Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Chiron (le)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village
  • Localisation : "Le Chiron" est situé à 3 km au nord-ouest du centre-bourg du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : section I, 3e feuille
    • Coordonnées cadastrales modernes : sections T et ZL

Données historiques

Histoire et archéologie

Les linguistes admettent communément que le terme "chiron" indiquait anciennement la présence de rochers ou d’affleurements rocheux au milieu de champs[1]. Au Poiré, le site du village du "Chiron", en haut de versant, se prête à cette interprétation toponymique.

Le village du "Chiron" et son environnement vers 1950 et vers 2016
(environ 830 x 830 m)
et le lieu où fut trouvée la pierre polie.

Entre 1975 et 1980, la découverte à proximité d’une pierre polie (longueur : 105 mm) confirme une présence humaine remontant localement au moins au néolithique. Les terres localisées immédiatement à l’ouest du village et en versant nord de la vallée de "la Vie" ont été classées en zone archéologique : des vestiges d’un dolmen, dissimulés sous un petit monticule et sans table sommitale, ainsi que des traces d’un enclos à la datation indéterminée, y ont été repérés[2].

Le site archéologique du "Chiron" sur unes vue aérienne vers 2016
(environ 870 x 500 m),
et vues en décembre 2020 des vestiges de son dolmen,
de sa localisation, ainsi que de blocs de pierre traînant dans les haies voisines.
(en violet : tracé du sentier pédestre passant par
"le Chiron")


En contre-bas du "Chiron", coule "la Vie" sur laquelle se trouvent les vestiges d’un moulin à eau d’origine immémoriale. Il était appelé originellement "moulin du Fief", du nom du logis du "Fief" tout proche, dont il dépendait autrefois. Depuis, il est plus souvent nommé le "moulin du Chiron", village à partir duquel on y accède plus aisément.

Comme tous les moulins du pays il fut ruiné sous la Révolution par les troupes républicaines afin d’affamer la population locale, comme le rapportent de multiples témoignages[3]. Aussi durant l’hiver 1794-1795, Charette dut le faire réparer par des maçons et des charpentiers de "la Maumernière", de "la Favrie", de "la Gobinière", de "la Marinière", qui y consacrèrent une centaine de journées de travail, pour un salaire conventionné journalier de 1,5 livres[4].

 

Les restes du "moulin à eau du Fief", désormais dit "du Chiron", le 6 avril 2017
et sur le plan cadastral de 1836 (environ 240 x 180 m).
Au premier plan
"le rava" du moulin (canal de sortie d’eau),
et en arrière-plan une des passerelles empruntées par le sentier pédestre.


Il a cessé son activité en 1890 et, peu à peu, est tombé en ruine.

Quelque cent ans plus tard, sa retenue d’eau a été aménagée en frayère à brochets par "le Dard", la société de pêche du Poiré. Une aire de pique-nique y était aussi établie, le long d’un sentier pédestre qui était créé dans le même temps. C’est aussi un lieu de contrôles de la qualité de l’eau, comme en amont à "l’Orbreteau" ou en aval, au pont de la Chapelle-Palluau.

Carte postale du début des années 1970 présentant "la plage du Chiron",
du sable venant alors naturellement se déposer en bordure de la retenue du moulin.
L’été, les enfants du village et de ses environs immédiats
(ici, ceux du village voisin de
"la Guilletière")…
venaient s’ébattre sur cet espace
qui, remblayé, a été transformé en aire de pique-nique.


A la veille de la Révolution, "le Chiron" était constitué de 2 métairies tenues par Louis Grolier et par Pierre Gillaizeau, qui soutinrent la révolte vendéenne[4], et appartenant l’une aux Beauregard (22 ha), l’autre à Constant Guinebaud (28 ha). Ce dernier ayant émigré, ces biens furent séquestrés en tant que biens nationaux, ce qui permet d’avoir une description de sa métairie du "Chiron" en février 1798. Ainsi à cette date elle était composée et dans l’état suivant[5]

