Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Du Chaffault (rue amiral Louis-Charles)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Voie de communication (rue) Masquer
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  • Nature : Voie de communication (rue)
  • Localisation : La "rue amiral Louis-Charles Du Chaffault" est formée du début de la route allant vers Cholet, de la place de la République à la rue Saint-Pierre.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales modernes : Section AE

Données historiques

Histoire et archéologie

La rue qui a pour nom "amiral Louis-Charles Du Chaffault" correspond à une partie de la "route stratégique n°7" allant de Cholet à Saint-Jean-de-Monts en passant par Montaigu et Challans, dont la construction fut décidée en 1833 par Louis-Philippe, suite à l’inquiétude suscitée l’année précédente par le passage de la duchesse de Berry dans la région.

Les Du Chaffault étaient une ancienne famille originaire du comté de Nantes, et qui avait fait partie du proche entourage des derniers Ducs de Bretagne[1]. Louis-Charles Du Chaffault, né à Nantes en 1708, servit dans la marine de 1725 à 1780. Devenu capitaine de vaisseau, il participa à la Guerre de Sept ans (1756-1763) puis, comme chef d’escadre, à des opérations au Maroc (1765). Enfin, il s’illustra comme amiral au début de la Guerre d’Indépendance des Etats-Unis (1776-1783). Après avoir été gravement blessé en 1778 lors de la bataille d’Ouessant, il se retira sur ses terres de Melay, près de Montaigu où le prestige de ses faits d’armes était grand[2]. Il se consacra alors à la mise en valeur de ses importants domaines[3], dans l’esprit des physiocrates de l’époque qui comptaient des émules dans la région[4].

Pendant la Révolution, il fut arrêté et, avec de nombreux Montacutains, il connut les prisons de Nantes. En juin 1794, il y mourut misérablement, comme beaucoup d’autres.

Cependant, avant d’être emprisonné, il avait mis une une partie de sa fortune en sûreté dans quatre ou cinq caches dispersées autour de son château de Melay, sur la Guyonnière[5]. Deux siècles plus tard, en 1993, la nouvelle de la découverte d’une partie de son "trésor" a fait grand bruit. Il s’agissait de 1732 pièces d’or (environ 15 kg) trouvées enterrées dans les vestiges d’un coffret en bois, à une profondeur 70 cm, en bordure du croisement de l’allée de Melay et de la route allant de Montaigu à Tiffauges à l’époque. Vendu aux enchères, il fut à l’origine d’un procès avec appel, intéressant pour ses spéciosités juridiques, entre les "inventeurs du trésor" et les désormais lointains descendants de la famille Du Chaffault.

Au moins deux autres de ces caches avaient déjà été trouvées précédemment. En 1824, l’une d’elles, dans un reste de vieux mur, contenait un nombre de pièces d’or semblant équivalant au trésor de 1993, ainsi que la croix de Saint-Louis et l’épée de l’amiral ; cette fortune soudainement obtenue ne porta pas chance, dit-on, à son bénéficiaire, Jacques Vachon (1794-1824) de la Robinière, qui alla la gaspiller en excès de tous genres à Nantes, tant et si bien qu’au bout de quelques mois il en mourut.

Dans les années 1890, une cache aurait aussi été trouvée vers la Petite-Barillère, près d’une petite carrière (AO 429-430) le long de la route de Montaigu à Melay. Son découvreur, qui était chantre à Montaigu, était d’une honnêteté scrupuleuse. Il le déposa auprès de la maréchaussée pour qu’il fût rendu à ses légitimes propriétaires. Transmis aux autorités supérieures, il s’y serait évaporé[6], un cas loin d’être unique.

A l’exception de sa modeste chapelle, la Révolution ne laissa que des ruines, aujourd’hui disparues, du château de l’héroïque et glorieux amiral, à Melay de la Guyonnière ; cependant il se pourrait qu’il restât encore dans ses environs un ou deux autres "trésors" à découvrir !

Quant à la demeure que l’amiral possédait, à l’angle de la rue Noire et de la rue de Tiffauges dans la "vieille ville" de Montaigu, elle fut incendiée[7] en septembre-octobre 1793 par les troupes chargées de la répression dans la région, et vendue ensuite comme bien national

Autres mentions

Dans les années 2000, à proximité de l’église de Montaigu, le conservatoire de musique "amiral Du Chaffault", a succédé à l’école du même nom qui avait été bâtie en cet endroit en 1895, à l’initiative et sur les plans de Paul de Suyrot, arrière-arrière-petit-fils de l’amiral[8]. Une statue de ce dernier (hauteur : 1,70 m) en orne la façade.

Un immeuble résidentiel contemporain porte aussi ce même nom sur le cours Michel Ragon.

Illustrations

montaigu_du_chaffault_louis_charles_2.jpg

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L’amiral Louis-Charles Du Chaffault (1708-1794) lors de la guerre d’Indépendance d’Amérique
le 27 juillet 1778 à la bataille d’Ouessant, où le rôle de son "
escadre blanche et bleue" fut décisif
(huile sur toile, Théodore Gudin, 1848, musée de Versailles),
et sur la façade de l’école puis du conservatoire de musique "
amiral Du Chaffault", à Montaigu.

[1]

Beauchet-Filleau (Eugène), Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, 1891, t. 2, p. 201 à 205.

 
[2]

Montaigu et ses marins, exposition à Montaigu, mai 2008.

 
[3]

Dugast-Matifeux (Charles), Du Chaffault, marin-laboureur, 1881-1890 (Arch. dép. de la Vendée : BIB 2482).

 
[4]

Cavoleau (Jean-Alexandre), Description du département de la Vendée, 1re édition, 1818, p. 177.

 
[5]

L’amiral laissa un relevé de ses caches, écrit à l’encre sympathique dans un carnet de prières. Ses héritiers ne le découvrirent que des générations plus tard… et ils ne le prirent pas au sérieux !

 
[6]

Entretiens en 2013 avec des membres de la famille de "l’inventeur du trésor" de 1993, et avec François et Bruno de La Roche Saint-André, descendants de l’amiral Du Chaffault. Entretiens en 2015 avec Claude Vachon, apparenté à l’infortuné "inventeur du trésor" de 1824, ainsi qu’avec un des arrière-petits-fils de "l’inventeur du trésor" des années 1890.

 
[7]

Documents notariaux privés.

 
[8]

Morel (B.), 1895-1995, cent ans à l'école Du Chaffault de Montaigu, 1995, p. 19 à 21.

 

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