Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Gare (quartier de la)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

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  • Localisation : "Le quartier de la Gare" du Poiré-sur-Vie était située à 400 m au nord-est de son centre bourg.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : section M, 2e feuille
    • Coordonnées cadastrales moderne : sections AE et AC

Données historiques

Histoire et archéologie

"La Gare" du Poiré-sur-Vie a été inaugurée le dimanche 30 juin 1901. Elle était située sur la ligne à voie métrique allant de La Roche-sur-Yon à Legé, et qui fonctionnera jusqu’en 1939.


Le plan des 35 km de la ligne ferroviaire passant par le Poiré
et joignant La Roche-sur-Yon à Legé.
L’en tête de l’affiche annonçant son ouverture le 1er juin 1901.
Autour de 1910,
"la Gare" du Poiré vue de dos et de face,
ses trains et leurs passagers
[1].

Cette ligne avait été initiée en 1898 par la Compagnie des Tramways de la Vendée, dépendante des Chemins de fer de l'État[1]. Le conseil municipal du Poiré ne fut contacté que marginalement : pour le passage de la ligne par "la Ribotière" (le tracé prévu primitivement passait près du bourg de Mouilleron-le-Captif) et l’aménagement du chemin vicinal y conduisant, pour l’emplacement de la gare, pour ceux des arrêts facultatifs[2]. Ces dernières, se trouvaient initialement au "Boucheau" et à "la Durantière", puis à partir de 1908 à "l’Aubretière", suite à une pétition[1].

Les réclamations qui tout de suite se firent jour à propos de l’absence de contre-rails entraînant des accidents aux franchissements de la voie ferrée par les routes durent être réitérées jusqu’en 1924 avant d’être prises en compte. Par contre certaines limites techniques ne purent être corrigées, ainsi les voyageurs devaient parfois descendre du train pour qu’il puisse monter les côtes[1].


Pétition de 102 habitants de "l’Aubretière", du "Beignon-Jauffrit",
de
"la Petite Roulière" et de "l’Auroire",
pour obtenir un arrêt facultatif à
"l’Aubretière" (26 janvier 1908)[1].

"La Gare" du Poiré, toujours présente, était construite sur le modèle de la plupart des stations du réseau de la Compagnie des Tramways de Vendée : salle d’attente, guichet, bureau et logement du chef de gare, quai surélevé pour le chargement et le déchargement des marchandises...


La ligne La Roche - Legé
et les autres voies ferrées du nord-ouest de la Vendée en 1925[3].

Sauf avant "la Ribotière" où elle côtoyait la ligne à écartement normal de La Roche à Nantes, et dans le contournement du bourg du Poiré (entre les routes de Belleville et de Palluau), la ligne de La Roche à Legé n’était pas en site propre, mais longeait des routes déjà existantes. Chaque jour elle voyait passer trois trains dans chaque sens. Ils parcouraient les 15 km séparant le Poiré de La Roche en 46 mn, soit à 20 km/h, une vitesse deux fois moindre que celle du train allant de Nantes à La Roche. Cette relative lenteur fit que, bien qu’une autre ligne la prolongeât au-delà de Legé jusqu’à Nantes, elle n’était que rarement utilisée pour aller dans cette dernière ville.

En 1912, 40 000 voyageurs empruntèrent cette voie ferrée : 109 par jour, soit une vingtaine de passagers par train. Le trafic de marchandises fut cette même année de 6800 tonnes[1].


Tarifs et horaires des trains lors de l’ouverture de la ligne en 1901 ;
par la suite, 1 train A/R sera ajouté les jours de la foire mensuelle de La Roche
.
(extrait de l’affiche annonçant l’inauguration de la ligne de La Roche à Legé)[1] 

L’implantation la gare entraîna, entre 1900 et 1940, la constitution d’un petit quartier qui a pris son nom, avec la construction d’une vingtaine de maisons, pour la plupart petites et abritant des familles modestes. En 2017, elles existent toujours, leur nombre s’étant étoffé depuis 1980.


En 2017, le bâtiment de l’ancienne "Gare" du Poiré
avec son quai à marchandises
 
et quelques-unes des petites maisons qui furent construites autour
au début du XXe siècle.

Autres mentions

En juin 1951, le cinquantenaire de "la Gare" du Poiré fut l’objet d’une fête commémorant son inauguration en 1901. Menés par la fanfare de la Jeanne-d’Arc, les animateurs de la fête s’étaient costumés en habits 1900 pour tenir les rôles des officiels de l’époque : maire, préfet, pompiers, garde-champêtre... Mais les rails avaient disparu et le train avait dû être remplacé par une pseudo locomotive, car depuis déjà douze ans la ligne avait été supprimée et "la Gare" désaffectée[4].


La fête du cinquantenaire de "la Gare" du Poiré en juin 1951
(comme le train, l’automobile du préfet n’avait pas pu être un modèle de 1901)[5].

[1]

Dossier sur les Tramways de Vendée – ligne de La Roche-sur-Yon à Legé (Arch. dép. de la Vendée : S 996 et S 997 ; pour l’affiche annonçant l’inauguration de la ligne : SS 996/8).

 
[2]

Délibérations du conseil municipal du Poiré-sur-Vie du 24 juillet 1898, 8 janvier 1899, 13 août 1899 (consultables en ligne : registre juin 1896-juin 1904, vues 37-38/101, 41/101, 49/101)

 
[3]

Extrait de la Nouvelle carte départementale de la Vendée, 1925 (Arch. dép. de la Vendée : 7 Fi 505).

 
[4]

Dans les années 1950, il se disait que les rails des lignes ferroviaires à voie étroite fermées avant la Seconde Guerre mondiale (La Roche / Legé, Montaigu / Saint-Fulgent) avaient été utilisés dans les années suivantes pour les divers ouvrages du Mur de l’Atlantique

 
[5]

Photographies provenant des collections particulières des animateurs de la fête dont deux vivaient encore en 2017.

 

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