Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Ile-d'Elle, L' > Fossebrie

Graphies connues

Prioratus de faussebrie, XIVe s.(cité dans le "Grand Gauthier", d'après E. Bocquier)

"la fontaine de Foussebrye",1572 (relevé par E. Bocquier).


Nature(s) du lieu

Catégorie : Siège d'exploitation agricole Masquer
  • Nature : Siège d'exploitation agricole
    Précision sur la nature du lieu : ferme

Données historiques

Histoire et archéologie

C'est au nom de Pierre-Antoine Lelarge[1] que son épouse, Marie-Madelaine Admiraud, avait affermé en 1747 la cabane de Faussebrie à Jean Albert devant un notaire de Marans ; puis c'est Marie Lelarge qui résilie le bail en accord avec la veuve de Jean Albert avant d'accorder la ferme, pour 9 ans depuis la Saint-Michel 1751, à François Jollidon, directeur des postes de la ville de Fontenay-le-Comte, contre 900 livres auxquelles s'ajoutent 40 livres de beurre et 10 livres de lin peigné pour menus suffrages ; il doit en outre y nourrir deux chevaux au vert "pendant le temps qu'il est d'usage de les laisser au vert"[2].

Après le décès de Pierre-Antoine, la cabane a été attribuée à ses sœurs Marie[3] et Gabrielle[4], par une sentence arbitrale du 9 septembre 1751[5].

Dans un testament de 1760[6], Marie Lelarge, veuve d'Élie Giraudeau[7], négociant de La Rochelle[8], évalue Faussebrie à 20 500 livres seulement, en raison de l'entretien des ceintures et levées, malgré un fermage de 1 100 livres[9] ; elle souhaite qu'elle soit attribuée à son fils Élie. Marie Lelarge décède probablement en 1777[10]. Quant à Élie (ou Jean-Élie), l'héritier désigné par le testament de 1760, il est décédé en 1769 au large de la Guinée[11], capitaine du navire la Cigogne[12].

En 1778 la Fausse Brie, qui vient des "propres de Madame Giraudeau" (Marie Lelarge), est évaluée à 24 440 livres[13] ; elle fait partie du premier lot de la succession, tiré au sort par Jean-Pierre-Antoine Giraudeau, son fils aîné et ancien associé de 1750[14], qui devient en même temps propriétaire des Gargouillasses (Le Gué-de-Velluire)[15].

Jusqu'à la Saint-Michel 1782, le fermage annuel de 1 100 livres[16], est dû par André Gautronneau[17].

Sources et références

Notice historique par Ph. Moreau (novembre 2021)

[1]

Il est petit-fils de Jean Lelarge, agent des héritiers Hoeufft, fils de Jean Lelarge et d'Elisabeth Julliot né à Marans le 2 mars 1696 (Arch. dép. Charente-Maritime, état civil, Marans, B.M.S. 1696-1697, baptême du 3 mars 1696, vue 7/42). il est dit "fils naturel et non légitime" par le curé Garnier, qui ne semble pas croire au mariage catholique de son père avec Élisabeth Julliot, pourtant enregistré à Saint-Sulpice-en-Pareds en 1692. Pierre-Antoine a épousé Marie-Madelaine Admiraud/Admyrauld en 1746 (contrat de mariage signalé par Emile Garnault, Livre d'or de la Chambre de commerce de La Rochelle, 1902, pages 68-69); contrôleur ordinaire des guerres à La Rochelle, il est décédé avant février 1749 ; son épouse devient tutrice de sa fille Antoinette qui décède peu après (Arch. dép. Charente-Maritime, minutier de La Rochelle, 3 E 1662, Guillaume Delavergne, 1749, liasse 1, fol. 27-28, 7 février 1749, titre nouvel, vues 40/411 et suiv.).  

 
[2]

Arch. dép. Charente-Maritime, minutier de La Rochelle, 3 E 1663, Guillaume Delavergne, 1752, liasse 3, fol. 89-92, 10 mars 1752, vues 125/373 et suiv.  

 
[3]

fille de Jean Lelarge fils. Née à Sainte-Radégonde-des-Noyers le 9 mars 1694 (Arch. dép Vendée, état civil, Sainte-Radégonde-des-Noyers, B.M.S. 1688-1696, baptême du 15 mars 1694, vue 54/83). Elle aussi est dite "fille naturelle" par le curé Garnier... Elle épouse, "âgée de 22 ans", Élie Giraudeau à Marans le 1er février 1717 (Arch. dep. Charente-Maritime, état-civil, Marans, B.M.S. 1710-1718, vue 308/358).

