Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Jaranne (la)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Graphies connues

ruisseau de la Remaudière

ruisseau de la Morandière

Garanne (la) source : "La Jaranne" était parfois appelée, très localement, "la Garanne"[1]. Pour son cours supérieur elle est plus souvent appelée "ruisseau de la Morandière" puis "ruisseau de la Remaudière", du nom des villages près desquels elle naît puis elle passe. Sur les cartes IGN, ce dernier nom devient "ruisseau du Godiveau", une confusion des cartographes avec le nom du ruisseau traversant le bourg de Belleville.


Nature(s) du lieu

Catégorie : Hydronymie continentale Masquer
Titre Image
  • Nature : Hydronymie continentale
    Précision sur la nature du lieu : ruisseau
  • Localisation : "La Jaranne" prend sa source près de "la Morandière" de Belleville-sur-Vie, et se jette dans "la Vie", sur la commune du Poiré-sur-Vie[2].
  • Coordonnées
    • Précisions : Section A
    • Coordonnées cadastrales moderne : Section Z

Données historiques

Histoire et archéologie

"La Jaranne" est un ruisseau de près de dix kilomètres, affluent de droite de "la Vie" dans laquelle elle se jette immédiatement en amont du village de "la Pallulière". Elle prend sa source près de "la Morandière" de Belleville-sur-Vie (et antérieurement à 1849 sur Beaufou). Passant entre les villages de "la Remaudière" et de "la Charnière", elle y marque la limite entre les communes du Poiré et de Beaufou, et reçoit plusieurs ruisseaux : sur sa gauche celui dit "du Cerny", et sur sa droite celui dit "de la Bizière-Choquet" puis celui dit "le Bizeret".


 Dans la partie amont du bassin hydrographique de "la Vie" : le sous-bassin de "la Jaranne",
(extrait du Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux de la Vie et du Jaunay)[3].
et son environnement sur une vue aérienne en 2014.

Le nom de "la Jaranne" ne lui est véritablement appliqué qu’à partir de ce point de son cours, encore que très localement on disait souvent "la Garanne"[1]. Dans sa partie supérieure, elle est le plus souvent appelée d’amont en aval : "ruisseau de la Morandière" puis "ruisseau de la Remaudière", du nom des villages près desquels elle naît puis passe. Sur les cartes IGN, ce dernier nom devient "ruisseau du Godineau" par confusion avec le "Godiveau", le ruisseau qui traverse le bourg de Belleville et rejoint "la Vie" juste après le village de "la Sauvagère"[4].

Au passage de "la Jaranne" en contrebas des château et village de "la Métairie", un modeste moulin à eau avait été installé sur son cours bien avant la fin du XVIIIe siècle. Un petit canal latéral, creusé en certains endroits dans le rocher, profond d’environ 2 m et large d’un peu plus, prenait l’eau quelque 350 m en amont pour alimenter un étroit réservoir qui faisait tourner la roue du moulin. Vu le débit du ruisseau, celui-ci ne pouvait fonctionner durant les mois d'été.


L’environnement de l’ancien moulin à eau de "la Métairie", sur "la Jaranne" :
- creusements dans le rocher et bases de mur
près du canal d’amenée d’eau en 2017 ;
- les noms des quatre métairies de "la Métairie", et ceux des parcelles voisines du moulin
(1836, plan cadastral ; 2014, vue aérienne).

Le cadastre de 1836 ne signale plus à la place de ce moulin qu’une "masure" et un "ebé", c’est-à-dire un bâtiment en ruine et une vanne sur le ruisseau. Cependant, il était alors encore la propriété de meuniers ou d’anciens meuniers, ce qui laisse penser à un arrêt relativement récent de son activité ; ces meuniers étaient : Jean Douaud de "la Grande Roulière", Louis Douaud de "l’Ecorcerie" et Mathurin Montassier de "la Maumernière", ce dernier étant aussi propriétaire du moulin à vent voisin dit "de la Métairie"[5].
Les troupes de la Révolution qui, en 1793-1794, incendièrent les château et village de "la Métairie", semblent aussi avoir été à l’origine de la destruction de ce moulin[6]. Au début du XXIe siècle, l’ancien cours du ruisseau a disparu, celui-ci empruntant désormais l’ancien canal d’amenée d’eau. Les seules autres traces subsistant sont celles de creusements dans le rocher, et, sur 5 m de long, quelques bases de mur.

A 1,5 km en aval du "moulin à eau de la Métairie", et à 1 km avant que "la Jaranne" se jette dans "la Vie", se trouve "Pont Martin". A cet endroit "la Jaranne" est traversée à la fois par le chemin joignant le bourg du Poiré au village de "la Grande Roulière" puis au bourg de Beaufou, et par celui joignant entre eux les différents villages situés au-dessus de la rive nord de "la Vie". Le pont actuel, avec ses quatre "arches carrées", a été édifié à la fin du XIXe siècle, et a pu succéder à une ancienne "planche", passerelle pour l’usage des simples piétons.


"Pont Martin" sur "la Jaranne" :
- à la toute fin de l’hiver 2016-2017 ;
- et peu après 1900 avec Ferdinand Tenailleau, de
"Sainte-Marie", et son chien[7]
(sur la gauche, la 4e arche du pont est cachée par la végétation).

Autres mentions

Dans les années 1960, l’UCAL (Union Coopérative Agricole Laitière) construisit près de "la Morandière", c’est-à-dire près de la source de "la Jaranne", une importante laiterie industrielle. Durant les décennies suivantes, à de nombreuses reprises ses rejets nocturnes couvrirent le ruisseau de mousse blanche, et en détruisirent la faune. Un phénomène qui a pris fin depuis[1].

[1]

Entretiens en 2016 avec Jean-Luc Perrin (né en 1947), ancien habitant du village de "la Métairie".

 
[2]

Cartes IGN, 2010.

 
[3]

Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) de la Vie et du Jaunay.

 
[4]

Fresneau (François-Xavier), Monographie bellevilloise, 1975, p. 167.

 
[5]

Plan et états de sections du cadastre du Poiré-sur-Vie, section A, 2e feuille (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 178).

 
[6]

Cet état des bâtiments du château et du village de la Métairie est décrit dans les "Estimations des biens nationaux du canton du Poiré" (Arch. dép. de la Vendée : 1 Q 212) en mars 1798. Le 1er mai 1798 (12 floréal an VI), le général Travot (1767-1836), profitant de son statut de commandant de troupes occupant la Vendée, récupéra l’ensemble de ces biens pris à leurs anciens propriétaires, les Vaz de Mello, qui avaient été tués par les révolutionnaires au cours des années précédentes. 

 
[7]

Photo par Pierre Tenailleau (1871-1938), frère de Ferdinand (né en 1869), collection particulière.

 

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