Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Espérance (l’)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Graphies connues

Erondes (les)


Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
Titre Image
  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village
  • Localisation : "L’Espérance" se situe à un petit kilomètre au sud-ouest du centre-bourg du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : section G, 3e feuille
    • Coordonnées cadastrales modernes : section ON

Données historiques

Histoire et archéologie

Le village de "l’Espérance" était formé jusqu’aux dernières années du XXe siècle d’une unique ferme avec sa maison d’habitation et ses bâtiments d’exploitation. Elle avait été créée en 1872 (sa grange-étable datant de 1904) par la famille Tenailleau, de "Sainte-Marie", sur un secteur de la commune longtemps resté en landes. C’est pour cette raison qu’elle était aussi appelée "les Érondes"[1], mais ses fondateurs préférèrent lui donner un nom à connotation plus positive, et religieux[2]. Ces terres dépendaient en bonne partie antérieurement d’une métairie de "la Jamonière", une des propriétés d’André-Philippe Tireau qui, issu d’une famille nantie du Poiré, avait été un grand bénéficiaire de la Révolution[3].

En 1950 et en 2014, "l’Espérance"
avant et après s’être fait avaler par la marée des lotissements
causée par la croissance démographique de la commune
( © Géoportail, environ 350 x 250 m ).
La maison d’habitation et l’ancienne grange-étable de
"l’Espérance" en 2019.


Les 34 ha de "l’Espérance" furent exploités pendant environ 120 ans successivement par les familles Guillet, Garnier, Martineau, Favrou, Blé, Mercier, passant du métayage au fermage à la fin des années 1950. La proximité du bourg du Poiré fit que lorsque le dernier de ses exploitants prit sa retraite en 2005, une bonne partie des terres furent préemptées comme constructibles, et le siège de l’exploitation dut se déplacer, formant un peu plus loin sur le chemin du "Printemps" et de "l’Hiver", un nouveau village : "l’Été"[2].

Vers 1960, une "hache en pierre polie" en dolérite a été trouvée "en sarclant les lisettes, près du gardour du champ des érondes" tout proche de "l’Espérance"[1]. Une découverte pouvant être mise en rapport avec des traces d’enclos présumés néolithiques (à dater depuis 4000 ans) près du "Plessis" et de "la Providence"[4], ainsi qu’avec quelques autres "haches en pierre polie" trouvées dans le voisinage, à "Saint-Louis", à "la Rételière", au "Fief"…

La pierre polie trouvée vers 1960 dans le champ des Érondes
à gauche, photographiée en 2017,
et, à droite, dessinée vers 1980 par Eugène-Marie Vincent
( 11,2 x 4,2 x 2,4 cm ).

 

Autres mentions

Le 5 mars 2020, a été un jour marquant pour le Poiré, celui du centième anniversaire de Lucienne Blé, de "l’Espérance", très connue sur la commune étant issue d’une famille de dix enfants, et en ayant elle-même eu douze. Ceux-ci étaient là pour fêter l’événement, ainsi qu’une centaine de parents, amis et anciens voisins, y compris Madame le maire.

Toujours très alerte, lisant plusieurs livres chaque semaine et quotidiennement le journal… à la question posée par un journaliste venu s’entretenir avec elle : "Avez-vous passé toute votre vie au Poiré ?", l’héroïne du jour répondit : "Pas encore !"[5]

Sources et références

(sauf mention contraire, les illustrations sont dues à M. Mignet)

[1]

Entretiens en 2017 avec Paul Blé, qui trouva la "hache en pierre polie" dans le "champ des érondes". Pour ceux qui ignoreraient le parler local, se reporter aux dictionnaires spécialisés, tels que le Dictionnaire français › poitevin-saintongeais, poetevin-séntunjhaes › françaes de Vianney Pivetea, ou, mieux pour le Poiré, les communes voisines et celles du nord-est de la Vendée, le Glossaire étymologique et historique des patois et des parlers de l'Anjou (t. 1 : A-L ; t. 2 : M-Z), d’Anatole-Joseph Verrier et de René Onillon :

"érondes" : ronces ;
"gardour" : mare utilisée comme lavoir pour rincer le linge ;
"lisettes" : betteraves fourragères.

 
[2]

Entretiens en 2017 avec Lucienne Blé et avec Paul Mercier, anciens agriculteurs successifs de "l’Espérance".

 
[3]

Soutien et faisant partie des nouveaux privilégiés qui avaient pris le pouvoir à la faveur des changements politiques de l’époque, André-Philippe Tireau avait grâce à cela pu arrondir sa fortune par des acquisitions de Biens nationaux. Ainsi en 1836 et sur la seule commune du Poiré, ses héritiers possédaient désormais plus de 360 hectares (Arch. dép. de la Vendée : registres cadastraux de 1836 du Poiré, 3 P 2039 ; et adjudications des Biens nationaux, 1 Q 238 à 244).

 
[4]

Consultations du Groupe Vendéen d’Etudes Préhistoriques en 2017. 

 
[5]

"Lucienne Blé : une pétillante centenaire" (Ouest-France, jeudi 5 mars 2020).

 

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