Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Coupe d'Or (auberge de la)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Graphies connues

A Montaigu, l’auberge de la Coupe d’Or a été appelée "hôtel Cassard", longtemps après que celui-ci eût disparu.


Nature(s) du lieu

Catégorie : Hôtel, auberge, café Masquer
Titre Image
  • Nature : Hôtel, auberge, café
    Précision sur la nature du lieu : auberge
  • Localisation : "L'auberge de la Coupe d'Or" bordait à l’ouest l'actuel carrefour de l'Europe.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : A 609
    • Coordonnées cadastrales modernes : Section AC

Données historiques

Histoire et archéologie

"L’auberge de la Coupe d’Or" existait probablement avant la Révolution, mais sans doute sous un autre nom. Située à la sortie de Montaigu, en avant de la"porte Nantaise", elle se trouvait à l’angle de l’ancienne route de Nantes (la "rue des Rochettes") et de la nouvelle ("l’avenue Villebois-Mareuil")[1]. L’origine du bâtiment actuel doit remonter à la seconde moitié du XVIIIe siècle ; mais il a dû subir des transformations après les destructions de la Révolution, comme le laisse penser son balcon dont les dalles semblent être d’anciennes pierres tombales pouvant être des récupérations de la "collégiale Saint-Maurice", de la chapelle du "couvent de Saint-Sauveur" (ancienne "église Notre-Dame"), ou du "cimetière de Saint-Jean".

Au début du XIXe siècle, la commune de Montaigu s’arrêtait aux fossés de la Vieille ville, mais incluait l’ancien glacis qui les précédait, entraînant des bizarreries fiscales. Ainsi en 1807, "l’auberge de la Coupe d’Or", "maison du sieur Jaunet, aubergiste, appartenait à celle de Montaigu, et la maison du sieur Giraud, quoique plus rapprochée, était de Saint-Hilaire"[2]. Cela se traduisait concrètement par des différences d’impositions importantes. Ainsi les maisons et les cabarets et auberges situés sur le territoire de cette dernière commune ne payaient pas l’octroi auquel étaient soumis celles et ceux situés sur celui de "la ville". Ces inégalités étaient un argument avancé par le Conseil municipal de Montaigu pour réclamer, dans ses délibérations, que "les Rochettes" et toute la bordure nord et est du "Champ de foire" fussent intégrée à son territoire municipal[2]. Un décret impérial, en date du 7 février 1809, précisant et modifiant les limites de la commune, finira par lui donner en bonne partie satisfaction.

En 1816, "la Coupe d’Or" appartenait toujours à l’aubergiste Pierre Jaunet, originaire de Saint-Philbert-de-Bouaine et qui était venu s’installer peu avant 1800 comme "marchand" à Montaigu[3]. C’était la plus importante des cinq auberges de la ville d’alors, tout au moins par le nombre de personnes y travaillant : neuf, dont trois domestiques et deux servantes[4]. Elle devint plus tard "l’hôtel Cassard", puis elle fut tenue par H. Roy.

Transformée par la suite en pharmacie, elle est, depuis la fin des années 1990, occupée par une banque[5]. Cette dernière affectation a causé une forte détérioration patrimoniale de la façade de son rez-de-chaussée.

Autres mentions

La tradition dit que le 19 septembre 1793, à la bataille de Torfou, les combattants improvisés vendéens reculaient devant les soldats aguerris de Kléber, mettant irrémédiablement les leurs en danger de mort. C’est alors que des femmes, menées par Jeanne Giraudelle de l’Hôtel de la Croix d'Or à Montaigu, intervinrent pour forcer leurs hommes (dont son mari) à retourner au combat, ce qui détermina leur victoire[6].

Cependant, bien que l’existence d’une famille Giraud dans ce quartier à cette époque soit avérée, on ignore si l’Hôtel de la Croix d’Or de cette héroïne montacutaine a une parenté quelconque avec l’Auberge de la Coupe d’Or du début du XIXe siècle, qui aurait dû modifier son nom devenu idéologiquement incorrect avec la Révolution.

Illustrations

montaigu_coupe_dor.jpg

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Vers 1905 : l’ancien hôtel Cassard,
précédemment
"auberge de la Coupe d’Or".
En 2012 : ses transformations en pharmacie puis en banque,
en ont profondément modifié la façade.

 

[1]

Plan, état de sections et matrice du cadastre de 1814 (Arch. Dép. de la Vendée : 3 P 146). 

 
[2]

Arrêtés et délibérations du conseil municipal, 16 mars 1807 (Arch. Dép. de la Vendée : 146 R3).

 
[3]

Etat civil de Montaigu, 16 février 1797 et 3 janvier 1798 (Arch. Dép. de la Vendée : AD2E 146/3).

 
[4]

Liste nominative du recensement de 1816, p. 4 (Arch. Dép. de la Vendée : 6M 232).

 
[5]

Entretien en 2012 avec montacutain habitant ce quartier depuis plus de soixante ans.

 
[6]

Prunier (Pierre-Louis), la Vendée Militaire, 2e édition, 1904, p. 132-133.

 

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