Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Chauchetière (la)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
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  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village
  • Localisation : "la Chauchetière " est située à 1,5 km au sud du centre-bourg du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : Section G, 1re feuille.
    • Coordonnées cadastrales modernes : Sections OO et YV.

Données historiques

Histoire et archéologie

La demi-route en cul-de-sac donnant accès à "la Chauchetière" part de la route du Poiré à la Genétouze, à quelques pas de "la Petite Gendronnière". A cet endoit se trouve une croix en pierre dite de de "la tournée de la Chauchetière".

"La Chauchetière" en 2014 sur une vue aérienne (environ 160 x 225 m),
et en 1836 sur le plan cadastral du Poiré.
Vues, en février 2020, de la croix
"de la tournée de la Chauchetière",
et du pin parasol, traditionnellement présent autrefois dans chaque village.

 

L’histoire de ce village est inconnue, cependant son nom apparait en 1260 avec d’autres du Poiré dans les "Hommages d'Alphonse, comte de Poitiers". Ce registre fait l’inventaire des droits de ce dernier et on y relève que, sur "la perrochia de Pereyo", celui-ci perçoit "dans la vente de pain et de viande, 18 deniers, et il prend la moitié de la vente du petit bétail dans sa baillie, ce qu’il tient du Poitou. […] et de toute la moisson il répond chaque année pour ce qui le concerne à deux setiers et demi de blé […] et la moitié d’un bœuf à la vigile de Noël, et il fait faucher la moitié du pré de Malevau. De même dans la mense (les terres) de la Simbretière, il prend 10 deniers de droit pour payer entièrement le bœuf, et pour la même raison 10 deniers à la mense de la Monerie, 5 deniers en la borderie de la Chauchetière, 5 deniers au Plessis, 10 deniers à la Tailleferrière"[1].

 

Jean Gendreau, qui y vivait en 1794-1795,  aida Charette à cette époque en lui livrant pour 1150 livres de fournitures : 5 bœufs et 33 boisseaux de "bleds" (céréales)[2]. Deux cents vingt-cinq ans plus tard, parmi les 13 habitants du village on y trouvait toujours de ses descendants. Leur exploitation agricole fut la dernière a cesser son activité, en 1991[3].

La tradition orale de cette famille rapporte, mais sans éléments concrets permettant de le confirmer, qu’un souterrain existe à un endroit précis près de l’entrée de "la Chauchetière".

 

Autres mentions

A proximité de l’endroit où existerait un souterrain, se trouve la maison la plus ancienne du village. Bien que sa façade ait été refaite aux alentours de 1900, elle a gardé sa structure originelle dont des éléments caractéristiques pouvaient encore se voir dans son pignon est, avant qu’il fût crépi[3]. Une cheminée en granit est adossée à celui-ci. Large de 2,50 mètres et haute de près de 3 mètres, elle est remarquable tant par sa taille que par sa hotte monumentale surmontée d’une corniche sculptée qui la font ressembler fortement à celle du logis du "Bossé" (qui, elle, est faite en pierre blanche).

Un parenté qui inciterait à faire remonter cette cheminée avant le XVIe siècle. Cependant, sans autres indices, cette datation présente un important degré d’incertitude. 

La cheminée en granit de "la Chauchetière",
remise au jour dans les années 2000,
avec ses corbeaux, son manteau,  sa hotte et sa corniche,
et qui était, en février 2020,
l’élément connu le plus ancien du village.

 

Sources et références

[1]

Traduction libre d’un passage des Hommages d'Alphonse, comte de Poitiers, frère de saint Louis. État du domaine royal en Poitou (1260), manuscrit mèlant le latin et le vieux français, conservé aux Archives nationales. En 1872, il a été transcrit et publié par Abel Bardonnet, l’extrait cité provenant de la page 5 de cette transcription. Une vingtaine de lieux du Poiré y sont cités, et si malgré les changements d’orthographe on retrouve pour la plupart leurs noms d’aujourd’hui, certains, comme le "prati de Malevau" ou "l'aigue qui est apele Maroil", restent à retrouver.

 
[2]

Cahier des réquisitions de l’armée catholique et royale dans la paroisse du Poiré (Méd. mun. de la Roche-sur-Yon : ms 019), extrait : réquisitions à "la Chauchetière" ; voir aussi de Lorvoire (Jean-Claude), "les Réquisitions de l’armée catholique et royale dans la paroisse du Poiré-sur-Vie", in Recherches vendéennes, n° 3, 1996, p. 257-299.

 
[3]

Entretiens en 2020 avec Auguste, Eugène et Xavier Genaudeau de "la Chauchetière", ayant Jean Gendreau parmi leurs ancêtres ; et repérages généalogiques dans l’état civil, et dans les recensements du Poiré (Arch. dép. de la Vendée : AD 2E 178, et L 288, 6 M 280-281-282).

 

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