Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

Espace contributeur

Identifiez vous - Pour en savoir plus

Résultat

imprimer la notice complète

Montaigu > Halles (les)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Lieu d'activité Masquer
Titre Image
  • Nature : Lieu d'activité
    Précision sur la nature du lieu : halles
  • Localisation : Les "Halles" ont été situées successivement sur l'actuelle "place Dugast-Matifeux", puis dans les "Douves intérieures", en bordure nord du "Château de Montaigu".
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : A 346
    • Coordonnées cadastrales moderne : AH 186

Données historiques

Histoire et archéologie

Avant la Révolution, des "Halles" en bois (36 m sur 12 m), du même type que celles de Clisson, existaient sur l'actuelle "place Dugast-Matifeux". Elles appartenaient depuis toujours aux seigneurs de Montaigu. En 1854, leurs descendants les cédèrent à la commune de Montaigu. Le maire d’alors, Armand Trastour décida de les détruire et de les remplacer par de nouvelles halles. Pour cela, il fit combler une partie des "Douves intérieures", en bordure du futur remblai qui allait joindre directement à partir de 1856, la "Grand'rue" au "faubourg Saint-Jacques".

Le nouveau bâtiment, construit entre avril et décembre 1853, fut ouvert en février de l’année suivante. Son plan est dû au nantais François Liberge et il reprend celui sans intérêt architectural particulier des nouvelles granges-étables dont le modèle se diffusait à l’époque.

L’espace laissé vide par la démolition des anciennes halles[1] fut, le 1er août 1855, appelé "place Sébastopol", du nom de la forteresse russe qui, alors assiégée, allait être prise un mois et demi plus tard par les armées franco-anglo-turco-piémontaises, mettant fin à la guerre de Crimée (1853-1856). Armand Trastour, qui affichait des opinions républicaines, était rapidement devenu un chaud partisan de Napoléon III, dont il soutint le régime jusqu’à sa fin. Cette place garda son nom jusqu’en 1908, date à laquelle on lui donna celui qu’il porte aujourd’hui.

Désaffectées dès avant 1940, ces halles de 1854 devinrent, en 1948, une salle des fêtes à l’acoustique exécrable et au confort problématique. Malgré le classement en 1953 par décret du Conseil d’État des "Douves intérieures" en zone protégée[2], des bâtiments parasites leur furent adjoints dans celles-ci en 1963, auxquels furent adjoints quelques années plus tard des constructions préfabriquées.

En 2010, il fut question de les détruire, ce qui aurait pu dégager la vue sur le Château et aurait permis de retrouver la profondeur originelle de cette partie des "Douves intérieures", dont l’existence est à l’origine même de Montaigu. A cette époque la ville membre de "l'Association des Marches de Bretagne" ambitionnait d’obtenir avec ses partenaires un classement au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco, et affichait dans ce but une politique de mise en valeur du patrimoine. Malgré cela, il fut décidé en 2011 de conserver cette construction parasite et d’en faire des salles de réunions.

Autres mentions

Autrefois, après leurs jugements certains accusés étaient condamnés à être exposés pendant quelques heures à la population, sur un échafaudage devant les anciennes "Halles de Montaigu". Ils portaient au-dessus de leur tête un écriteau informant les passants des motifs de leur condamnation.

Les trois derniers à être condamnés à subir cette peine furent, Julien Huchet, Jean-Baptiste Goisneau et Jean Ferchaud, le 31 janvier 1793, sur l’ordre de Jean-Victor Goupilleau, le "commissaire national près le tribunal du District de Montaigu"[3], et frère cadet du député révolutionnaire Philippe-Charles Aimé Goupilleau

Illustrations

montaigu_halles_4.jpg

montaigu_halles_4.jpg


Sur le plan cadastral de 1814 (environ 235 x 128 m),
le déplacement des
"Halles" de Montaigu dans les années 1853-1854.

A : vues du premier étage de "l’auberge du Grand Turc",
les anciennes
"Halles" en bois de Montaigu,
dont la destruction dégagea la
"place Dugast-Matifeux".
Au centre :
"la Grand’rue" allant vers le Château
avec un 
des six réverbères installés en 1840
(et la corde pour son allumage et son nettoyage) ;
  à gauche : l’angle de l’ancienne maison médiévale
dite
"de monsieur Montaigu"
(dessin d’Augustin Douillard[4]).

B : vues de l’angle des anciennes "Grand’rue" et "rue du Fort",
les nouvelles
"Halles" de 1854,
dont la construction boucha
les
"douves intérieures"
séparant la Vieille Ville du Château

et masqua la vue sur ce dernier
(photo fin 2012).

 

[1]

Laronze (Georges), Montaigu, ville d'histoire (IVe-XXe siècle), 1958, p. 124. 

 
[2]

Enquête en 2012 auprès du Service Territorial de l’Architecture et du Patrimoine de la Vendée (Monuments historiques).

 
[3]

Lettre du 30 janvier 1793 de Jean-Victor Goupilleau, procureur au tribunal de Montaigu (Arch. dép. de la Vendée : L 491).

 
[4]

Douillard (Augustin) , dessin (Arch. dép. de la Vendée, 1 Fi 2018).

 

Nous écrire