Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Grain (auberge du)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Hôtel, auberge, café Masquer
  • Nature : Hôtel, auberge, café
    Précision sur la nature du lieu : auberge
  • Localisation : La localisation de cette ancienne auberge est inconnue.

Données historiques

Histoire et archéologie

Pour le Montaigu d’avant 1789, Georges Laronze dénombre cinq auberges, dont les noms ne se retrouvent pas après la Révolution : "la Corne du Cerf", "le Cheval blanc", "l’Écu", "les Trois Rois", "le Grand Louis"[1]. Il ne cite pas celle "à l’enseigne du Dauphin" qui devait être située près du "pont Jarlet", ni celle du Grain, dont l’existence au XVIIIe siècle est seulement connue par Philippe Bonetti et Abel David[2].

Cette auberge aurait été la propriété de Louis Rathyé (1696-1760) qui à l’époque, tenait à Montaigu "l’auberge du Grand Louis", et qui y avait  aussi, dans les années 1740, porté le titre de "syndic" ou "maire". Deux de ses plus jeunes fils, André et Benoît allèrent chercher fortune à Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti), dans les plantations de cannes à sucre de l’économie négrière[3]. Le premier y mourut aux Gonaïves, en 1770[4]. Bien que propriétaire d’esclaves, il ne semble pas y avoir fait fortune, cependant, son nom réapparaît en 1828-1833 parmi les familles d’anciens colons de Saint-Domingue pouvant prétendre à une indemnité pour les pertes qu’elles avaient subies à la suite des événements qui, durant la Révolution, avaient abouti à l’indépendance de Haïti en 1804.

En mars 1794, une lettre d’une citoyenne Bossard[5], montacutaine habitant alors à Nantes, dénonce comme personne dangereuse un frère d’André et Benoît, demeurant aux Rochettes, Claude-René "Rathié, chirurgien, gazettier des brigands". On ignore ce que pouvait recouvrir cette activité de "gazettier".

Leur neveu, Louis (né en 1754), se trouvait en 1792 parmi les quatorze "électeurs" du District de Montaigu. Cette nouvelle circonscription administrative, qui avait pris la suite de la Subdélégation de Montaigu, avait à sa tête son procureur-général syndic, Philippe-Charles-Aimé Goupilleau de Villeneuve qui, sans états d’âme, s’efforçait d’imposer les visions politiques gouvernementales à une population locale dans son ensemble plus que réticente mais dont l’avis était peu important[6].  

Quelque dix ans plus tard, le beau-frère de ce Louis Rathyé, Urbain Sureau (1770-1815), sera désigné par les autorités départementales comme membre du très contrôlé conseil municipal de Montaigu[7]. Originaire de Saumur, ancien capitaine dans l’armée occupant la ville, il était devenu aubergiste en épousant en 1797 Louise Rathyé, la sœur de Louis et alors seule survivante de la famille. En effet, après la Révolution on ne trouve plus, à Montaigu ou dans ses parages, de membres de cette autrefois nombreuse famille Rathyé.

Autres mentions

Les données du cadastre en 1814 et la liste nominative du recensement de 1816 indiquent qu’à ces dates, six aubergistes étaient installés à Montaigu (dont ceux de "la Coupe d’Or", du "Grand Turc", du "Pélican" et de la poste aux chevaux), ainsi que seize cabaretiers, parmi lesquels treize peuvent être localisés[8]. Les secteurs de l’ancienne "porte Nantaise" et de la "place des Halles", actuelle "place Dugast-Matifeux", étaient particulièrement bien dotés[9].

Illustrations

montaigu_grain.jpg

montaigu_grain.jpg


Localisations connues des auberges (*) et cabarets (.) de Montaigu, en 1814/1816,
sur le plan d’assemblage du cadastre de 1814 (environ 770 x 910 m).

[1]

Laronze (Georges), Montaigu, ville d'histoire (IVe-XXe siècle), éd. 2001, p. 60.

 
[2]

Bonetti (Philippe) et David (Abel), Montaigu, parcours historique, 1998, p. 93.

 
[3]

Affiches américaines, 8 nov. 1769, p. 432, annonce 4. Ce journal était à cette date imprimé à Port au Prince.

 
[4]

Minutes notariales de Pierre Etienne Sorin, 14 janvier 1771 (Arch. dép. de la Vendée : 3 E 27/41) : établissement par la famille Ratyé d’une procuration pour aller régler l’héritage à Saint-Domingue.

 
[5]

Lettre de dénonciation du 30 ventôse An II / 12 mars 1794, citée par A. Dabreteau, in Au pays de Montaigu-Vendée, les Brouzils 1774-1799, p. 135. 

 
[6]

Mercier du Rocher (André), Mémoires, édition 1989, p.114.

 
[7]

Arrêtés et délibérations municipales, 1793-1837 (Arch. dép. de la Vendée : 146 R3).

 
[8]

Liste nominative du recensement de 1816 (Arch. dép. de la Vendée : 6M 232).

 
[9]

État de sections et matrice du cadastre de 1814 (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 146).

 

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