Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Courtin (le)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Graphies connues

Cortin (le)


Nature(s) du lieu

Catégorie : Hydronymie continentale Masquer
Titre Image
  • Nature : Hydronymie continentale
  • Localisation : "Le Courtin" forme la limite entre les communes du Poiré-sur-Vie et d’Aizenay.

Données historiques

Histoire et archéologie

"Le Courtin" ou "Cortin" est un ruisseau qui forme la limite entre le Poiré et Aizenay. Son nom apparait dans les actes notariés anciens et dans la Chronique paroissiale du Poiré-sur-Vie, et il est utilisé depuis toujours par les familles habitant des villages situés à sa proximité, telle celle de Marie-Josèphe Perrocheau, née Bossard en 1935, qui est présente depuis plus de deux siècles et demi au village voisin de "l’Audardière". Cependant, les cartes, plus récentes, lui donnent les noms de "ruisseau de la Fosse des Brandes", de "ruisseau des Landes", de "ruisseau de la Guerlerie", de "ruisseau de la Micherie"[1].

Le sous-bassin versant du "Courtin" (ou "ruisseau dela Micherie")
parmi les autres sous-bassins du haut cours de
"la Vie"
(environ 15,70 x 13,25 km)[2].
En haut, le vallon du
"Le Courtin" en aval de "la Micherie",
et en bas, au niveau de
"l’Audardière".

Il est un affluent de gauche de "la Vie" dans laquelle il se jette dans les bas de "la Micherie" et de "la Moissandière". Il a une longueur d’environ 7,88 km, et prend, officiellement, sa source dans l’ancienne "Tasse aux Trois Curés" qui était le point de rencontre des paroisses du Poiré, de La Genétouze et d’Aizenay, et que le remembrement a fait disparaître.

Dans sa partie amont, son lit a été recalibré en 1995 et est encore localement bordé d’arbres.

Sa partie aval présente plus de pente et un environnement vallonné. Ses berges y ont conservé ou retrouvé un caractère ensauvagé. Ses versants, souvent boisés, sont fréquentés à l’occasion par des chevreuils et des sangliers, et s’élargissent à partir de la pêcherie de l’étang de "la Mégrière".

 

La vallée du "Courtin" faisant partie du bassin-versant de la vallée de la Vie est couverte par un "Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux" : le "SAGE" du bassin de la vallée de la Vie et du Jaunay. C’est l’un des huit couvrant la totalité de la Vendée, l’île d’Yeu mise à part (contre seulement un peu plus de 50 % pour l’ensemble de la France métropolitaine). Il a été démarré en 2004, et approuvé en 2011, pour la plus grande satisfaction des riverains, des pêcheurs du Poiré et d’ailleurs, et de tous ceux concernés par la protection des ressources en eau et de leurs différents usages. Pour la vallée du "Courtin", les préoccupations majeures sont la préservation de la qualité de l’eau, qui peut être fragilisée par certaines activités agricoles, et de celle des milieux naturels du fond de sa vallée et des coteaux proches du lit du ruisseau.

Les 476 ha de la Zone Naturelle d'Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique (Z.N.I.E.F.F.)
de la vallée de
"la Vie" et du "Courtin" (ou de "la Micherie")
entre la Chapelle-Palluau et le Poiré-sur-Vie.

 

L’Inventaire National du Patrimoine Naturel a défini dans ce secteur aval, une Zone Naturelle d'Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique le long de la vallée du Courtin et de la partie proche de la vallée la Vie. Cette Z.N.I.E.F.F. est de type II, c’est-à-dire recouvrant "des espaces qui intègrent des ensembles naturels fonctionnels et paysagers, possédant une cohésion élevée et plus riches que les milieux alentours". Ce qui a abouti à un inventaire des espèces et des habitats, mais qui n’a qu’une valeur informative.

La présence de 138 espèces remarquables y ont été relevée : 101 espèces végétales (95 plantes angiospermes, 6 fougères) et 37 espèces animales (5 mammifères, 10 insectes, 20 oiseaux, 1 poisson, 1 reptile). 35 espèces qualifiées de "déterminantes" et 103 espèces autres, dont 32 à statut réglementé[3].


Quelques espèces remarquables de la flore[3] présentes en 2017
sur la Zone Naturelle d'Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique
de la vallée du Courtin et de la Vie :
Asperge officinale (Asparagus officinalis), Herbe aux aulx (Alliaria petiolata),
Herbe à Robert (Geranium robertianum), Œil-de-perdrix (Lychnis flos-cuculi),
Racine-vierge (Bryonia cretica subsp.dioica), Petite lentille d'eau (Lemna minor),
Œnanthe aquatique (Œnanthe aquatica), Lierre terrestre (Glechoma hederacea),
Linaire commune (Linaria vulgaris).

