Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

Espace contributeur

Identifiez vous - Pour en savoir plus

Résultat

imprimer la notice complète

Poiré-sur-Vie, Le > Ebrière (l')

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
Titre Image
  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village
  • Localisation : "L’Ébrière" est un village aujourd’hui disparu, qui se situait à environ 4 km à l’ouest du bourg du Poiré-sur-Vie, le long de la route qui mène à "la Micherie".
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : Section H, 2e feuille.
    • Coordonnées cadastrales moderne : Section OS.

Données historiques

Histoire et archéologie

Le nom du village de "l’Ébrière" se disait autrefois "l’Ébrayère", si l’on en croit les textes d’avant 1800[1].

En 1836, sur les 22 bâtiments qui y subsistaient, 18 étaient en ruine. Contrairement aux villages voisins, il ne se relèvera pas de ces destructions causées par le passage des troupes républicaines qui entre fin 1793 et début 1796 ravagèrent la contrée[2]. En 1836, seules y vivaient deux sœurs, journalières, Louise et Jeanne Cantin, et Jean le tout jeune fils de cette dernière. Dans les années suivantes, "l’Ébrière" n’abrita plus que quelques modestes journaliers, avant d’être abandonnée entre 1861 et 1866[3].


"L’Ebrière", ou "Ebrayère", sur le cadastre de 1836 (environ 205 x 140 m)[4] :
en rose, les bâtiments imposables,
en jaune les
"masures", bâtiments non-imposables car étant en ruine ;
ainsi que la localisation de ses derniers vestiges[5]
Le positionnement de
"l’Ebrayère" sur la carte de l’IGN,
avant les regroupements parcellaires des années 1990 (environ 1400 x 720 m)
.

En 2016, les restes de la partie haute du village avaient quasiment totalement disparu, y compris les traces de son ancien parcellaire au cours des années 1990. Ceux de la partie basse étaient quant à eux recouverts par une abondante végétation sous laquelle se devinaient des vestiges de bases de murs, et l’entrée d’un souterrain dont l’existence était restée dans les mémoires[5].

A la même date, cette dernière partie de l’ancienne "Ébrayère" était partiellement occupée par un étang d’une cinquantaine de mètres de long, créé en 1963 sur l’emplacement d’un filet d’eau issu d’une petite mare voisine, et entouré d’un agréable environnement boisé[5].

Autres mentions

Entre 1793 et 1795, Pierre Potier, qui était métayer à "l’Ébrayère", soutint activement l’insurrection, en lui fournissant en mai 1793, en décembre 1794, puis en janvier et février 1795, deux bœufs, un mouton, une charretée de foin et une de la paille, contre des "bons", sorte de reconnaissances de dettes qui ne pourront jamais lui être remboursées[1].

Proche de "l’Ébrière", le lieu-dit le "Bas Boulat", a la réputation localement d’avoir été habité plus anciennement, les labours y faisant remonter en surface des pierres d’aspects inhabituels[5].

[1]

Cahier des réquisitions de l’armée catholique et royale dans la paroisse du Poiré (Bibl. mun. de La Roche-sur-Yon : ms 19) ; voir aussi Lorvoire (Jean-Claude), "les Réquisitions de l’armée catholique et royale dans la paroisse du Poiré-sur-Vie", in Recherches vendéennes, n° 3, 1996, p. 257-299.

 
[2]

Mémoire familiale des Bossard, du village voisin de "l’Audardière" : "on s’est battu au Grand Brégeon, un champ qui était au coude du chemin allant de l’Audardière à l’Ébrière" (46° 45' 45" N, 1° 33' 48" O, parcelle H 1698, dite aussi "la Grande Brégeonnée"), recueillie en 2016, de Madame Perrocheau, née Marie-Josèphe Bossard en 1935 à "l’Audardière", où ses ancêtres vivaient déjà à cette époque. Cf. aussi sur les ravages et massacres causés par les troupes républicaines sur le Poiré : Manuscrits de Collinet (1788-1804), éd. du C.V.R.H., 2003, p. 183 (23 nov. 1793), p. 197 (3 janv. 1794), p. 210 (9 et 12 févr. 1794), p. 291 (16 août 1794)… ainsi que l’état de la commune dressé, le 5 floréal de l’an V (24 avril 1797), par la municipalité cantonale nommée à l’époque par le pouvoir central afin de contrrôler la population locale (Arch. dép. de la Vendée : L 1238), et, de Boutin (Hippolyte), Chronique paroissiale d’Aizenay, 1907, p. 288 à 294. 

 
[3]

Listes nominatives des recensements de 1836 (Arch. dép. de la Vendée : 6 M 280, année 1836, vue 13), et 1841, 1846, 1851, 1856, 1861, 1866. 

 
[4]

Extrait du plan cadastral de 1836 du Poiré-sur-Vie (Arch. dép. de la Vendée : 3P 178 CE 028). 

 
[5]

Témoignages : vers 1984 de Moïse Cailleteau (ayant vécu jusqu’au milieu des années 1960 à "la Micherie") recueilli par Eugène-Marie Vincent ; en 2016 de Luc Perrocheau (né en 1957 à "l’Audardière") ; en 2017 de Paul Blé (né en 1948), agriculteur à "la Blanchère"…

 

Nous écrire