Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Notice rédigée par : Emmanuel François

Graphies connues

Coin Foucaud (le) (1607 - 1798) source : Aveu aux Essarts, et nombreux actes jusqu'aux Biens nationaux

Coin (le) (1740) source : Déclaration roturière puis carte de Cassini, cartes d'état-major (1849-1910), carte IGN (1975).


Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village et tènement sous l'Ancien Régime, siège d'une seigneurie mouvante des Essarts.
  • Coordonnées
    • Coordonnées LAMBERT : 327-2215
Catégorie : Siège d'exploitation agricole Masquer
  • Nature : Siège d'exploitation agricole
    Précision sur la nature du lieu : Métairie, signalée dans l’aveu de Linger à Languiller, le du 16 novembre 1607, pour les tènements du Coin et du Peux (Arch. dép. Vendée, 150 J/G 62). Voir surtout une déclaration roturière d’Alexandre Laheu pour ces mêmes tènements, faite le 31 décembre 1687 (150 J/G 62).

Données historiques

Histoire et archéologie

Le village du Coin est situé au nord-ouest de la commune de Saint-André-Goule-d’Oie, près du bourg de Chavagnes-en-Paillers. Il fait partie des plus anciens villages de la commune, et au Moyen Âge un château fort servait de demeure au seigneur du Coin Foucaud (nom à l’origine). Le baron des Essarts, son suzerain, lui avait concédé plus de la moitié du territoire de la paroisse de Saint-André-Goule-d’Oie. Dans le partage des territoires du Poitou au traité de Bretigny en 1360, cette place forte du Coin passa aux Anglais, face aux fiefs de Chavagnes restés français dans la mouvance de la châtellenie de Montaigu[1]. Au sortir de la guerre de Cent Ans le château était probablement en ruines. En tout cas ceci est attesté dans un document de 1550[2]. Le seigneur du Coin lui-même et sa famille avait disparu des lieux, et la seigneurie appartenait au seigneur de Languiller (Chauché), qui la gardera jusqu’à la Révolution. On sait que le manoir proche de la Mancellière survécut plus longtemps.

En 1609, le propriétaire du tènement du Coin s’appelait René Linger, par ailleurs seigneur de Mermande (Saint-Christophe-de-Ligneron). Sa famille avait acheté la seigneurie voisine de la Mancellière un siècle plus tôt, mais au Coin elle ne possédait que les redevances seigneuriales. Le droit de fief lui-même et la justice qui allait avec, ainsi que les droits sur les autres tènements de la seigneurie du Coin, continuaient de constituer une seigneurie non démembrée ni dissoute, et appartenant toujours au seigneur de Languiller. Et c’est ce dernier qui continuait d’en rendre hommage à la baronnie des Essarts. Si bien que René Linger ne pouvait pas se prétendre seigneur du Coin.
Cette situation quelque peu subtile dans les arcanes du droit féodal donna lieu à des procès, d’autant que le droit de fief retenu par Languiller entrainait le droit de percevoir les lods et ventes, dus en cas de mutation de propriété. Par sentence du 10 août 1686, le tribunal de Fontenay somma les teneurs du Coin, de fournir une déclaration roturière au seigneur de Languiller[3]. Désormais le propriétaire des redevances sur le village fera deux déclarations, une dite noble au titre de ses droits seigneuriaux, qui étaient des biens nobles, et l’autre dite roturière en tant que co-teneur du tènement du Coin pour ses biens non nobles tenus roturièrement. Pour l’essentiel ceux-ci était constitués par une métairie au Coin de 260 boisselées (32 ha), déjà existante à la fin du 16e siècle.

Au début du 17e siècle, la principale redevance seigneuriale était le cens de 6 livres en argent, 3 chapons et 36 ras (ou boisseau) d’avoine. En 1651 ces 36 ras d’avoine deviennent 35 ras. L’autre redevance était la dîme seigneuriale sur les pourceaux, la laine et le lin. Le seigneur prenait les deux tiers des dîmes et le tiers restant avait été cédé au prieur de Saint-André. En 1671 les dîmes du Coin sont affermées et rapportent 50 sols[4]. Ces redevances, fixes dans le temps, étaient devenues symboliques, et leurs montants reposaient sur tous les propriétaires du même tènement. En revanche, la redevance principale était le droit de terrage (champart), se montant au 1/6 des récoltes, ce qui représente une charge significative[5].
Pierre Laheu, sieur de la Vrignais (Chauché) acquit le 11 avril 1617 les droits seigneuriaux sur le tènement et village du Coin[6]. Lui et ses descendants étaient liés au seigneur de la Rabatelière voisine. Il acheta aussi la petite seigneurie de la Burnière, mouvante de Montaigu, et située en face du Coin de l’autre côté du Vendrenneau sur la paroisse de Chavagnes. Ses descendants, quittant le Coin, s’y installèrent vers 1650, si bien que pour reconstituer la généalogie de la famille au fil du temps il faut consulter à la fois les registres de Saint-André, la Rabatelière et Chavagnes[7].

