Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Jaranne (la)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Hydronymie continentale Masquer
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  • Nature : Hydronymie continentale
    Précision sur la nature du lieu : ruisseau
  • Localisation : "La Jaranne" prend sa source près de "la Morandière" sur Belleville-sur-Vie, et se jette dans "la Vie", sur la commune du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Précisions : Section A
    • Coordonnées cadastrales modernes : Section Z

Données historiques

Histoire et archéologie

"La Jaranne", longue d’environ 8,50 km, est un ruisseau affluent de droite de "la Vie" dans laquelle elle se jette immédiatement en amont du village de "la Pallulière". Elle prend sa source près de "la Morandière", sur Belleville-sur-Vie (et antérieurement à 1850 sur Beaufou). Sur environ 4 km, elle marque la limite entre les communes du Poiré et de Beaufou, séparant ainsi "la Remaudière" de "la Charnière". Elle reçoit sur sa gauche le ruisseau dit "du Cerny" (0,54 km), et sur sa droite successivement ceux dit "de la Bizière-Choquet" (3,88 km), dit "le Bizeret" (3,62 km), puis un ruisseau venant de "la Grande Roulière"(2,39 km)[1].

Le sous-bassin de"la Jaranne",
dans la partie amont du bassin hydrographique de
"la Vie"
sur une vue aérienne en 2019 (environ 6 x 5 km)
avec son environnement et la localisation de souterrains
 découverts sur ses versants,
et sur une carte du
Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux
de la Vie et du Jaunay (environ 45 x 27,5 km)[2]
.


Le nom de "la Jaranne" ne lui est véritablement attribué qu’à partir de son entrée sur la commune du Poiré (où il est très localement appelé "la Garanne"[3]), car parfois sur les cartes, dans sa partie supérieure et d’amont en aval, elle porte, les noms de "ruisseau de la Morandière" puis "ruisseau de la Remaudière", des noms des villages près desquels elle naît puis passe[4]. C’est par confusion avec le "Godiveau", ruisseau traversant le bourg de Belleville et rejoignant "la Vie" en dessous du village de "la Haute Sauvagère"[5], que les cartes I.G.N. lui donnent le nom de "ruisseau du Godineau".

Des souterrains, probables témoins d’habitats disparus, ont été découverts sur ses versants.

Bien avant la fin du XVIIIe siècle, un modeste moulin à eau existait sur "la Jarane", en contre-bas des château et village de "la Métairie". Un petit canal latéral, d’environ 2 mètres d’encaissement et large d’un peu plus, creusé en certains endroits dans le rocher, prenait l’eau à quelque 350 mètres en amont. Il alimentait un étroit réservoir qui faisait tourner la roue du moulin qui, vu le débit limité du ruisseau, ne pouvait fonctionner, au plus, que six mois sur douze. Il n’en subsiste que de très ténus vestiges.

L’environnement de l’ancien moulin à eau
de
"la Métairie", sur "la Jaranne"…
- vues en 2017 : de bases de mur et, près du canal d’amenée d’eau,
de creusement dans le rocher ;

- sur le plan cadastral de 1836 et une vue aérienne en 2014 :
les noms portés autrefois par les métairies de
"la Métairie"
et par les parcelles voisines du moulin.

Les troupes de la Révolution qui, en 1793-1794, incendièrent les château et village de "la Métairie", et autres lieux voisins semblent avoir été aussi à l’origine de la fin de ce moulin[6]. En 1836, le cadastre ne signale plus qu’une "masure" et un "ebé" (un bâtiment en ruine et une vanne sur le ruisseau), propriétés de meuniers ou anciens meuniers (Jean Douaud de "la Grande Roulière", Louis Douaud de "l’Ecorcerie" et Mathurin Montassier de "la Maumernière", ce dernier aussi propriétaire du moulin à vent voisin dit "de la Métairie"[7]), ce qui laisse penser à un arrêt alors assez récent de son activité.

Treize ans plus tard, son emplacement avait rejoint les terres de "la Métairie", récupérées en 1798 par le général Travot (1767-1836) puis vendues par ses héritiers en 1837 à Ossian Morin d'Yvonnière (1814-1890). Celui-ci releva les ruines du château, et fit appel à André Leroy (1801-1875) pour réaliser un aménagement paysager de son environnement. Sur le plan qui fut proposé en 1849 et en partie réalisé, le moulin à eau et son "ebé" n’existent plus mais, dans la végétation, on y voit encore le cours naturel de "la Jaranne", disparu aujourd’hui, et son canal d’amenée d’eau devenu son cours actuel.

