Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Guilletière (la)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village
  • Localisation : "La Guilletière" se situe à 3 km au nord-ouest du centre-bourg du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : section I, 3e feuille, mais le village était alors inexistant
    • Coordonnées cadastrales moderne : section ZL

Données historiques

Histoire et archéologie

Le village de "la Guilletière" est d’origine relativement récente, n’apparaissant dans les recensements de la population qu’à partir de 1911[1]. Il fut créé par Jean-Marie Cougnaud (né le 25 mars 1872 à "la Plumetière" de Falleron, de parents journaliers) et sa famille. Il avait fait son apprentissage de forgeron à Grand’Landes (où son père était devenu cantonnier), puis, marié, il s’était installé à "la Tenaillère". Devenu veuf, il s’était remarié au Poiré en 1906, avec Isabelle Guillet de Coëx...

C’est du nom de celle-ci que vient celui de "la Guilletière" où il construisit sa forge l’année suivante[2], sur des terres appelées "les Écuets", à l’emplacement d’un délaissé de chemin restant de la construction, sans doute autour de 1840, de la nouvelle route reliant le Poiré à Palluau.

"La Guilletière" sur une vue aérienne en 1950 (environ 1000 x 600 m),
et en 2017 (environ 240 x 185 m).
Photos en 2017 : de la forge créée en 1907, désormais désaffectée et muséifiée ;
et de la maison construite en 1933 par le maçon Eugène Gauvrit.

En 1933, Eugène Gauvrit[3], artisan maçon vint à son tour s’établir sur un autre délaissé voisin, puis d’autres habitations furent progressivement édifiées, les deux dernières le long de la petite route menant au village proche du "Chiron". En 2019 on en comptait huit au total, tant récentes que plus anciennes[4].

Au centre de "la Guilletière", face au détour vers le "Chiron", se trouve une croix de pierre qui est antérieure à la création du village. Elle fut élevée dans le dernier quart du XIXe siècle (1891 ?), par Pierre Renaud (né en 1853), meunier du moulin à vent de "la Marinière", et par Marie-Anne Tenailleau (née en 1856), son épouse, dont les ancêtres avaient possédé une partie de ce moulin et étaient déjà présents dans ce dernier village bien avant la Révolution[1].

La croix de "la Guilletière" (hauteur : environ 4 m).

Autres mentions

"La Guilletière" est surtout connue pour être le berceau de l’actuelle entreprise "Cougnaud", issue de la forge fondée en 1907 par Jean-Marie Cougnaud (1872-1947). Son fils Yves (1908-1981) puis son petit-fils Yves (né en décembre 1936) lui ont succédé, ce dernier faisant changer l’entreprise de dimension entre 1972 et 1977, puis en déplaçant les activités à Mouilleron, sur la zone d’activités dite de "Beaupuy". Les quatre fils de celui-ci la continuent depuis 2001[2].

Yves Cougnaud présentant l’histoire de la famille et son ancienne forge
pour la télévision
(France 2 : Journal de 13 heures du dimanche 5 février 2017 :
"Les Cougnaud : un ‘savoir fer’ familial")

En 1911, l’ancêtre Jean-Marie ne travaillait à "la Guilletière" qu’avec un seul compagnon. Autour de 1930 ils étaient quatre, ses fils Yves et Jean les ayant rejoints. En 1950, à treize ans et demi, le petit-fils, Yves, vint y commencer son apprentissage. Mais dans les années 1960 à 1980, les bouleversements de l’agriculture mirent en difficulté les forges des villages et du bourg du Poiré, qui durent alors, soit se tourner vers d’autres activités, soit disparaître.

Dans les années 1960, l’entreprise de la famille Cougnaud se mit à la fabrication ou la vente de remorques, bineuses, planteuses, semoirs et autres matériels agricoles, jusqu’au jour où elle eut l’occasion de faire deux roulottes de chantier, pour un maçon et pour un charpentier du Poiré[5]. Pour la forge familiale, ce fut le début d’une nouvelle activité, et un nouveau départ qui la fit changer de statut et prendre une dimension industrielle avec la construction près du bourg, d’un atelier de 800 m² en 1973, devenu de 2200 m² fin 1977, les employés passant de 6 à 40. La production passa, elle, des abris mobiles, aux "bungalows" de chantier, puis aux constructions à structures modulaires de plusieurs centaines de mètres carrés, et s’ouvrant à l’exportation. D’abord ce fut vers la Suisse ou la Belgique, puis de "bases-vie" dans des pays du sud de la Méditerranée, et du Moyen-Orient : de l’Algérie à l’Iran… Quelque 45 ans plus tard, la production se faisait sur plus de 80 000 m² d’unités industrielles se déployant sur 4 sites, et se tournant vers les constructions à autonomie d’énergie. L’entreprise, devenue "Ouest abri" en 1977, "Yves Cougnaud S.A." en 1987, et "Cougnaud" en 2018, comptait à cette date dans les 1350 collaborateurs.

Yves Cougnaud eut par ailleurs au Poiré des actions déterminantes pour la restauration du site de "la Jamonière" et de "l’église Saint-Pierre", pour la création de l’EHPAD portant son nom, et, à Haïti après le tremblement de terre de 2010, pour la reconstruction d’écoles.

 

Quatre générations d’une famille de forgerons :
- l’ancêtre Jean-Marie Cougnaud, statufié dans l’entreprise de 2019…
- son fils Yves à
"la Guilletière" en 1951,
- son petit-fils Yves, qui a donné son essor à l’entreprise, en 1937, en 1951…
- et en 2012, entouré des quatre arrière-petits-fils,
Jean-Yves, Patrice, Eric, Christophe.

[1]

Cf. les recensements de la population du Poiré, de 1797 à 1975 (Arch. dép. de la Vendée : L 288, 6 M 280, 6 M 282) ; ainsi que les registres d’état civil.

 
[2]

Entretiens en 2019 avec Yves Cougnaud ; complétés par le Forgeron bâtisseur (2000, 143 p.), dans lequel Yves Cougnaud présente ce qu’a été son parcours parcours personnel et professionnel.

 
[3]

Eugène Gauvrit (1909-1985) était le fils de Louis Gauvrit (1873-1950), tisserand habitant à "la Carpe frite" voisine, et connu pour ses talents à soigner et guérir bien des problèmes de santé, grâce aux plantes qu’il ramassait de ci de là. Il était aussi le frère de Pierre Gauvrit (1904-1979) qui fut, sous le nom de "Frère Gabriel-Marie", Supérieur Général de l’importante Congrégation des Frères de Saint-Gabriel, de 1953 à 1965.

 
[4]

Entretiens en 2019 avec Pierre-Marie Gauvrit de "la Guilletière", fils d’Eugène Gauvrit.

 
[5]

L'entreprise de Marcel Minaud, maçon, et l'entreprise d’Yves Fournier, charpentier devenu spécialiste des charpentes en bois lamellé-collé.

 

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