Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Jaranne (la)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Hydronymie continentale Masquer
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  • Nature : Hydronymie continentale
    Précision sur la nature du lieu : ruisseau
  • Localisation : "La Jaranne" prend sa source près de "la Morandière" sur Belleville-sur-Vie, et se jette dans "la Vie", sur la commune du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Précisions : Section A
    • Coordonnées cadastrales modernes : Section Z

Données historiques

Histoire et archéologie

"La Jaranne", longue d’environ 8,50 km, est un ruisseau affluent de droite de "la Vie" dans laquelle elle se jette immédiatement en amont du village de "la Pallulière". Elle prend sa source près de "la Morandière", sur Belleville-sur-Vie (et antérieurement à 1850 sur Beaufou). Sur environ 4 km, elle marque la limite entre les communes du Poiré et de Beaufou, séparant ainsi "la Remaudière" de "la Charnière". Elle reçoit plusieurs ruisseaux : sur sa gauche celui dit "du Cerny" (0,54 km), et sur sa droite successivement ceux dit "de la Bizière-Choquet" (3,88 km), dit "le Bizeret" (3,62 km), puis un ruisseau venant de "la Grande Roulière" (2,39 km)[1].

 Le sous-bassin de "la Jaranne",
dans la partie amont du bassin hydrographique de
"la Vie"
d’après le Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux de la Vie et du Jaunay
(environ 6 x 5 km)[2],
quelques localisations de souterrains
 découverts sur ses versants,
et son environnement sur une vue aérienne en 2014 (environ 45 x 27,5 km).

 

Le nom de "la Jaranne" ne lui est véritablement attribué qu’à partir de son entrée sur la commune du Poiré (encore que très localement on disait souvent "la Garanne"[3]), car dans sa partie supérieure, elle porte parfois d’amont en aval sur les cartes les noms de "ruisseau de la Morandière" puis "ruisseau de la Remaudière", des noms des villages près desquels elle naît puis passe[4]. C’est par erreur que les cartes I.G.N., lui donnent le nom de "ruisseau du Godineau", par confusion avec le "Godiveau", ruisseau traversant le bourg de Belleville et rejoignant "la Vie" en dessous du village de "la Haute Sauvagère"[5].

 

Sur ses versants ont été découverts des souterrains, probables témoins d’habitats disparus.

Des vestiges très ténus subsistent du modeste moulin à eau qui avait été installé bien avant la fin du XVIIIe siècle sur "la Jaranne", en contre-bas des château et village de "la Métairie". Un petit canal latéral, d’environ 2 m d’encaissement et large d’un peu plus, creusé en certains endroits dans le rocher, prenait l’eau à quelque 350 m en amont. Il alimentait un étroit réservoir qui faisait tourner la roue du moulin. Celui-ci, vu le débit limité du ruisseau, ne pouvait fonctionner, au plus, que six mois sur douze.

L’environnement de l’ancien moulin à eau
de
"la Métairie", sur "la Jaranne"…
- vues en 2017 : de bases de mur et, près du canal d’amenée d’eau,
de creusement dans le rocher ;

- sur le plan cadastral de 1836 et une vue aérienne en 2014 :
les noms portés autrefois par les métairies de
"la Métairie"
et par les parcelles voisines du moulin.

Les troupes de la Révolution qui, en 1793-1794, incendièrent les château et village de "la Métairie", semblent avoir été aussi à l’origine de la destruction de ce moulin[6].

En 1836, le cadastre ne signale plus qu’une "masure" et un "ebé" (un bâtiment en ruine et une vanne sur le ruisseau). propriété de meuniers ou anciens meuniers (Jean Douaud de "la Grande Roulière", Louis Douaud de "l’Ecorcerie" et Mathurin Montassier de "la Maumernière", ce dernier aussi propriétaire du moulin à vent voisin dit "de la Métairie"[7]), ce qui laisse penser à un arrêt alors assez récent de son activité.

Treize ans plus tard, son emplacement avait rejoint les terres de "la Métairie", récupérées en 1798 par le général Travot (1767-1836) puis vendues par ses héritiers en 1837 à Ossian Morin d'Yvonnière (1814-1890). Celui-ci releva les ruines, et fit appel à André Leroy (1801-1875) pour réaliser un aménagement paysager de l’environnement du château. Sur le plan qui fut proposé en 1849, et en partie réalisé, le moulin à eau et son "ebé" ont disparu, mais dans la végétation sont encore présents : le cours naturel de "la Jaranne", qui n’existe plus aujourd’hui, et le canal d’amenée d’eau qu’elle emprunte désormais.