 
[4]

épouse de Pierre Admiraud , lui aussi négociant. 

 
[5]

L'arbitrage intervint après la mort de Pierre-Antoine Lelarge (avant février 1749) et de sa fille, Antoinette ; ses biens furent répartis entre d'une part ses deux sœurs, Marie et Gabrielle, et d'autre part sa veuve, Marie-Madelaine Admiraud, épouse désormais de Louis Vincens, négociant, mais héritière d'Antoinette Lelarge, sa fille défunte (après février 1749, date à laquelle elle est encore sa tutrice). Le bail de 1752 (voir plus haut) contient également des informations au sujet de cet arbitrage. Voir Arch. dép. Charente-Maritime, minutier de La Rochelle, 3 E 1689, Guillaume Delavergne, 1778, liasse 2, fol. 354-378 bis, 27 août 1778, partage entre les héritiers de Élie Giraudeau, Marie Lelarge et Jean-Élie Giraudeau, leur frère consanguin, vues 99/289 et suiv.

 
[6]

Arch. dép. Charente-Maritime, minutier de La Rochelle, 3 E 1671, Guillaume Delavergne, 1760, liasse 1, 19 mai 1760fol. 237-245, testament portant partage dicté par Marie Lelarge, vues 302/378 et suiv.

 
[7]

né le 23 novembre 1681, fils d'Elie Giraudeau, avocat à Fontenay, converti avant 1686, et de Marguerite Julliot, d'où la dispense de consanguinité papale nécessaire pour son mariage, Élie Giraudeau fut capitaine de navire(s) puis armateur ; sa première épouse appartenait à une famille propriétaire à Saint-Domingue. Il décède en 1749. d'après les notes généalogiques des  Jean Maillaud, famille Giraudeau, 4ème branche, 2 NUM 521 463.

 
[8]

Élie Giraudeau arme pour la traite et donne volontiers à ses navires des noms de pierres précieuses : le Diamant (première expédition repérée qu'il a financée ; en 1733  le navire fait escale à Grand-Popo et Juda, sur la "Côte des esclaves"), le Ruby, le Saphir, le Béril, le Chrysolithe... Jean Mettas, Répertoire des expéditions négrières françaises au XVIIIe siècle, Tome Second : Ports autres que Nantes. Index établis par Jean-Claude Nardin, Paris, Société française d'histoire d'outre-mer, 1984. 984 p.

 
[9]

et non 22 000, selon un calcul au denier vingt (5%).

 
[10]

Un autre testament olographe est déposé en 1777. voir Guillaume Delavergne, 1778, précité.

 
[11]

Arch. dép. Charente-Maritime, minutier de La Rochelle, 3 E 1671, Guillaume Delavergne, 1770, liassse 1, fol 114, 16 mars 1770, entérinement du testament olographe de M.Giraudeau par la dame veuve Giraudeau, sa mère, vues 152/209 et suiv.

 
[12]

décédé vers mai 1769. La Cigogne, armée par Daniel Garesché, a quitté La Rochelle pour la Côte d'Or le 28 janvier 1769 ; le 18 mai, le navire se charge d'esclaves à l'Épée, parvient à Port-au-Prince le 27 décembre, est de retour à La Rochelle le 25 juin 1770, commandé par un autre capitaine. Jean Mettas, Répertoire des expéditions négrières françaises au XVIIIe siècle. Tome Second : Ports autres que Nantes, précité.

 
[13]

Cette hausse rapide de l'évaluation peut témoigner de la hausse de la rente foncière perçue par les propriétaires.

 
[14]

Après la mort de son époux (1749), "la veuve Giraudeau" s'associe avec son fils Antoine, par exemple pour l'armement du Printemps qui passe par Cap-Lahou (Côte d'Ivoire) en 1750 ; d'après Jean Mettas, précité.  Plusieurs fils de Marie Lelarge furent, après leur père, capitaines de navire puis négociants ; ses deux filles épousèrent des négociants. Voir Brice Martinetti, Les négociants de La Rochelle au XVIIIe siècle, Presses Universitaires de Rennes, 2013. Il mentionne le partage de 1778.

 
[15]

Guillaume Delavergne, 1778, précité.

 
[16]

ibid.

 
[17]

André Gautronneau "laboureur" a épousé Marie Gouraud à Chaillé le 13 juin 1752 (voir le mariage) , leurs enfants sont baptisés à Chaillé entre 1754 et 1764, puis à l'Ile-d'Elle entre 1768 et 1774 (d'après la base d'indexation Noms de Vendée) ; il est inhumé à Chaillé en 1785 (voir la sépulture).

 

 

 

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