"La Jaranne", sur le plan de création à la toute fin des années 1840
par l’angevin André Leroy, d’une sorte de parc paysager autour de
"la Métairie"
(en noir, la situation de départ ; en rouge, les propositions d’aménagements)[8].
Le moulin à eau n’est plus là, une maison de gardien apparait
face à la nouvelle allée d’accès au château,
à partir de la route du Poiré aux Lucs qui venait d’être créée en 1839.


Dans les années 1960, l’UCAL (Union Coopérative Agricole Laitière) construisit près de "la Morandière", tout près de la source de "la Jaranne", une importante laiterie industrielle. Dans les décennies suivantes ses rejets nocturnes la couvrirent de mousse blanche, et en détruisirent la faune à de nombreuses reprises. Une pollution qui a cessé depuis[3].

 

Autres mentions

En aval de l’ancien "moulin à eau de la Métairie", et à 1 km avant que "la Jaranne" se jette dans "la Vie", se trouve "Pont Martin" où elle est traversée à la fois par le chemin joignant le bourg du Poiré au village de "la Grande Roulière" puis au bourg de Beaufou, et par celui joignant entre eux les différents villages situés au-dessus de la rive nord de "la Vie".

Le pont actuel, avec ses quatre "arches carrées" fut édifié à la fin du XIXe siècle, remplaçant un gué et une ancienne "planche", passerelle permettant le passage des piétons. En été, les chauves-souris viennent se réfugier sous son tablier pendant la journée.

"Pont Martin" et "la Jaranne" :
- à la toute fin de l’hiver 2016-2017 ;
- et vers 1900, avec Ferdinand Tenailleau, de
"Sainte-Marie", et son chien[9]
(sur la gauche, la 4e arche du pont est cachée par la végétation).

 

Sources et références

(sauf mention contraire, les illustrations sont dues à M. Mignet)

[1]

Service d’Administration Nationale des Données et Référentiels sur l’Eau (Sandre) : jeux de données de référence sur la zone hydrographique de la Vie, de sa source à la Petite Boulogne (N1--0150) : ruisseau la Jaranne (N 1004800).

 
[2]

Cf. le Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) du bassin versant de la Vie et du Jaunay, démarré en 2004 et approuvé en 2011.

 
[3]

Entretiens en 2016 avec Jean-Luc Perrin, né en 1947 et habitant depuis les villages voisins de "la Métairie", puis de "la Prunelle".

 
[4]

Institut Géographique Nationale, cartes au 1 / 25 000 : 1225 E (Legé, Palluau) et 1226 E (Le Poiré-sur-Vie, Aizenay), 2010.

 
[5]

Fresneau (François-Xavier), Monographie bellevilloise, 1975, p. 167.

 
[6]

L’état dans lequel se trouvait les bâtiments du château et du village de la Métairie est décrit dans les "Estimations des biens nationaux du canton du Poiré" (Arch. dép. de la Vendée : 1 Q 212) établies en mars 1798. Deux mois plus tard, le 1er mai 1798 (12 floréal an VI), profitant de son statut de commandant de troupes occupant la Vendée, le général Travot (1767-1836) s’appropria l’ensemble aux dépens de la famille Vaz de Mello, dont les membres avaient disparus au cours des années précédentes, tués par les révolutionnaires.

 
[7]

Plans et états de sections du cadastre de 1836 du Poiré, section A, 2e feuille (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 178).

 
[8]

Voir, parmi les 260 plans et projets et 47 études du Fonds André Leroy, (Arch. dép. du Maine-et-Loire : 34 Fi), le plan présenté par Isabelle Lévêque dans la Vendée des jardins au fil de l’histoire, 2017, p. 180.

 
[9]

Photo sur plaque de verre, prise un peu avant 1900 par Pierre Tenailleau (1871-1938), frère de Ferdinand Tenailleau (né en 1869, et qui sera maire de La Chapelle-Achard de 1900 à 1929), mise en ligne sur les Archives départementales de la Vendée (1 Num 1/300-4).

 

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