Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Notice rédigée par : Emmanuel François

Graphies connues

Fons Guion (1306) source : Pouillé du diocèse de Poitiers.

Fonguion, Fonguyon (1550) source : Ancien Régime et Carte de Cassini

Fondrion (1849) source : Carte d'état-major, graphie manifestement erronée.

Fondion (1796) source : Depuis le XIXe siècle et 2e carte d'état-major, carte IGN (1975)


Nature(s) du lieu

Catégorie : Église, établissement religieux Masquer
  • Nature : Église, établissement religieux
    Précision sur la nature du lieu : Chapelle Saint-Laurent, annexe du prieuré-cure de Saint-André-Goule-d'Oie, citée au pouillé du diocèse de Poitiers en 1306.
  • Coordonnées
    • Coordonnées LAMBERT : 333-2207
Catégorie : Siège d'exploitation agricole Masquer
  • Nature : Siège d'exploitation agricole
    Précision sur la nature du lieu : métairie de la chapelle de Fondion, remontant donc à sa fondation, antérieure à la première mention de la chapelle en 1306.
Photos de la nature de lieu
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Etymologie

Catégorie étymologique : sources et fontaines Origine : surnoms d'o. patronymiques et géographiques

Données historiques

Histoire et archéologie

Aussi loin qu’on remonte dans le temps, le lieu de Fondion à Saint-André-Goule-d’Oie désigne une métairie, située à l’est de la commune et au bord de la forêt de l’Herbergement. Un ruisseau d’eau y prend sa source, et coule en direction du nord pour rejoindre celui du Vendrenneau. On l’appelait au 16e siècle « le ruisseau d’eau qui descend de l’étang de Fondion »[1]. L’étang a été asséché avant la Révolution, mais la source intarissable existe toujours, ayant donné une partie du nom des lieux. Dans le latin du Moyen Âge on écrivait : « Fons Guion », la fontaine de Guion[2]. Au 17e siècle on écrivait « Fontguion », puis à partir du 18e siècle, le mot a pris de plus en plus souvent sa forme actuelle : « Fondion ».

La métairie, avec son étang, a été créée probablement au Moyen Âge, par le seigneur du Coin (appelé autrefois le Coin–Foucaud), qui l’a donnée en franche aumône au prieuré de Saint-André-Goule-d’Oie, établi dans le bourg de cette paroisse. Nous n’avons pas la trace de cette donation, existant déjà de « temps immémorial » au 17e siècle. A côté des bâtiments de la ferme, le seigneur du Coin, ou peut-être un de ses prédécesseurs, avait fait bâtir une petite chapelle dédiée à saint Laurent. En contrepartie de cette donation, le prieur de Saint-André devait entretenir la chapelle et y dire trois messes basses par semaine[3]. Cette chapelle de Fondion était une annexe du prieuré-cure de Saint-André-Goule-d’Oie suivant le pouillé de l’évêché de Poitiers dressé en 1306.

Le patron fondateur de la chapelle devait avoir le droit de choisir son chapelain, en tant que son « patron », mais la situation nous apparait ambiguë. Car le prieuré de Saint-André était à l’origine à la nomination de l’abbé de Nieul-sur-l’Autise dont il dépendait. Ce droit passa à l’évêque de Luçon au tout début du 18e siècle seulement. On ignore si cette situation posa problème, sauf vers la fin du 17e siècle, lorsqu’on a prétendu que la chapelle était alors « nombreuse en paroissiens »[4].
Il semble bien que la nomination pour le prieuré de Saint-André valait aussi pour le titulaire à cette chapelle. Le nouveau seigneur de Languiller (Chauché) à partir des années 1675, qui possédait la seigneurie du Coin Foucaud, voulu rétablir son droit de présentation à la chapelle auprès de l’évêque de Luçon. Toutefois la tenure constituée de la chapelle et de la métairie du prieuré ne faisait qu’un, sans pouvoir être dissociée. Et elle ne pouvait avoir que le titulaire du prieuré de la paroisse en pratique pour cette raison.

Ce nouveau seigneur de Languiller, Philippe Chitton, était un anobli de fraiche date pour avoir été échevin de la ville de Niort et payé cher son nouvel état, et il avait abjuré le protestantisme. Surtout il était chatouilleux sur ses privilèges, et il fit querelle à l’évêché de Luçon pour faire respecter son droit de présentation à la chapelle de Fondion[5]. Il y réussit un temps. Un prêtre que nous ne connaissons pas y fut nommé : François de Meule[6]. Le curé de Saint-André, Pierre Lemaçon, protesta, mais les documents manquent sur ce sujet. Puis les successeurs de Philippe Chitton semblent avoir abandonné la partie. La chapelle aussi fut abandonnée. Vers 1786 elle était en ruine.
Cette année-là le curé de Saint-André et le seigneur titulaire des droits sur la chapelle de Fondion, M. Montaudouin, seigneur de la Rabatelière (dont le grand-père avait acheté Languiller), firent une transaction mettant fin au régime seigneurial de la chapelle. Le prieuré gardait la concession de la métairie, mais sans obligation de dire des messes dans la chapelle, ni même de l’entretenir[7]. La transaction officialisait la fin de la chapelle.

