. de la Vendée : 6 M 280, 6 M 282, 497 W).

 
[6]

Cahier des réquisitions de l’armée catholique et royale dans la paroisse du Poiré (Méd. mun. de la Roche-sur-Yon : ms 019), réquisitions au Cerny ; voir aussi de Lorvoire (Jean-Claude), "les Réquisitions de l’armée catholique et royale dans la paroisse du Poiré-sur-Vie", in Recherches vendéennes, n° 3, 1996, p. 257-299.

 

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