Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Château des Sept Trompettes

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Fortification, tour Masquer
Titre Image
  • Nature : Fortification, tour
    Précision sur la nature du lieu : fortification
  • Localisation : Le "Château des Sept Trompettes" devait être situé à proximité du "pont Saint-Nicolas", probablement en bas de l'actuelle "rue du général de Gaulle".
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : Section A
    • Coordonnées cadastrales modernes : Section AE

Etymologie

Le nom de "sept trompettes" pourrait venir des pièces d’artillerie aux embouchures plus ou moins évasées qui garnissaient ce "Château des Sept Trompettes".

Données historiques

Histoire et archéologie

L’unique source nous renseignant sur le nom de "Château des Sept Trompettes" est un mémoire autographe de François-Frédéric Bellouard de Jémonville, sénéchal de Montaigu, de 1742 et intitulé Anecdotes de la Ville de Montaigu en Poitou : "dans la rue de la Juiverie, il y avait une forteresse appelée, on ne sait à quel propos, le château des Sept Trompettes, au lieu où est bâtie la maison des Bellouard"[1].

A priori, le "Château des Sept Trompettes" était destiné à la défense de la porte Saint-Nicolas et du pont qui la précédait. Ces "trompettes", évoquant les canons (sans doute de petit calibre) qui le garnissaient, laisseraient à penser que, comme les bastions protégeant les trois autres portes de Montaigu, il s’agissait là aussi d’un "boulevard d’artillerie", fortification aux structures basses, dont la construction découlait des décisions prises en 1476 par Louis XI, afin de renforcer les défenses de Montaigu[2].

En 1798, un "procès-verbal d’estimation du domaine national" signale à cet endroit "Une masse de mazures, dont les bâtiments étaient placés sur les anciennes fortifications de la ville de Montaigu, près le pont de Saint-Nicolas, avec une cave sous un des anciens bâtiments se prolongeant sous la rue, près l’ancienne porte de ville. Un jardin qui paraît avoir servi de fossé à la ville de Montaigu [et joignant] à la rivière de la Petite Maine […]"[3]. En 1811, la création de l'actuelle "rue du général de Gaulle", entre l’ancienne "porte Nantaise" et le "pont Saint-Nicolas", a dû terminer d’en faire disparaître les derniers vestiges[4].

Le côté pittoresque du nom du "Château des Sept Trompettes" l’a souvent fait évoquer dans les ouvrages ou articles postérieurs sur l’histoire de Montaigu, mais sans apporter à son sujet d’informations supplémentaires. Quelques précisions quant à sa localisation et son extension peuvent, peut-être, être suggérées par la mémoire du dessin du parcellaire, sur le plan cadastral de 1814[5].

Autres mentions

Le musée Dobrée, à Nantes, possède dans ses collections un canon (photo ci-dessous) provenant de Montaigu et pouvant correspondre à ceux qui auraient donné son nom au "Château des Sept Trompettes". Il vient probablement du démantèlement du "Château de Montaigu", décidé à la Paix du Fleix (26 novembre 1580) mettant fin à la 7e guerre de Religion. La duchesse de La Trémoille, possesseur de la seigneurie de Montaigu, multiplia les manœuvres de retardement afin de sauver son château, mais ce fut en vain. A la fin de l’été 1586, l’opération fut réalisée par des Nantais, envoyés par leur ville qui en était le principal demandeur. Au cours des années précédentes, elle avait été particulièrement concernée par les exactions perpétrées jusque devant le château de Pirmil par les troupes de protestants qui, récurremment, s’emparaient de la ville et du château de Montaigu et mettaient la région environnante en coupe réglée[6].

Illustrations

montaigu_chateau_des_sept_trompettes_2.jpg

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Localisation au XVIIIe siècle du "Château des Sept Trompettes",
chargé antérieurement de protéger les porte et pont Saint-Nicolas.
(environ 120 x 120 m,
© GEOPORTAIL)

[1]

Bellouard de Jémonville (François-Frédéric), Anecdotes de la ville de Montaigu en Poitou, 1742 (Bibl. mun. de Nantes, Fonds Dugast-Matifeux, dossier 204).

 
[2]

Mignen (Gustave), l'Ancien Montaigu, conférence du 13 mars 1910. 

 
[3]

Relevés sur le terrain en 2015.

 
[4]

Procès-verbaux d’estimation de biens nationaux (Arch. déo. de la Vendée : 1 Q 203). 

 
[5]

Plan, état de sections et matrice du cadastre de 1814 (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 146). 

 
[6]

Aubigné (Agrippa d’), Histoire universelle, livre 4 du tome 2 des éditions de 1616 et 1626 (dans l’édition de 1892 : tome 6, p. 1 à 7, et 76 à 90).

 

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