Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Charette (résidence François-Athanase)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
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  • Nature : Regroupement d'habitations
  • Localisation : La "résidence Charette" se situe à l’angle de la rue Galilée et de l’esplanade de Verdun.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales modernes : AK 632, 540

Données historiques

Histoire et archéologie

Construite en 1980-1981, cette résidence porte le nom de François-Athanase Charette, ancien combattant de la guerre d’Indépendance américaine et un des chefs que les révoltés vendéens de 1793 placèrent à leur tête, mais qui ne passa que fugitivement à Montaigu. C’est cependant à proximité qu’il vécut ses derniers jours, la population locale lui étant majoritairement favorable. Poursuivi par les troupes chargées de la répression, il fut pris par le général Travot le 23 mars 1796, dans le bois de la Chabotterie de Saint-Sulpice-le Verdon, à 12 km de Montaigu[1].

Après 1799, dans le cadre de la politique de pacification poursuivie par le nouveau gouvernement, son ancien secrétaire, Augustin-Moïse Auvynet (1771-1853), fut nommé maire de Montaigu (1801-1811).

Certains déplorent qu’à Montaigu on ne voit ni le nom de Jean-Baptiste Kléber qui pourtant reprit Montaigu le 30 septembre 1793 et qui y raconte son action dans ses Mémoires politiques et militaires : "Murs de clôture, maisons, arbres, haies, en un mot tout fut démoli, coupé ou incendié. Montaigu n’était plus reconnaissable…"[2], ni celui de Louis-Marie Turreau de Linières (alias "Turreau de Garambouville") qui établit son camp non loin de là dans les landes de Corprais sur les Brouzils et Saint-Georges-de-Montaigu, et appliqua loyalement de janvier à mai 1794 dans la région les directives de massacres et de destructions systématiques du gouvernement révolutionnaire[3]. Ceci alors que les noms et les hauts faits de ces deux héros républicains sont honorés sur l’Arc de Triomphe de l’Étoile à Paris.

Autres mentions

On trouve aussi à Montaigu une rue et une résidence d’Elbée, et un restaurant s’appelle "le Cathelineau", autres héros de la révolte vendéenne.

Illustrations

montaigu_charette.jpg

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Le masque mortuaire de Charette (musée Dobrée, Nantes),
la réplique apocryphe qu’il fit à Travot après sa capture le 23 mars 1796,
et la présentation étonnante et significative qu’en a fait Jules Michelet :

"On sent là, une race à part, fort heureusement éteinte, comme plusieurs races sauvages. À regarder par derrière la boîte osseuse, c'est une forte tête de chat. Il y a une bestialité furieuse, qui est de l'espèce féline. Le front est large, bas. Le masque est d'une laideur vigoureuse, scélérate, militaire, à troubler toutes les femmes. L'œil arrondi, enfoncé pour d'autant mieux darder l'éclair de fureur et de paillardise. Le nez est le plus audacieux, le plus aventureux, le plus chimérique qui fut et sera jamais. Le tout effraye, surtout par une légèreté incroyable, et pourtant pleine de ruse, mais jetant la vie au vent, la sienne et celle des autres."
(Jules Michelet, Histoire de la Révolution française, éd. 1853, t. 6, p. 87-88, note)

[1]

Rouchette (Thérèse), Charette, 2007.

 
[2]

Kléber (Jean-Baptiste), Mémoires politiques et militaires, édition 1989, p. 116-117.

 
[3]

Procès de Turreau, décembre 1795.

 

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