Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Favreau (rue Michel)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Voie de communication (rue) Masquer
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  • Nature : Voie de communication (rue)
  • Localisation : La "rue Michel Favreau" est située au nord du "Champ de Foire", entre la "rue des Essarts" et la "rue Jeanne-d'Arc".
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales modernes : Section AD

Données historiques

Histoire et archéologie

Michel Favreau est né en 1922 à Montaigu. Ses ancêtres, meuniers du côté de Montbert, avaient pris part à l’insurrection vendéenne en leur temps, et certains y perdirent la vie ; ce qui constituait évidemment un motif de fierté dans la famille. En 1858, les Favreau s’installèrent à Montaigu pour y exercer leur activité de ciriers (fabricants de cierges). Jean Favreau (1883-1939), le père de Michel, officier au 137e R. I. durant la Première Guerre mondiale, cinq fois blessé, reprit en 1919 la profession familiale. Il sera conseiller municipal de Montaigu de 1925 à 1939, année de sa mort. Un de ses oncles, Donatien Favreau, navigua jusque vers 1930 sur les derniers cap-horniers nantais.

Après l’école Du Chaffault et le collège Richelieu à La Roche-sur-Yon, Michel Favreau poursuivit ses études à Chavagnes-en-Paillers puis à Luçon. Durant la Seconde Guerre mondiale, il fut mêlé à la Résistance, que ce soit avec son ami d’enfance Jacques Chaigneau (1923-1944) agent de renseignement pour la France Libre, qui y perdit la vie, ou que ce soit avec Raymond Deflin (1884-1969) qui, réfugié à Montaigu et chef du mouvement de Résistance Libération Nord pour la Vendée, fut arrêté et déporté à Buchenwald en 1943[1].

En 1945, il fut ordonné prêtre et il commença son ministère aux Herbiers. Fortement soutenu par Mgr Cazaux (1897-1975), évêque de Luçon depuis 1941, il rejoignit en juin 1949 la jeune Mission Ouvrière de Bordeaux qui venait d’être lancée par le charismatique Père Etienne Damoran (1920-1994). Au service et intégré aux milieux ouvriers, il y exerça l’aléatoire métier de docker "occasionnel" qui, contrairement aux dockers "professionnels", étaient embauchés et débauchés au gré des arrivées de navires – et brièvement, durant l’hiver 1951, une activité de marinier sur le canal latéral de la Garonne et le canal du Midi. Le samedi 7 avril 1951, il fut tué au cours du chargement du cargo S/S Mary-Stone par la chute d’une palanquée de madriers[2]. Il fut enterré trois jours plus tard dans le cimetière de Montaigu, entourée par une grande partie de la population[2].

Vers 1958, Louis Péquin, entrepreneur en maçonnerie, acheta à la famille Favreau un grand jardin que celle-ci possédait entre la "rue Jeanne-d’Arc" et la "rue des Essarts", afin d’y édifier une douzaine de maisons. Il lui demanda l'autorisation de donner à la nouvelle voie desservant ces nouvelles constructons, le nom de "rue Michel Favreau", dont la mort quelques années plus tôt l’avait beaucoup touché et avait causé une énorme émotion à Montaigu[1].

Autres mentions

Michel Favreau a laissé des écrits d’un grand intérêt spirituel[2].

D’autres rues portent le nom de "Michel Favreau" : aux Herbiers, à Bordeaux, ainsi qu’à Pessac dans la "cité des Castors-Alouette", une des premières cités d'auto-construction coopérative à être créée en France après-guerre, et dont la réalisation a beaucoup dû à l’équipe de la Mission ouvrière.

La vie de Michel Favreau a été racontée en bandes dessinées par Norbert Marchand et Pierre Brochard, en septembre et octobre 1951, dans Cœurs vaillants, revue hebdomadaire destinée à la jeunesse[3].

 
La vie de Michel Favreau en bandes dessinées : deuxième épisode sur sept.
Cœurs Vaillants, année 1951, n°36, p. 7 ).

Illustrations

montaigu_favreau_michel.jpg

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Michel Favreau, en février 1951 à Nantes,
et en avril 1951 après sa mort sur les quais de Bordeaux-Bacalan.

[1]

Entretiens avec Denise Favreau-Bourquie(1920-2015), sœur de Michel Favreau.

 
[2]

Mission Ouvrière de Bordeaux, Michel Favreau, 1951, 158 p.

 
[3]

Marchand (Norbert) et Brochard (Pierre), "Michel Favreau, prêtre ouvrier", in Cœurs Vaillants, année 1951, nos 35 à 41.

 

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