Quelques espèces remarquables de la faune[3] présentes en 2017
sur la Zone Naturelle d'Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique
de la vallée du Courtin et de la Vie :
Bouvreuil pivoine (Pyrrhula pyrrhula), Campagnol amphibie (Arvicola sapidus),
Thècle du Bouleau (Thecla betulae), Huppe fasciée (Frangula dodonei),
Cordulie bronzée (Cordulia aenea), Genette commune (Genetta genetta),
Grand Capricorne (Cerambyx cerdo), Putois d'Europe / Furet (Mustela putorius),
Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio).

et, en diaporama, la totalité de cet inventaire floristique et faunistique[3] :

Cliquer ici pour ouvrir le diaporama - Cliquer ici pour fermer le diaporama

 

Autres mentions

En 1847-1850, Pierre Gendreau, mettant à profit la pente du "Courtin" en contrebas de son village de "la Micherie", décida d’édifier sur la rive gauche du ruisseau (c’est-à-dire sur la commune d’Aizenay). un moulin à eau connu sous le nom de "moulin de l’Aubier"[4]. Un barrage de 42 m de long, constitué par un "mur de garde" avec "déversoir" et "pertuis de décharge", créait un petit réservoir et un dénivelé de 1,35 m permettant de faire tourner sa roue. A la fin des années 1880, ce moulin et son terrain furent vendus 140 F, ce qui laisse entendre que son activité avait cessé, bien qu’il soit encore symbolisé sur les "cartes d’état-major, améliorée" de 1950.

Localisation des moulins à eau sur le "Courtin"[4]
(environ 2,7 x 2 km).

Plan (environ 108 x 75 m), en 1849, du projet de "moulin de l’Aubier"
en contrebas de "la Micherie".
avec des vues en 2017 : de son emplacement sur
"le Courtin",
et de quelques-uns de ses rares restes. 

 

En 1867-1869, Baptiste Gendreau, meunier du moulin à vent de "l’Audardière", projeta lui aussi d’installer un moulin à eau sur "le Courtin", toujours sur la rive gauche, c’est-à-dire sur la commune d’Aizenay, mais à faible distance de son village. Les plans furent levés en 1867, et en janvier 1869 il était achevé[5]. En 1880, ce "moulin du Pré franc" connut des aménagements, et en 1893, on le trouve équipé d’une machine à vapeur. Son existence a cependant dû être brève car en 2017 la mémoire locale n’en avait conservé aucun souvenir, et au début du XXIe siècle, il n’en restait plus guère de traces dans le ruisseau dont le cours a été un peu modifié.

Cependant, devant le "moulin à Elise" près du bourg du Poiré, se trouve une pierre cylindrique et trouée, possible tronçon de grosse colonne ou élément de meule de moulin (diamètre 113 cm, épaisseur 47 cm), qui pourrait provenir des contrebas de "la Bazerière", où était ce moulin[6].

Vue aérienne en 2014 et plan en 1867 (environ 200 x 120 m),
localisant le barrage du
"moulin à eau du Pré franc"
sur
"le Courtin", avec un dessin en 1867 de ses vannes et de son déversoir ;
et en 2017, une vue du ruisseau à l’emplacement du moulin.

 

Sources et références

(sauf mention contraire, les illustrations sont dues à M. Mignet)

[1]

Le nom de "Courtin" (ou "Cortin") prime sur les autres noms qui lui ont été donnés par ceux qui levèrent le premier cadastre, et qui ont été repris ensuite sur les cartes (ils sont énumérés ici d’amont en aval). Et c’est effectivement le nom de "Courtin" que l’on trouve dans les actes notariés anciens ainsi que dans la Chronique paroissiale du Poiré-sur-Vie (Hippolyte Boutin, 1901, p. 2) ; ils reprennent le nom utilisé depuis toujours par les habitants des villages situés à proximité de ce ruisseau : "l’Audardière", "la Bazerière", "la Micherie", etc.

 
[2]

Carte provenant de "l’Etat des lieux - Documents", du Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) de la Vie et du Jaunay, 2005.

 
[3]

Cf. la liste des 138 espèces animales et végétales particulières "déterminantes", "autres" et "à statut réglementé" inventoriées dans la Zone naturelle d'Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique de la vallée de "la Vie" au Poiré-sur-Vie. Les photos illustrant chacune de ces espèces, contrairement à celles des autres notices toponymiques du Poiré ou de Montaigu, proviennent d’origines diverses et sont, a priori, libres de droits d’auteur.

 
[4]

Cf. la "carte d’état-major améliorée", en ligne sur Géoportail, le site de l’Institut Géographique National. Elle est globalement datée de 1950, mais ses mises à jour effectuées que de très loin en très loin donnent une fiabilité que très relative à cette datation. 

 
[5]

Demandes d’autorisations d’installations de moulins sur "le ruisseau de la Micherie" en 1849 et en 1867, dans le dossier des constructions, modifications et démolitions de moulins (Arch. dép. de la Vendée : S 1266 ; dont plans : SS 1266/1/2/3/4/5/6).
Un des petits-fils du fondateur du "
moulin de l’Aubier", Pierre Gendreau de "la Micherie", est resté dans les mémoires locales. Pierre-Marie Gendreau, né en 1850 dans ce même village, partit en 1873 comme prêtre missionnaire pour le Tonkin, et en 1887, il y sera nommé évêque de Hanoï, ville où il mourra en 1935… Une rue porte son nom à Aizenay et il est représenté sur un des vitraux de l’église des Lucs.

 
[6]

Pierre aux origines incertaines, mais qui pourrait provenir de l’ancien "moulin à eau du Pré franc" près de "l’Audardière", et qui se trouvait en 2019 devant l’ancien "moulin à Elise" :

(diamètre : 113 cm ; épaisseur : 47 cm ; trou : 9 x 9 cm)

 

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