Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Courtin (le)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Graphies connues

ruisseau de la Micherie source : Tandis que l'IGN indique tantôt l'un, tantôt l'autre de ces différents noms[1], c'est le premier de ceux-ci - "le Courtin" - qui est depuis toujours utilisé localement par les habitants[2].

Cortin

ruisseau des Brandes

ruisseau des Landes

ruisseau de la Guerlerie


Nature(s) du lieu

Catégorie : Hydronymie continentale Masquer
Titre Image
  • Nature : Hydronymie continentale
  • Localisation : "Le Courtin" forme la limite entre les communes du Poiré-sur-Vie et d’Aizenay.

Données historiques

Histoire et archéologie

"Le Courtin" ou "Cortin" reçoit aussi, d’amont en aval, les noms de "ruisseau de la Fosse des Brandes", "ruisseau des Landes", "ruisseau de la Guerlerie", "ruisseau de la Micherie"[2]. C’est un ruisseau à écoulement intermittent l’été, et d’une longueur d’environ huit kilomètres. Il est un affluent de gauche de "la Vie" dans laquelle il se jette dans les bas de "la Micherie" et de "la Moissandière". "Le Courtin" sert de limite naturelle entre Le Poiré et Aizenay. Il prend officiellement sa source dans l’ancienne "Tasse aux Trois Curés" que le remembrement a fait disparaitre, et qui était le point de rencontre de ces deux paroisses avec celle de La Genétouze.


Le sous-bassin versant du "Courtin" (ou "ruisseau dela Micherie")
parmi les autres sous-bassins du haut cours de
"la Vie" (environ 15,70 x 13,25 km)[3].
"Le Courtin" : en haut en aval de "la Micherie", en bas au niveau de "l’Audardière".

Son lit a été recalibré en 1995 dans sa partie amont où il est localement bordé d’arbres.
Sa partie aval, présentent plus de pente et un environnement plus vallonné avec des versants souvent boisés, fréquentés à l’occasion par des chevreuils et des sangliers. Ses berges y ont conservé ou retrouvé un caractère ensauvagé, les pentes s’élargissant à partir de la pêcherie de l’étang de "la Mégrière". Ce secteur fait partie d’une zone naturelle définie par l’Inventaire National du Patrimoine Naturel, qui y relève la présence de sept espèces végétales et de vingt-huit espèces animales remarquables. Parmi ces dernières on compte : la loutre, la genette et le campagnol amphibie ; avec pour les oiseaux : la bergeronnette des ruisseaux ou la pie-grièche écorcheur… et pour les insectes : le cordulégastre annelé, la cordulie bronzée ou le grand capricorne[4]...


Les 476 ha de la Zone naturelle d'Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF)
de la vallée de
"la Vie" et du "Courtin" (ou de "la Micherie")
entre la Chapelle-Palluau et le Poiré-sur-Vie.


Quelques-uns des éléments remarquables de la faune présente 
le long des vallées de
"la Vie" et du "Courtin"en 2017 :
la loutre commune (lutra lutra), la bergeronnette des ruisseaux (motacilla cinerea), 
le cordulégastre annelé (cordulegaster boltonii), le campagnol amphibie (arvicola sapidus),
le grand capricorne (cerambyx cerda), la cordulie bronzée (cordulia aenea), 
la genette commune (genetta genetta), la pie-grièche écorcheur (lanius collurio).

et, en diaporama, la totalité de cet inventaire faunistique et floristique [5] :

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Autres mentions

En 1847-1850, Pierre Gendreau, mettant à profit la pente du "Courtin" en contrebas de son village de "la Micherie", décida d’édifier un moulin à eau connu sous le nom de "moulin de l’Aubier"[1],sur la rive gauche du ruisseau (c’est-à-dire sur la commune d’Aizenay). Un barrage de 42 m de long, constitué par un "mur de garde" avec "déversoir" et "pertuis de décharge", créait un dénivelé de 1,35 m et un petit réservoir permettant de faire tourner la roue du moulin. Désormais pratiquement disparu, ce dernier était encore symbolisé sur les "cartes 1950"[6].

