Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Corne du Cerf (auberge de la)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Hôtel, auberge, café Masquer
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  • Nature : Hôtel, auberge, café
    Précision sur la nature du lieu : auberge
  • Localisation : Il est possible que la localisation de cette ancienne "auberge de la Corne du Cerf" soit à l’extrémité sud de l’ancienne "Grand’rue" (aujourd’hui partie de la "rue Georges Clemenceau").
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : A 319
    • Coordonnées cadastrales modernes : AH 64

Données historiques

Histoire et archéologie

"L’auberge de la Corne du Cerf" est l’une des cinq auberges du Montaigu d’avant 1789 citées par Georges Laronze[1], les autres étant "le Cheval blanc", "l’Écu", "le Grand Louis", "les Trois Rois".

L’existence de cette auberge est attestée par les registres paroissiaux de "l’église Saint-Jean" tout au long du XVIIIe siècle, et dans les années 1780 et au tout début des années 1790, Julien Rafflegeau (1755-1803) y "tenait billard"[2]. Depuis la première moitié du siècle ce jeu connaissait une grande vogue en France, et il donnait souvent lieu à des paris d’argent[3] ; son arrivée à Montaigu avait été perçue par les habitants de la ville comme un signe de modernité et cela avait flatté la vanité locale, plus particulièrement celle de ses notables bourgeois ou aristocrates qui s’y piquaient de progrès[4].

Pour Gustave Mignen, "l'auberge de la Corne du Cerf [se situait] rue des Halles"[5], mais il n’est pas plus précis quant à sa localisation. Le domicile en 1814[6] de la veuve de Julien Rafflegeau, Marie-Jeanne Mandin (1759-1832), la ferait situer à l’angle des "Grand’rue" et "rue du Fort" de l’époque, qui l’une et l’autre ont changé de noms depuis.

Autres mentions

En 1782, on trouvait aussi à Montaigu, une "auberge à l’enseigne du Dauphin"[7], qui aurait pu se situer à proximité du "pont Jarlet", et, à la même époque et très probablement près de la "porte Nantaise" actuellement carrefour de l’Europe, un "hôtel de la Croix d’or"[8].

Les données du cadastre en 1814[6] et la liste nominative du recensement de 1816[9] indiquent qu’à ces dates, six aubergistes étaient installés à Montaigu (dont ceux de "la Coupe d’Or", du "Grand Turc", du "Pélican" et de la poste aux chevaux). Curieusement, bien qu’ils soient tous assez âgés, aucun d’entre eux ne s’y trouvait avant la Révolution, venant de la Bruffière, Clisson, Saint-Philbert-de-Bouaine, Saumur et d’Eure-et-Loir ; ce qui marque une rupture avec la transmission des auberges qui jusqu’alors s’y faisait traditionnellement le plus souvent de père en fils. On trouvait aussi seize cabaretiers, parmi lesquels treize peuvent être localisés. Les secteurs de l’ancienne "porte Nantaise" et de la "porte Nantaise" et de la "place des Halles", l’actuelle "place Dugast-Matifeux", étaient particulièrement bien dotés[6].

Illustrations

montaigu_corne_du_cerf_1.jpg

montaigu_corne_du_cerf_1.jpg


La localisation possible de "l’auberge de la Corne du Cerf" à la fin du XVIIIe siècle,
et localisations connues 
des auberges 
(*et cabarets (.) de Montaigu, en 1814/1816,
sur un plan d’assemblage du cadastre de 1814 (environ 770 x 910 m).

[1]

Laronze (Georges), Montaigu, ville d'histoire (IVe-XXe siècle), éd. 2001, p. 60.

 
[2]

Registres paroissiaux de Saint-Jean de Montaigu, 24 novembre 1790 (Arch. dép. de la Vendée : AC 146). 

 
[3]

Lettre du 9 février 1778, de Jean-Victor Goupilleau à son frère Philippe-Charles-Aimé, citée par Philippe Bossis, Goupilleau de Montaigu, les apprentissages d’un révolutionnaire vendéen (1763-1781), p. 485-486 et note 3. 

 
[4]

Bonetti (Philippe), Montaigu en Révolution (1749-1799), la force du destin, 1990, p. 91.

 
[5]

Mignen (Gustave), les Maîtresses et maîtres d'école de Montaigu avant et depuis 1789, 1907, p. 44, note 2.

 
[6]

État de sections et matrice du cadastre de 1814 (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 146). 

 
[7]

Minutes notariales de Jean-François Goupilleau, 5 mars 1782 (Arch. dép. de la Vendée : 3 E 27/233-234).

 
[8]

Prunier (Pierre-Louis), la Vendée Militaire, 2e édition, 1904, p. 109-110.

 
[9]

Liste nominative du recensement de 1816 (Arch. dép. de la Vendée : 6 M 232).

 

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