Le moulin à eau installé sur le ruisseau du Vendrenneau, et près du chemin allant du Coin à la Burnière, était appelé « le moulin du Peux » ou « le moulin à Maindron ». La tradition orale fait état d’un moulin à eau, dit « moulin à Boudet » ou « Boudaud » ou « du Coin », faisant partie du territoire de Saint-André, près de la Mine, c’est-à-dire sur la Petite Maine[8]. Nous n’avons pas trouvé d’informations le concernant.
Il en est de même pour le moulin situé à la sortie du village du Coin, sur la route de la Racinauzière. Et on hésite à en faire le « moulin des landes de la Mancellière » à cause de sa situation.

Probablement par héritage, le nouveau seigneur de la Burnière, et possesseur des redevances et domaines au Coin, fut vers 1750 Charles Louis de Royrand, seigneur de la Roussière à Saint-Fulgent[9]. Il s’installa à la Burnière, et à proximité de la nouvelle route royale de Nantes à la Rochelle, il acheta un terrain et commença la construction d’un château, où il s’établit en 1785, l’année de sa mort, le 20 juillet. Son fils était alors déjà marin et sa fille en pension dans un couvent. Son frère, Charles Aimé, fut nommé leur tuteur. En décembre 1785, venant lui aussi de la Roussière, il s’installa à la Burnière, et continua les travaux de construction du château[10]. C’est là que vinrent le trouver en mars 1793 les bandes de paysans des environs qui s’étaient révoltées. On connaît la suite : Charles Aimé de Royrand accepta de les suivre. Les autres chefs de bande, parfois anciens officiers comme lui, le firent général de l’armée du Centre de la Vendée. Il mourut à la fin de l’année dans la Virée de Galerne[11]. Les bâtiments de sa métairie du Coin furent incendiés par les républicains pendant la guerre de Vendée, en même temps que d’autres maisons dans les villages voisins[12]. Elle fut vendue comme bien national en 1798[13].

Emmanuel François
29-10-2018

Illustrations

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Le Coin, 2015.

[1]

A. de Guerry, Chavagnes communauté vendéenne, Privat, 1988, p. 71.

 
[2]

Aveu du Coin Foucaud et du Vignault du 2-7-1605 par Languiller aux Essarts, recopiant un aveu de 1550 – deuxième copie, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/G 61.

 
[3]

Procès Chitton/Laheu, sentence du 10-8-1686 signifiée aux teneurs par Boudaud, ibidem, 150 J/G 44.

 
[4]

Livre des recettes du prieuré commencé en 1671, Archives de la paroisse de Saint-Jean-lès-Paillers, relais de Saint-André-Goule-d’Oie, carton n° 28, chemise IV.

 
[5]

Aveu du 7-11-1607 pour la Mancellière et le Plessis-le-Tiers au seigneur des Bouchauds et pour le Coin et le Peux au seigneur du Coin Foucaud, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière :150 J/G 38.

 
[6]

Procès Chitton/Laheu, jugement de second défaut du 2-12-1654 contre Laheu, refusant son titre de propriété de 1617, ibidem, 150 J/G 62.

 
[7]

Archives de Vendée, notes Généalogiques de J. Maillaud, tome 18 pages 266 à 273.

 
[8]

Logis et moulins de Saint-André-Goule-d’Oie, Archives du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 73-9.

 
[9]

A. de Guerry, « MM. De Royrand », Annuaire de la société d’émulation de la Vendée, 1961-2, en ligne sur le site des Archives, vue 24/57.

 
[10]

Ibidem.

 
[11]

Voir sa biographie dans le Dictionnaire des Vendéens sur le site internet des Archives de la Vendée.

 
[12]

Contrat de mariage du 17 juin 1796 de Jean Bretaud avec Perrine Borleteau, Archives du diocèse de Luçon, Saint-André-Goule-d’Oie sous l’Ancien Régime : AAP.

 
[13]

Vente de la métairie du Coin à Saint-André-Goule-d’Oie, Archives de Vendée : 1 Q 258, n° 852.

 

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