"La Jaranne", sur le plan de création à la toute fin des années 1840
par l’angevin André Leroy, d’une sorte de parc paysager autour de
"la Métairie"
(en noir, la situation de départ ; en rouge, les propositions d’aménagements)[8].
Le moulin à eau n’est plus là,
une maison de gardien apparait face à la nouvelle allée d’accès au château,
à partir de la route du Poiré aux Lucs qui venait d’être créée en 1839.

 

Dans les années 1960, l’UCAL (Union Coopérative Agricole Laitière) construisit près de "la Morandière", tout près de la source de "la Jaranne", une importante laiterie industrielle. Dans les décennies suivantes ses rejets nocturnes la couvrirent de mousse blanche, et en détruisirent la faune à de nombreuses reprises. Une pollution qui a cessé depuis[3].

 

Autres mentions

En aval de l’ancien "moulin à eau de la Métairie", et à 1 km avant que "la Jaranne" se jette dans "la Vie", se trouve "Pont Martin" où "la Jaranne" est traversée à la fois par le chemin joignant le bourg du Poiré au village de "la Grande Roulière" puis au bourg de Beaufou, et par celui joignant entre eux les différents villages situés au-dessus de la rive nord de "la Vie".

Le pont actuel, avec ses quatre "arches carrées" fut édifié à la fin du XIXe siècle, remplaçant un gué et une ancienne "planche", passerelle permettant le passage des piétons. En été, les chauves-souris viennent se réfugier sous son tablier pendant la journée.

"Pont Martin" et "la Jaranne" :
- à la toute fin de l’hiver 2016-2017 ;
- et vers 1900 avec Ferdinand Tenailleau, de
"Sainte-Marie", et son chien[9]
(sur la gauche, la 4e arche du pont est cachée par la végétation).

 

Sources et références

(sauf mention contraire, les illustrations sont dues à M. Mignet)

[1]

Service d’Administration Nationale des Données et Référentiels sur l’Eau (Sandre) : jeux de données de référence sur la zone hydrographique de la Vie, de sa source à la Petite Boulogne (N1--0150) : ruisseau la Jaranne (N 1004800).

 
[2]

Cf. le Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) du bassin versant de la Vie et du Jaunay, démarré en 2004 et approuvé en 2011.

 
[3]

Entretiens en 2016 avec Jean-Luc Perrin, né en 1947 et habitant depuis les villages voisins de "la Métairie", puis de "la Prunelle".

 
[4]

Institut Géographique Nationale, cartes au 1 / 25 000 : 1225 E (Legé, Palluau) et 1226 E (le Poiré-sur-Vie, Aizenay), 2010.

 
[5]

Fresneau (François-Xavier), Monographie bellevilloise, 1975, p. 167.

 
[6]

L’état dans lequel se trouvait les bâtiments du château et du village de la Métairie est décrit dans les "Estimations des biens nationaux du canton du Poiré" (Arch. dép. de la Vendée : 1 Q 212) établies en mars 1798. Deux mois plus tard, le 1er mai 1798 (12 floréal an VI), profitant de son statut de commandant de troupes occupant la Vendée, le général Travot (1767-1836) s’appropria l’ensemble aux dépens de la famille Vaz de Mello, dont les membres avaient disparus au cours des années précédentes, tués par les révolutionnaires.

 
[7]

Plan et états de sections du cadastre de 1836 du Poiré, section A, 2e feuille (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 178).

 
[8]

Voir, parmi les 260 plans et projets et 47 études du Fonds André Leroy, (Arch. dép. du Maine-et-Loire : 34 Fi), le plan présenté par Isabelle Lévêque dans la Vendée des jardins au fil de l’histoire, 2017, p. 180.

 
[9]

Photo sur plaque de verre, prise vers 1900 par Pierre Tenailleau (1871-1938), frère de Ferdinand Tenailleau (né en 1869), collection particulière mise en ligne sur les Archives départementales de la Vendée (1 Num 1/300-4).

 

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