Le souvenir d’un des petits-fils de ce Pierre Gendreau, Pierre-Marie, né à "la Micherie" en 1850, est resté dans les mémoires. Parti en 1873 comme prêtre missionnaire pour le Tonkin, il sera en 1887 nommé évêque de Hanoï, ville où il mourra en 1935[7]. Une rue porte son nom à Ai-zenay et il est représenté sur un des vitraux de l’église des Lucs.


Localisation des moulins à eau sur le "Courtin",
sur la carte dite d’état-major, améliorée en 1950 par l’IGN[6] (2,7 x 2 km).


Plan (environ 108 x 75 m), en 1849, du projet de "moulin de l’Aubier" en contrebas de "la Micherie".
Vues en 2017 : de son emplacement sur
"le Courtin", et de quelques-uns de ses rares possibles restes.

En 1867-1869, Baptiste Gendreau, meunier à "l’Audardière", projeta lui aussi d’installer un moulin à eau sur "le Courtin", toujours sur la rive gauche mais à faible distance de son village. Ses plans furent levés en 1867, et en janvier 1869 il était achevé[1]. En 1880, ce "moulin de l’Audardière" connut des aménagements, mais la suite de son existence a dû être relativement brève car en 2017 la mémoire locale n’en avait pas conservé le souvenir[2]. Et en dehors de quelques grosses pierres dans le ruisseau dont le cours a été un peu déplacé, il n’en reste plus guère de traces au début du XXIe siècle. Cependant, à son emplacement en contrebas de "la Bazerière" et à proximité du lit du "Courtin", se trouvait une sorte d’ancienne meule verticale. A la fin des années 1990, elle a été transportée devant l’ancien "moulin à Élise", à la sortie du bourg du Poiré sur la route menant à Aizenay.


Vue aérienne en 2014 et plan en 1867 (environ 200 x 120 m),
localisant le barrage du
"moulin à eau de l’Audardière" sur "le Courtin",
et dessin en 1867 de ses vannes et de son déversoir.

Vues en 2017 : du ruisseau à l’emplacement du moulin,
et d’une meule en provenant (diamètre : 113 cm ; épaisseur : 47 cm ; œillard : 9 x 9 cm).

[1]

Demandes d’autorisations d’installations de moulins sur "le ruisseau de la Micherie" (Arch. dép. de la Vendée : S 1266 ; dont plans : SS 1266/1/2/3/4/5/6).

 
[2]

Boutin (Hippolyte), Chronique paroissiale du Poiré-sur-Vie, 1907, p. 2. Cette Chronique, fait primer le nom de "Courtin" (ou "Cortin") sur les autres noms. C’est celui qu’utilisent depuis toujours les habitants des villages situés à proximité, telle Mme Marie-Josèphe Perrocheau, née Bossard en 1935, dont la famille est présente depuis plus de deux siècles et demi à "l’Audardière", le village du Poiré le plus près de ce ruisseau.

 
[3]

Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) de la Vie et du Jaunay, Etat des lieux - Documents, 2005.

 
[4]

Inventaire National du Patrimoine Naturel : 138 espèces de la Zone naturelle d'Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique de la vallée de "la Vie" et du "Courtin" ("ruisseau de la Micherie") entre la Chapelle-Palluau et le Poiré-sur-Vie (ZNIEFF - 520616297).

 
[5]

Espèces animales et végétales particulières dans la Vallée de la VIE et du COURTIN : "déterminantes", "autres", et "à statut réglementé" , 22 p. (ZNIEFF - 520616297).

 
[6]

Cf. Géoportail : https://www.geoportail.gouv.fr/carte

 
[7]

Verdon (Léon), Son Excellence Monseigneur Pierre-Marie Gendreau, évêque de Chrysopolis, vicaire apostolique de Hanoï…, 1935, 16 p., panégyrique.

 

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