Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

Espace contributeur

Identifiez vous - Pour en savoir plus

Résultat

imprimer la notice complète

Poiré-sur-Vie, Le > Cordinières (les moulins des)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Moulin à vent Masquer
Titre Image
  • Nature : Moulin à vent
    Précision sur la nature du lieu : Groupement de six moulins à vent.
  • Localisation : Les "moulins des Cordinières", aujourd’hui tous disparus, étaient situés à 3 km à l’est du centre bourg du Poiré-sur-Vie
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : section C, 3e feuille.
    • Coordonnées cadastrales moderne : section YO.

Données historiques

Histoire et archéologie

Les "moulins des Cordinières" tenaient leur nom du village voisin de "la Cordinière". Ils étaient constitués, en 1836, de six moulins à vent, situés à quelques dizaines de mètres les uns des autres[1], mais cinquante ans plus tôt la carte de Cassini n’en indique que trois. Ces moulins étaient les suivants : le "Grand Moulin", le "moulin du Milieu", le "moulin Neuf", un second "moulin Neuf", le "moulin de la Hutte" et le "moulin Rouge".

Ils transformaient en farine les céréales (les "bleds") du voisinage au rythme moyen de 250 à 400 kg par jour. Ils n’existaient plus depuis longtemps quand les regroupements parcellaires des années 1990 en ont fait disparaître les dernières traces[2].


Les six "moulins des Cordinières" aujourd’hui disparus
sur le plan cadastral de 1836
(environ 420 x 245 m, nord vers la droite),
et la localisation de leur emplacement
sur une vue aérienne en 2014
(environ 700 x 690 m, nord en haut).

Le "Grand Moulin" (C 1386) appartenait en 1836 aux meuniers Mathurin Guillet et Jean-Baptiste Laurenceau, tous deux de "Montorgueil". Il fut démoli en 1900.
Le "moulin du Milieu" (C 1396) appartenait en 1836 au meunier Mathurin Guillet, de "la Turquoisière". Quand il fut démoli, en 1865, il appartenait alors à Aimé Birotheau.
Le premier moulin appelé le "moulin Neuf" (C 1402) appartenait en 1836 à Jean Guillet de "la Jucaillère". Quand il fut démoli en 1870, il appartenait à André Bouhier, du même village.
Le second moulin appelé le "moulin Neuf" (C 1394) appartenait en 1836 à Jean Morilleau, du village "le Chemin", et en 1891 au meunier Henri Morilleau-fils, du même village. Il fut démoli en 1926.
Le "moulin de la Hutte" (C 1391) appartenait en 1836 à Mathurin Guillet de "la Roussetière". En 1872, il appartenait à Pierre Gillaizeau de "l’Orbreteau" puis du "Beignon-Jauffrit", et à Jean Favroul et à Jean Guillet lorsqu’il fut démoli, en 1880.
Le "moulin Rouge" (C 1230), un peu à l’écart était aussi appelé "moulin du Chemin"[3], du nom du village voisin où habitait Jean Morilleau, son meunier et propriétaire en 1836. Il fut démoli vers l’année 1888. 



Autres mentions

En 1836, les six "moulins des Cordinières" faisaient partie des trente-deux moulins à vent (et trois moulins à eau) comptés alors sur les 8107 hectares de la commune du Poiré[1]. A cette date d’autres moulins n’étaient déjà plus qu’un souvenir, alors que d’autres encore ne seront construits que plus tard. Au total, sur l’étendue primitive de la commune du Poiré, on a pu relever l’existence, à une époque ou une autre, d’au moins 49 moulins (42 moulins à vent et 7 moulins à eau)[2].

Si les moulins à eau laissent des traces dans le paysage longtemps après la fin de leur activité, ce n’est pas le cas des moulins à vent dont les restes disparaissent rapidement. Ainsi pour les "moulins des Cordinières", dont il ne restait plus la moindre trace en 1989, sinon quelques débris de meules rejetés dans un reste de haie. Cependant, la présence ici et là du toponyme "tonnelle", nom que l’on donnait à la base des moulins à vent plus anciens, dits "moulins turquois"[4] en raison de leur origine proche-orientale, laisse présumer de la présence en ces endroits d’autres moulins disparus ; en 1836, on trouve treize noms de "tonnelle" sur la commune du Poiré[2].

La fiscalité a été une des causes de la rapide disparition des moulins à vent. Quand leur activité s’arrêtait, pour ne plus être taxé par l’administration fiscale, les propriétaires devaient lui apporter la preuve de cette cessation. Cela passait au départ par la dépose des ailes du moulin puis, pour s’éviter un travail de vérifications à répéter, l’administration fiscale poussa à la destruction pure et simple de ces moulins devenus inactifs.


Sur la carte de la commune du Poiré dans ses limites de 1836,
la localisation des 42 moulins à vent (en rouge) et des 7 moulins à eau (en bleu)
ayant existé à une époque ou à une autre,
et dont l’existence peut être attestée
par des relevés sur le terrain ou dans des documents d’archives[2].
(avec, parmi les moulins à vent, les six
"moulins des Cordinières").
En vert, la localisation des 13 toponymes
"tonnelle", anciens moulins présumés.

[1]

Plan, états de sections et matrices du cadastre de 1836 du Poiré-sur-Vie (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 178).
Avant qu’en 1849, sa partie est fût rattachée à Belleville, la commune du Poiré s’étendait sur 8107 ha (contre 7295 ha en 2016) ; en 1836, cela faisait d’elle une des trois plus vastes communes de la Vendée, avec celle d’Aizenay (8105 ha) et celle de Talmont-Saint-Hilaire (8843 ha).

 
[2]

Vincent (Eugène-Marie), les Moulins du Poiré-sur-Vie, 2012, 42 p. Cette étude inédite, mais exhaustive et incontournable, s’appuie sur la carte de Cassini, les documents cadastraux, les registres d’impositions et des relevés systématiques sur le terrain.

 
[3]

A ne pas confondre avec un ancien moulin à eau portant lui aussi le nom de "moulin du Chemin", situé sur "la Vie" en contrebas de "Montorgueil", et à 200 m du "moulin Ragoiller".

 
[4]

Voir, parmi les tableaux de Lambert Doomer (1624-1700), la peinture d’un moulin à vent sur Vieillevigne en 1645.

 

Nous écrire