"La maison principale consistant en 2 chambres basses, le toit à vaches, le toit à brebis et un toit à cochons, le tout se joignant, de longueur 56 pieds, de largeur 30 pieds et de hauteur 10 pieds, tenant de toutes parts aux ruages et terres de la métairie. Ne restent des dits bâtiments que les murs, encore en est-il de tombés.
Plus la boulangerie et un petit toit se joignant, de longueur 30 pieds, de largeur 16 pieds et de hauteur 7 pieds au pignon, tenant de toutes parts aux terres et ruages de la métairie, le tout en médiocre état.
Plus une chambre basse, un grenier au-des-sus, le toit à bœufs avec un grenier au-dessus, le tout se joignant, de longueur 45 pieds, de largeur 24 pieds et de hauteur 20 pieds, tenant de toutes parts aux terres et ruages de la métairie, le tout en médiocre état.
[suit l’inventaire de ses parcelles]"

Cette métairie finit par revenir à ses anciens propriétaires, et en 1836 elle était la possession de Constant Guinebaud, de Pont-Saint-Martin. L’autre métairie appartenait alors à Jacques Gendreau du "Petit logis"[6].

Sur le plan cadastral de 1836 (environ : 475 x 175 m),
les deux métairies du
"Chiron" de 1798 :
- celle des Guinebaud, tenue par Pierre Gillaizeau ;
- celle des Beauregard, tenue par Louis Grolier.
Et le devenir paysager du cœur du village en 1950 et en 2019
(environ : 375 x 230 m).

En 2021, le plus ancien bâtiment du "Chiron",
dont certains éléments peuvent remonter à plus de deux siècles et demi.
 


Au cours de ces deux cents ans, les fermes du "Chiron" passèrent de deux à trois, changeant de familles d’exploitants et de familles de propriétaires, tandis que presque tous les bâtiments anciens disparaissaient pour être remplacés entre 1875 et les années 1900 par de nouveaux. En 1970, ces fermes étaient tenues par les Praud, les Bourmaud et les Paré qui cessèrent leur activité dans cet ordre, les derniers un peu avant 2000.

La population du "Chiron" est restée stable tout au long des XIXe et XXe siècles, comptant 26 habitants en 1836, 23 en 1896, 22 en 1936 et 19 en 1968. A partir de 1980, suite aux errements des règlementations urbanistiques, la construction d’une demi douzaine de maisons nouvelles fut autorisée le long de la route menant du "Chiron" à "la Guilletière" voisine, ce qui a rendu les deux villages jointifs[7].

En 2020, quelques-uns des bâtiments agricoles ou d’habitation du "Chiron",
restaurés un siècle environ après leur construction.
 


Alors qu’à cette même époque la majeure partie des haies étaient arrachées à l’occasion du remembrement des terres, un peu plus de 10 hectares de celles-ci furent distraits de leur activité agricole par un de leurs propriétaires, pour être plantés en pins-laricios et en partie en feuillus.

 Un peu plus d’une trentaine d’années après leur plantation :
des pins-laricios du bois du "Chiron", en 2020.

Autres mentions

Une famille ordinaire du Poiré dans les deux guerres mondiales

En 1914 vivaient au "Chiron" les familles de Marie Bernard, de Pierre Buton, d’Henri Rabiller et de Pierre-Aimé Perraudeau[8]. Ce dernier, né en 1851, mourut en 1934 au Poiré où ses ancêtres vivaient depuis au moins cinq générations. Son arrière-grand-père Mathurin Perraudeau (1765-1822), métayer à "la Bardinière"[9], avait soutenu Charette en son temps. Il eut cinq enfants :

- Alphonsine (1878-1952),
- Aimé (1883-1949),
- Alphonse (1887-1967),
- Henri (1889-1918),
- Fernande (1892-1929).

Quand il cessa son activité agricole, il se retira auprès de sa fille aînée qui était veuve et habita dans le bourg, près du "pont" (de la route d’Aizenay) une maison faisant face à celle d’Henri Tenailleau (1865-1941), maire du Poiré de 1919 à 1941, dont il partageait les sensibilités ainsi que les opinions politiques[8]

Extrait simplifié de l’arbre généalogique de Pierre-Aimé Perraudeau,
de ses enfants et de ses petits-enfants
ayant été concernés par la Première ou par la Seconde Guerre mondiales.


