Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Delahet (rue du commandant Maxime)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Voie de communication (rue) Masquer
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  • Nature : Voie de communication (rue)
  • Localisation : La "rue du commandant Maxime Delahet" est une rue en impasse située entre la "rue de Barbecane" et la "rue de Bel-Air".
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : Section B
    • Coordonnées cadastrales modernes : Section AH

Données historiques

Histoire et archéologie

Le commandant Maxime Delahet est né à Paris en 1867. Il entra à l’École navale en 1884, et ne quittera la Marine nationale qu’en 1924. Pendant 37 ans, il servit sur toutes les mers du globe, de l’océan Pacifique à l’océan Indien et de l’Atlantique à la Méditerranée, successivement sur l’Iphigénie, le Decrès, la Dévastation, l’Eure, l’Amiral Baudin, la Manche, le Latouche-Tréville, la Vire, l’Iéna, le Duguay-Trouin, l’Elan, le Gaulois, le Suffren, le Pierrier (son titre de commandant de ce contre-torpilleur, resta par la suite attaché à son nom), le Fanion, le Saint-Louis

Le début de la Première Guerre mondiale le trouva en poste sur le cuirassé Voltaire. Commandant à partir de novembre 1915 du contre-torpilleur le Sabre, il devint le chef, le plus souvent en mer, de la 10e escadrille de torpilleurs en Méditerranée orientale. En 1919, il assura jusqu’à sa fermeture le commandement de la base que la Marine française avait à Salonique, alors plaque tournante vers les Balkans, Constantinople, les ports de la Mer Noire, voire vers ceux du Levant. Ses mérites et ses états de service auprès des pays de la région qui étaient alliés à la France lui valurent de recevoir diverses décorations et distinctions étrangères. Fin 1923, il fut admis à prendre une retraite qui devint définitive en 1927[1].

C’est en 1909, en se mariant avec Alice Thiériot (1874-1963), qu’il était en quelque sorte devenu montacutain. Cependant, il n’y élut définitivement domicile qu’en 1922, et ne s’installa à "la Caillauderie", la demeure familiale de son épouse, que cinq ans plus tard.

Président de l’Union Nationale des Combattants de Montaigu et conseiller municipal depuis plusieurs mandatures, il fut élu maire en 1935. Il a laissé à Montaigu, une réputation unanime "de grandes rigueur et droiture" qui a tranché, semble-t-il, avec le comportement des municipalités antérieures, en considérant tous ses administrés sur un pied d’égalité quels que soient leurs bords politiques[2]. En 1940, profondément affecté par l’occupation allemande, il voulut mais ne put s’opposer à ce qu’un drapeau nazi flottât sur la mairie et l’année suivante, bien que restant membre du conseil municipal, il ne se représenta pas pour les fonctions de maire. En 1943, il abrita sous son toit son petit-neveu Jacques Chaigneau (1923-1944) qui, agent de renseignement de la France Libre, venait d’être parachuté en Vendée. Celui-ci sera arrêté quelques mois plus tard à Paris, et mourra fusillé à Buchenwald en octobre 1944[3]. Maxime Delahet mourut à Montaigu en 1955.

Les élections municipales de 1935 avaient marqué une rupture dans la vie politique locale, l’opposition l’ayant, cette année-là, emporté pour la première fois depuis 121 ans à Montaigu[4]. Ce fut le résultat à la fois d’une montée continue des voix en sa faveur depuis 1919, de la présence d’une troisième liste, et de la disparition de l’ancien maire Joseph Gaillard (1863-1934) et des fortes pressions économiques qu’il exerçait sur une partie de l’électorat[2].

En 1964, l’élection d’Henri Joyau et l’accession de nouvelles catégories socio-professionnelles à la tête de la commune marqueront une nouvelle rupture dans la vie municipale, et permettront enfin une coopération active avec les communes voisines[5].

Autres mentions

A proximité de la "rue du commandant Maxime Delahet" se trouve "l'impasse Alice Delahet", du nom de son épouse, née Thiériot, et située sur le tracé de l’ancien "chemin de la Minière" qui conduisait du "faubourg Saint-Jacques" à la "fontaine Poupeline"[6]. Les terres du quartier desservi par cette "rue du commandant Maxime Delahet" et rues voisines faisaient partie autrefois de "la Caillauderie", propriété de la famille Thiériot[7].

Quand en 1949 fut créée la section de Montaigu de la F.A.M.M.A.C. (Fédération des Associations de Marins et Marins Anciens Combattants), qui y a compté à une époque plus de 70 adhérents, on demanda à Maxime Delahet d’en être le président d’honneur. La participation à ses activités fut l’occasion pour lui de montrer un sens de l’humour et de la camaraderie que peu lui connaissaient[8].

Illustrations

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Les résultats des très disputées élections municipales de 1935
qui aboutiront à l’élection de Maxime Delahet comme maire de Montaigu :
les voix de la liste de la majorité sortante,
les voix de la liste S.F.I.O.
et les voix de la liste d’opposition,
cette dernière, avec 12 élus sur 16, devenant la nouvelle majorité.

[1]

On connait la carrière et la vie de Maxime Delahet par les Archives du Ministère de la Marine (CC7-4e Moderne, dossier 313/9) et par le journal qu’il tint sa vie durant (archives familiales).

 
[2]

Entretiens en 2012 avec Denise Favreau-Bourquie (1920-2015), et en 2013 avec Marie Tourancheau et autres personnes nées à Montaigu et y ayant vécu à cette époque.

 
[3]

Coutaud (André), "Montaigu traversé par la Résistance", in Recherches vendéennes, n°11, 2004, p. 292 à 303. 

 
[4]

les Élus du siècle, exposition au château des Rochettes, 2000. 

 
[5]

Entretien en 2012 avec Louis-Joseph Douillard, conseiller municipal de 1964 à 1994. 

 
[6]

Fonds Dugast-Matifeux, Documents antérieurs à la Révolution, n°169 : aveu rendu le 5 avril 1639.

 
[7]

Entretiens en 2013 avec Pascale Toussaint, petite fille du commandant Maxime Delahet.

 
[8]

Entretiens en 2015 avec Michel Piveteau, membre de la FAMMAC depuis les années 1950.

 

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