Le métayer de Fondion le plus ancien connu est en 1671 François Brochard, remplacé par Pierre Cougnon en 1675, puis par un nommé Gréau en 1682[8]. En 1742 le prix annuel en argent de la ferme était de 200 livres. De 1747 à 1774 le métayer était René Ripaud et sa femme Marie Gilbert, qui payait 250 livres de fermage annuel, passé à 260 livres en 1764, plus la fourniture chaque année d’un cochon de lait de l’âge de 6 semaines, et le droit pour le bailleur de prendre 2 charretées de landes dans les lieux pour son usage[9]. François Ripaud a quitté Fondion de 1774 à 1779, puis il a signé un nouveau bail de 5 ans (1779-1784) le 10 avril 1778. Le montant annuel de la ferme est alors passé à 400 livres[10]. C’est un prix élevé qui s’explique par sa surface, environ, 35 ha, et par le montant très faible de ses redevances seigneuriales et foncières.

La métairie de Fondion fut vendue comme bien national pour 12 000 livres le 28 février 1791 à René Robin, de Sainte-Florence, comprenant la chapelle en ruine[11].
L’acquéreur eut quelques soucis intéressants à relever. Ses métayers ne payèrent pas leur ferme en 1794, ce qui ne surprend pas quand on se rappelle ce qui s’est passé cette année-là, qui avait débuté par les ravages des colonnes infernales. Il saisit les bestiaux des fermiers, alors qu’ils appartenaient pour moitié au prieur de Saint-André, du fait du bail spécial passé avec eux pour les bestiaux. Le prieur Allain, en 1795, possédait une lettre personnelle du général républicain Hoche, lui promettant la vie sauve, quoiqu’il fût réfractaire au serment à la constitution civile du clergé. Cette querelle autour du bétail de la métairie de Fondion alla jusqu’au juge de paix de Saint-Fulgent en juillet 1796[12]. On ne connaît pas la suite mais on la devine. Les persécutions religieuses ayant repris en septembre 1797, le prieur Allain fut condamné à la déportation en Guyanne.

La chapelle de Fondion a maintenant disparu du paysage, mais en 1964 on voyait les deux fenêtres du grenier d’un bâtiment de la métairie de Fondion « et les assises en gros appareil, visibles entre les deux portes, désignent nettement l’ancienne chapelle du prieuré »[13].

Emmanuel François
Le 28-10-2018

[1]

Aveu du 20-12-1561 de Simon Metaireau à Languiller pour le fief Toillet, Archives de la Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/G 42.

 
[2]

Pouillé de l’évêché de Luçon publié en 1860 par l’abbé Aillery, p. 86.

 
[3]

Transaction Montaudouin\prieur de Saint-André sur la chapelle de Fondion du 17-9-1786, Archives de la Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/G 66.

 
[4]

Mémoire daté vers 1685 du seigneur de Languiller sur la chapelle de Fondion, ibidem,  150 J/G 66.

 
[5]

Ibidem,  150 J/G 66.

 
[6]

Inventaire du 30-10-1787 des titres et papiers du prieuré et de la fabrique de Saint-André-Goule-d’Oie, Archives de Vendée, paroisse de Saint-André-Goule-d’Oie : 139 G 3 et 4.

 
[7]

Archives de la Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/G 66.

 
[8]

Livre des recettes du prieuré commencé en 1671, et Comptes de dépenses du prieur G. Guymont en 1673-1682, Archives de la paroisse de Saint-Jean-les-Paillers, relais de Saint-André-Goule-d’Oie : carton n° 28, chemise IV.

 
[9]

Bail du 21-4-1753 de la métairie de Fondion, ibidem, carton n° 29, chemise VIII.

 
[10]

Ferme de la métairie de Fondion du 10-4-1779, Archives de la Vendée, notaires de Saint-Fulgent, Thoumazeau : 3 E 30/123.

 
[11]

Vente des biens nationaux dans le district de Montaigu, métairie de Fondion, Archives de Vendée : 1 Q 232.

 
[12]

Acte de non-conciliation entre Robin et Allain concernant des bestiaux sur la métairie de Fondion, passé devant la justice de paix de Saint-Fulgent le 28 messidor an 4, Archives du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 73-1.

 
[13]

Lieux-dits de Saint-André-Goule-d’Oie : Fondion, notes d’une visite du 10-8-1964 de l’abbé Boisson, ibidem,  7 Z 76-1.

 

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