Quand éclata ce qui sera la Première Guerre mondiale, ses deux gendres (Jean-Baptiste Bled époux d’Alphonsine, et Fernand Sévajols époux de Fernande) furent mobilisés ainsi que deux de ses fils, Aimé ayant une déficience visuelle.

En 1915, Jean-Baptiste Bled qui était agriculteur à "la Piltière" et qui faisait partie du 120e régiment d’infanterie, fut tué (porté disparu) le 28 février au Mesnil-lès-Hurlus (Marne). Il laissait deux enfants de 5 et 2 ans : Anne et René.

En 1918, Henri Perraudeau faisant partie du 57e régiment d’infanterie, et qui avait été blessé en mai précédent à Vauclerc (Aisne), fut tué le 2 avril à Chiry (Oise).

Début mars 1919, démobilisation de Fernand Sévajols. Tandis qu’il partait en 1914 avec le 72e régiment d’infanterie, son épouse était revenue au "Chiron" et y donnait naissance à leur premier enfant, Maurice. Repartis à Vaujours (93) où ils étaient enseignants libres, ils auront six autres enfants par la suite.

Fin mars 1919, retour d’Alphonse Perraudeau qui avait combattu dans le 3e puis dans le 33e régiment d’infanterie coloniale, et avait été blessé en 1917. Il se maria cette année 1919 avec Emilienne Potier. Devenu négociant en grains, route de Palluau au Poiré, il aura 2 filles puis un garçon en 1920, 1923 et 1926. 

En 2020, l’ancienne maison restaurée de Pierre-Aimé Perraudeau au "Chiron",
avec sa statue familiale en terre cuite émaillée de Malicorne, portant la date de 1812,
qui occupa la niche en haut de la façade,
et qui, au début du XXIe siècle, se trouve chez un de ses descendants.


Vingt ans plus tard quand éclata la Seconde guerre mondiale, ce fut au tour de la génération suivante d’être mobilisée : René Bled, fils d’Alphonsine ; Henri, fils d’Aimé ; Maurice, fils de Fernande. Lors de la défaite de juin 1940, ils eurent la chance d’échapper à la captivité.

Le 17 juin 1940 au Poiré, l’intervention du maréchal Pétain à la radio fit réagir violement Alphonse Perraudeau qui refusait d’admettre la si-gnature de l’armistice[10].

Le 11 novembre 1940 : Robert Perraudeau (1921-2007, fils d’Aimé et petit-fils de Pierre-Aimé Perraudeau) fit partie des étudiants venus manifester sur la tombe du soldat inconnu, à Paris. Son cousin Jean Sévajols rapporta le lendemain dans son "Journal de guerre" :

"Les facultés de Paris sont fermées à cause de la manifestation d’hier, à laquelle Robert assistait. Ce sont les Allemands qui l’ont provoquée. Robert ne doit pas aller travailler. Il doit aller tous les jours à Livry faire signer et pointer une carte par le commissaire de police".

Soixante ans plus tard, en août 2001, Robert Perraudeau se remémorait cette journée :

"A un moment les Allemands ont commencé à tirer dans le tas et la panique s’est installée. Avec les autres manifestants, je suis parti en courant le plus vite possible. On détalait comme des lapins !"[8].

Le 18 août 1944, Henri Perraudeau (1913-2000, frère aîné de Robert) qui avait été dans l’artillerie lourde en 1939-1940 et était depuis peu notaire à Limours (91), fut pris en tant que tel comme otage par les Allemands, avec le chanoine Fage, curé de cette commune, et Maurice Béné, le maire. Ils furent mis devant un mur pour être fusillés, mais le maire s’étant évanouit, les Allemands sursirent alors à l’exécution tandis que la situation environnante était très confuse. Profitant du désordre, les otages finirent par s’échapper. Plus tard, cela vaudra à Henri Perraudeau de prendre la suite du maire de Limours qui, lui, était élu député[8].

