Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Désert (le)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
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  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village
  • Localisation : "Le Désert" se situait à 8,5 km à l’est du centre-bourg du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : section D, 1re feuille (cadastre du Poiré)
    • Coordonnées cadastrales modernes : section ZS (cadastre de Belleville)

Données historiques

Histoire et archéologie

Avant 1850, "le Désert", désormais disparu, était un village situé près de la route qui, passant par le bourg de Belleville, va du Poiré à Dompierre, se trouvant sur le Poiré mais près de sa limite avec Dompierre et Saligny. Il était dans la mouvance des villages de "Lande blanche", de "la Grouillère" et de leurs tuileries. En 1850 il a, comme ceux-ci, été détaché de la commune du Poiré pour être intégré à celle de Belleville[1].

"Le Désert" en 1836, aux confins des communes du Poiré,
de Saligny et de Dompierre en 1836 :
- sa localisation près d’une zone de landes dans les années
1766-1768 sur la carte de Cassini
(feuille n°132 - les Sables-d’Olonne),
- sa localisation sur le cadastre de 1836 du Poiré,  
- son ancien emplacement sur une vue aérienne en 2013
(environ 400 m x 400 m)


Au milieu du XVIIIe siècle sur la carte de Cassini, "le Désert" est, de façon indicative, localisé sur les marges d’une zone de landes qui pourrait avoir été à l’origine de son nom.

Il a compté au maximum une quinzaine d’habitants, formant des familles aux métiers modestes : les recensements de 1836 à 1911 y signalent des cultivateurs, des journaliers, des chaumiers (tuiliers), des charbonniers, des cercliers (de barriques), des domestiques[2].

Sa situation isolée et le niveau de vie limité d’une population en décroissance au fil des ans ont pu être les causes de sa disparition. Ses quelques derniers restes ont été démolis et dispersés dans les années 1960[3].

Autres mentions

Le village du "Désert" a été concerné par une anecdote liée aux Guerres de Vendée, et qui en 1949 inspirera le roman La Mieux-Aimée, amazone de Charette, de Joseph Rouillé. Porté au grand écran par André Mallard avec des participants du Poiré, il fut primé au Festival international de Monaco de 1961...

On y parle de Joseph Thomazeau et de Marie-Adélaïde La Rochefoucaud, arrêtés au "Désert" en janvier 1794 par des soldats révolutionnaires. Amenés aux Sables, ils furent condamnés à mort par la Commission militaire locale le 24 janvier 1794 (5 pluviôse an II) à 11h 30, et exécutés quatre heures plus tard. Dans cette commission siégeait Joseph Tireau, ex-juge du Poiré qui, au cours de son séjour aux Sables envoya par dizaines des personnes à la mort.

Le terme "amazone" est plus qu’excessif pour qualifier "les fort peu nombreuses femmes qui participèrent à des combats aux côtés des gars de Charette", ainsi que le rapportent ceux qui en furent à cette époque[4]. Il en est de même pour la légende des bals, banquets et autres "festivités" prétendument courants autour de Charette. La "Croix de Saint-Louis" brodée offerte par Charette le jeudi 5 février 1795 à Osmane Guerry de Beauregard lors de son mariage avec un de ses officiers, témoigne d’une modestie des plus spartiates imposée par les circonstances. Ceci tout autant que l’ampleur du "festin" dont bénéficia Brumauld de Beauregard lorsqu’après avoir débarqué près de Saint-Jean-de-Monts, il vint rencontrer Charette à Belleville à la mi-juillet 1795 :

"En revenant de Saint-Laurent, je passai chez le général de Charette, et je dînai avec lui. Nous étions assis sur des bancs de bois ; le repas, très pauvre, très pauvrement servi, se composait de deux plats. Seulement le chef vendéen avait reçu une bouteille de vin de Bordeaux que nous bûmes dans de petits pots de terre, à la santé du Roi : nous étions six personnes à ce festin."[5]

"Croix de Saint-Louis du Chevalier de Charette, Général des armées vendéennes,
donnée par lui à Osmane Guerry de Beauregard".
(diamètre environ 8 cm, reproduite avec l’autorisation de ses descendants
)


La vie de Marie-Adélaïde La Rochefoucaud, est mal connue, tout comme sa triste fin. Cela a permis, pour le plus grand profit des romanciers, d’en faire des relations variées et hasardeuses[6]. Comme pour bien des récits concernant Charette de près ou de loin, l’Histoire a du mal à y retrouver les siens, mais par contre la légende de celui-ci s’en trouve confortée. 

 

Sources et références

(sauf mention contraire, les illustrations sont dues à M. Mignet)

[1]

Plans, états de sections et matrices des propriétaires du cadastre de 1836 du Poiré (Arch. dép. de la Vendée : 3P 178). 

 
[2]

Recensements de la population de 1836 à 1911 (Arch. dép. de la Vendée : 3M 280 et 6M 54).

 
[3]

Entretiens en 2017 avec Irène et Michel Roy, nés non loin du "Désert" autour de 1940.

 
[4]

Cf. Lucas Championnière (P.-S.), Mémoires de la Guerre de Vendée (1793-1796), éd. 1994, p. 180. 

 
[5]

Brumauld de Beauregard (Jean), Mémoires de Mgr de Beauregard, tome 1, p. 78.

 
[6]

Cf. Lenôtre (Georges), journal  Le Temps, n° 16 985, 25 décembre 1907.

 

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