Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Champagné-les-Marais > Farcin (le)

Graphies connues

Forcin (début XXe s.) source : D'après Bocquier, ce serait "le nom employé par les gens du pays".


Nature(s) du lieu

Catégorie : Siège d'exploitation agricole Masquer
  • Nature : Siège d'exploitation agricole
    Précision sur la nature du lieu : ferme
  • Coordonnées
    • Coordonnées LAMBERT : 332-2163

Données historiques

Histoire et archéologie

La cabane du Farcin est située dans le marais de la Vacherie, qui s'étend sur les paroisses de Luçon et Champagné[1]. Elles appartenait probablement au fief de la Coudraye qui était la propriété de Denis de Sallo, mort en 1669[2]; son fils, après avoir renoncé à sa succession, racheta la Coudraye en 1689 ; après son décès, cette terre est donc considérée comme un acquêt et passe à son frère utérin Jean-Baptiste-Philippe de Loynes, petit-fils de Julius de Loynes, comme, par exemple la Grand-Loge (Champagné) et les cabanes du Pont-à-Didot, et de la Vacherie (paroisse de Luçon).

En 1752, le Farcin est affermé par le deuxième marquis de la Coudraye pour 7 ans à Mathurin Boutin et Anne Delavaud : 850 livres, en même temps que le carré de marais appelé le Clos-Joubert[3] : 200 livres. Pour la cabane, les menus suffrages sont de 9 livres en argent, 25 livres de beurre, 4 dindons et 6 fromages ; pour le carré de marais : 3 livres en argent[4]. Les conditions du fermage sont les mêmes que celles de la Grande-Loge ; on peut donc supposer que le Farcin a une superficie à peu près identique : environ 150 arpents de marais (une cinquantaine d'hectares), soit la taille initiale des cabanes au moment de la création du Marais de Champagné.

La cabane est vendue avec "trois pièces de marais" en 1765, l'ensemble : 34 000 livres[5], par le marquis de la Coudraye à Jean-Antoine Carré des Varennes[6]. Elle est ainsi baillée, au nom de ses trois enfants mineurs, à Nicolas Benotteau et Marie Boilleau, le preneur devant payer la contribution foncière et la contribution du Marais ; mais il n'est plus mention de menus suffrages ; la cabane et une pièce proche, "la russonnée de la Coudraye"[7] qui "avoisine le canal de la Vergne", sont baillées pour 1000 francs par chacune des cinq années[8]. Puis elle est revendue : les bâtiments et une grande partie des terres appartiennent aux "héritiers Delagroix" lors de l'établissement du cadastre primitif vers 1834[9].

Sources et références

Notice historique par Ph. Moreau (avril 2021, sept. 2021)

[1]

René Riou, Les marais desséchés du Bas-Poitou, Paris, 1907, réédition numérique, Editions des régionalismes, 2020, pages 61-62 ; pour un plan, voir les pages 200-201. Riou mentionne un acte de société du 22 août 1658 établi à l'instigation de Gabriel des Villates, qui concernerait environ 1900 ha.

 
[2]

"[...] Le dit sieur son père [Denis de Sallo] étant propriétaire de la terre de la Coudraye en Luçon dont les marais appelés la Vacherie en ladite paroisse de Luçon font partie, lesquels étaient en pacage qu'il affermait sans [...] aucun droit de dîme [...]" avant le dessèchement. Arch.dép.Vendée, minutier de Luçon, 3 E 49 9, Simon Bourdeau 1690-1691, acte d'assemblée au sujet des dîmes novales dans le marais de la Vacherie, 2 avril 1690, vues 88-98/623.

 
[3]

Le Clos ou Cloui-Joubert est situé au sud-est du bourg.

 
[4]

Il s'agit d'un renouvellement de bail pour la cabane puisque les preneurs y sont installés. Jean-Baptiste de Loynes, marquis de la Coudraye, gouverneur des château et ville de Fontenay, a donné une procuration à son épouse, Henriette-Rose-Suzanne Barraud, qui demeure en la "maison noble" des Moullières à L'Hermenault. Arch. dép. Vendée, minutier de Luçon, 3 E 49 43, Ranfray 1752-53, 15 juillet 1752, vues 170-171/571.

 
[5]

par acte passé devant Delavergne, notaire à La Rochelle le 27 novembre 1765 ; Arch. dép. Vendée, Contrôle des actes et insinuations, Bureau de Luçon, table des actes translatifs (dans "Instruments de recherche"), 2 C 572, vue 5/40.

 
[6]

Les frères Carré possèdent en indivis une sucrerie à Saint-Domingue ; ils convertissent l'argent du sucre en offices anoblissants (conseiller secrétaire du roi...) et en terres proches de La Rochelle, comme celle de Sainte-Gemme achetée en 1765 par Jean-Antoine Carré 102 000 livres, ou ces pièces de marais à Champagné ; d'après G. Debien, "Le Club des colons de La Rochelle (septembre 1789-octobre 1790)", in: Revue d'histoire des colonies, tome 43, n°152-153, 1956. pp. 338-368. en ligne : https://www.persee.fr/doc/outre_0399-1385_1956_num_43_152_1263; et, pour les achats, table des actes translatifs du bureau de Luçon

 
[7]

Ranjonnerie, Ranjonneries ou Rajonneries :  ce pourrait-être les Russonneries (qui viendrait de russons, rigoles creusées dans les relais de mer). Les Russonneries sont mentionnées dans un procès-verbal de visite des domaines de la seigneurie de Champagné affermée par Henri-Elie des Villattes à François Gillois, de 1704. Voir Arch. dép. Vendée, 3 E 53 22-6, minutes Guillaume Ragot, Années 1701-1704, vues 270-289

 

 
[8]

Arch. dép. Vendée, minutier de Luçon, 3 E 49 130, Chauveau an VI-an VII, 21 fructidor an VI, vues 171-175/430.

 
[9]

Nommée par erreur "la Chapitrie" sur la plan de la section A ( la "vraie" Chapitrie figure sur le même plan), mais bien Le Farcin dans les tableaux indicatifs. Pas de trace de la "Ranjonnée de la Coudraye" (voir note 8) ;  Arch. dép. Vendée, cadastre primitif de Champagné-les-Marais, section A et tableaux indicatifs, vues 2/265.

 

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