Le 28 août 1944, René Bled (1913-1985) alors instituteur libre à Vaujours (93) qui venait d’être libéré la veille par des troupes américaines, s’engagea avec une vingtaine d’autres dans les F.F.I. Le 9 septembre, ils rejoignirent l’armée régulière au centre d’instruction du fort de Chelles (77). René Bled, qui avait participé aux combats en 1939-1940, y devint sergent-instructeur[8].

Le 19 août 1944 Maurice Sévajols, un autre petit-fils de Pierre-Aimé Perraudeau, avait été tué par les Allemands[11]. En mai 1940, alors qu’affecté au 23e régiment de tirailleurs algériens il suivait une formation d’officier d’active, il avait été dirigé dans la région de Paris, pour faire face à l’invasion allemande, et avait permis d’y "retarder de plusieurs heures sa marche en avant"[12]. Après le 22 juin 1940, il avait fait partie de l’armée de l’armistice puis avait intégré l’école militaire d’Aix-en-Provence. Nommé sous-lieutenant au 8e régiment d’infanterie de Montpellier sous l’autorité du général de Lattre de Tassigny, il sera reclassé dans l’administration à Perpignan après l’occupation de la zone libre par les Allemands en novembre 1942. Il y fit partie de l’Organisation de Résistance de l’Armée (O.R.A.), relevant, en prévision d’un futur débarquement allié dans le sud de la France, les défenses côtières du Roussillon, et les faisant parvenir à la France libre. Le 7 août il avait été arrêté par la Gestapo à Perpignan, interrogé, puis transféré le 16 août à Carcassonne. De là, avec 13 autres résistants il fut conduit à Baudrigues (de Roullens, Aude), où ils furent exécutés.

Maurice Sévajols à l’école militaire d’Aix-en-Provence, le 29 mars 1942 ;
et, en mai 1996, le monument commémoratif de sa mort
et de celles de ses compagnons
dans la clairière du château de Baudrigues, dans l’Aude.
(documents de sa sœur Marie Sévajols).


C’est ainsi que la famille de Pierre-Aimé Perraudeau traversa les deux guerres mondiales de 1914-1918 et de 1939-1945. Une époque qui, avec ses événements et ses acteurs, voit son souvenir s’effacer avec le temps, et un cas familial se retrouvant chez bien d’autres familles du Poiré. 

Sources et références

(sauf mention contraire, les illustrations sont dues à M. Mignet)

[1]

Cf. Roquefort (Jean-Baptiste), Dictionnaire de Langue romane, tome 1, p. 256. Pour les linguistes Charles Rostaing (Les Noms de lieux, 1965, p. 24 à 29), Albert Dauzat ou Pierre Fouché, le terme "chiron", au sens d’endroit pierreux, aurait une origine pré-indo-européenne, ce qui lui donnerait une ancienneté supérieure à quatre mille ans.

 
[2]

Plan Local d’Urbanisme (P.L.U.) du Poiré-sur-Vie, 2005 : plan de zonage p1. Voir aussi les travaux et documentations de la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) des Pays de la Loire.

 
[3]

Sur ces ces ravages causés par les troupes républicaines sur le Poiré, voir les Manuscrits de Collinet (1788-1804), éd. du C.V.R.H., 2003, p. 183 (23 novembre 1793), p. 197 (3 janvier 1794), p. 210 (9 et 12 février 1794), p. 291 (16 août 1794)… ou encore ce qu’écrit en 1798 dans ses Mémoires sur la guerre de Vendée, Lucas Championnière (1769-1828), réédition de 1994, p. 88.

 
[4]

Cahier des réquisitions de l’armée catholique et royale dans la paroisse du Poiré (Méd. mun. de la Roche-sur-Yon : ms 019), et aussi de Lorvoire (Jean-Claude), "les Réquisitions de l’armée catholique et royale dans la paroisse du Poiré-sur-Vie", in Recherches vendéennes, n° 3, 1996, p. 257-299.
Pour les journées de travail consacrées aux réparations du "moulin du Fief" et leurs rétributions, voir les réquisitions des villages cités : n° 164, 228, 229, 275, 308, 320.
Y voir aussi les réquisitions du Chiron, auxquelles participèrent Pierre Gillaizeau et Louis Grolier.

 
[5]

Procès-verbal d’estimation de biens nationaux du Poiré les 21-22-23-24 pluviôse de l’an VI / 9-10-11-12 février 1798 (Arch. dép. de la Vendée : 1 Q 212). Par rapport au cadastre du Poiré levé quelques décennies plus tard, les surfaces estimées sont sous-évaluées. Les compétences des estimateurs, H.-J. Caillé (1753-1804) et le notaire A.-Ph. Danyau (1762-1813), propriétaires nantis et bons républicains, ne pouvant être mises en cause, on a pu penser que cela est dû au fait que par la suite ils étaient, eux ou leurs proches, les potentiels acquéreurs de ces biens. Le prix d’adjudication de cette métairie du "Chiron", appartenant  initialement à "Constant Guinebaud, chevalier de l’Ordre de Malte", fut fixé à 9000 livres, à une époque où le salaire journalier de base était de l’ordre de 1 livre.
Pour rappel, la valeur du "pied", en France à l’époque, était de 32,48 cm.

 
[6]

Plans et registres cadastraux de 1836 du Poiré (Arch. dép. de la Vendée : 3P 178).

 
[7]

Voir les recensements du Poiré à ces dates (Arch. dép. de la Vendée : 2 Mi 21).

 
[8]

Les sources sur la famille Perraudeau du "Chiron" proviennent de nombreux entretiens avec des descendants de Pierre-Aimé Perraudeau, et du Journal de guerre de Jean Sévajols, 1er septembre 1939 au 18 juin 1945 (collectif inédit, 2002, 594 p.). Dans ce "journal", Jean Sévajols (1925-1990), petit-fils de Pierre-Aimé Perraudeau, consigna jour après jour les événements familiaux et les échos de la guerre qui lui venaient des journaux, des stations radios et du bouche-à-oreille.

 
[9]

Cahier des réquisitions de l’armée catholique et royale dans la paroisse du Poiré (Méd. mun. de La Roche-sur-Yon : ms 019), réquisitions à la Bardinière .

 
[10]

Quatre jours après ce 17 juin 1940, des soldats français venant de La Roche arrivaient en camion au Poiré et y établissaient 4 barrages faits de troncs d’arbres enfoncés obliquement dans le sol près du monument aux morts, en bas de la route de Palluau. Le lendemain à 11h 45, un avion allemand survolait le bourg à basse altitude ; à 14h 15, une moto et un side-car allemands arrivaient de Palluau et rebroussaient chemin en apercevant les barrages, tandis que les soldats français préféraient quitter Le Poiré ; à 18h 35, des soldats allemands revenaient plus nombreux et s’y établissaient durablement, pour n’en repartir que début septembre 1944.

 
[11]

Pour l’activité de résistant de Maurice Sévajols, on peut se référer à : Gual (Ramon) et Larrieu (Jean), Vichy, l’occupation nazie et la Résistance catalane, II b, De la Résistance à la Libération, 1998, p. 953-954 ; Maury (Lucien), La Résistance audoise (1940-1944), le tome 2, Carcassonne, 1980, p. 344, 396 ; Dainville (colonel A. de), L'ORA, la résistance de l'Armée / guerre 39-45, 1974, 344 p., Allaux (Julien), La 2e guerre mondiale dans l’Aude, 1986, p. 197-202. On peut lire aussi dans la Trilogie du Languedoc, succès littéraire de l’écrivaine britannique Kate Mosse, le 3e volet : "Citadelles", p. 486 à 588 de sa traduction en français de 2014.
A titre posthume, Maurice Sévajols devint le 25 février 1946, Chevalier de la Légion d'honneur ; il reçut la Croix de guerre 1939-1945 avec étoile et palme, et la King's Commendation for Brave Conduct, du roi Georges VI d’Angleterre ; et fut promu rétroactivement au grade de capitaine. Son souvenir est rappelé chaque année lors des cérémonies commémoratives ayant lieu le 19 août à Baudrigues et à Carcassonne, et relayées par les journaux de la région à ces dates (ainsi le Midi libre du 20 août 1994 couvrant la cérémonie du cinquantenaire).

 
[12]

Extrait de la citation à l’ordre de son régiment du 30 juin 1940.

 

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