Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Jeanne-d’Arc

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
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  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village
  • Localisation : "Jeanne-d’Arc" se trouve à 2,5 km au sud-est du centre-bourg du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : section C, 2e feuille
    • Coordonnées cadastrales moderne : section YT

Données historiques

Histoire et archéologie

Le village de "Jeanne d’Arc" fut créé après 1912 par le dédoublement de la métairie de "la Haute Berthelière" qui s’étendait alors sur 44 ha. Quand la guerre éclata en 1914, il ne restait plus qu’à en couvrir la grange-étable ; il fallut attendre cinq ans plus tard pour que cela se fît[1].

Vue aérienne en 2014 (720 x 520 m) du village "Jeanne-d’Arc"
et de celui de "la Berthelière
 
à partir duquel il fut créé à la veille de la guerre de 1914.
Sa grange-étable qui ne fut recouverte qu’après la fin de cette guerre.
La statue (h = 1,25 m) installée autrefois dans l’église du Poiré,
et se trouvant désormais dans un local du presbytère.

 

Bien qu’on ignore comment son nom fut donné au village, cela est probablement à mettre en rapport avec la popularité croissante de la figure de Jeanne d’Arc depuis les années 1860. A cette époque, des "libres penseurs" comme Jules Michelet ou Jules Quicherat voulaient faire d’elle une sorte de "sainte laïque", afin de concurrencer l’influence de la hiérarchie catholique dont des membres avaient eu, 450 ans plus tôt, un rôle peu glorieux dans la mort de Jeanne. Face à eux, l’Eglise de France s’efforça de mettre en avant sa vie exemplaire : en 1894 Jeanne était déclarée vénérable, quand le village fut créé elle venait d’être béatifiée en 1909 ; et en 1920 elle sera canonisée (pour l’exemplarité de sa vie spirituelle, et non "pour avoir bouté les Anglais hors de France"). Cette popularité a aussi été la consé-quence de l’essor du nationalisme français durant la Révolution et que les défaites de 1814-1815 puis de 1870-1871 renforcèrent ; cet essor contribua à lui donner le statut d’héroïne nationale qui ne lui était pas reconnu par tous auparavant[2]. Au Poiré, une statue d’elle fut installée dans l’église après la guerre de 1914-1918.

Non seulement le nouveau village fut nommé "Jeanne-d’Arc" mais, en accord avec ce nom, un certain nombre de parcelles qui lui sont contiguës (YT 23 à 29 et 73) furent rebaptisées et sont désormais appelées "la Pucelle".

 

Depuis 1914, quatre générations de Martineau se sont succédé à "Jeanne-d’Arc". Ils en sont devenus propriétaires en 1971. Progressivement la surface qu’ils exploitaient est passée de 22 ha à 60 ha, par la prise en location de terres rendues vacantes par la disparition de fermes voisines, en particulier à "la Berthelière" toute proche.

Pour cause de départ en retraite, l’année 2017 aura été la dernière de la ferme de "Jeanne-d’Arc", les terres qu’elle exploitait étant reprises par différents agriculteurs voisins.

 

Autres mentions

La grange-étable de "Jeanne-d’Arc" est représentative des granges-étables traditionnelles, dont l’origine remonte au milieu du XIXe siècle, et dont la dernière à être construite localement le fut un peu avant 1960, au "moulin des Oranges".

Olivier Dugast en a fait la description dans son inventaire exhaustif du bâti agricole du Poiré : "Cette grange-étable est le bâtiment d’exploitation par excellence. Son plan est carré avec une couverture en tuile à deux pans. La partie centrale, était la grange proprement dite. On y stockait la paille, le foin, les fourrages et le matériel agricole de la ferme. Au fil du temps, sa hauteur s’est élevée avec l’accroissement de l’importance de l’élevage dans la production. De part et d’autre étaient disposées les étables, sauf pour les exploitations les plus petites qui n’en ont que d’un côté. Les murs de refend sont percés de baies pour jeter directement le foin dans les mangeoires ; dans certains cas ils s’arrêtent à 2 m, voire disparaissent entièrement, prolongés ou remplacés par des poteaux supportant la charpente."[3]


Les différents types de structures intérieures des granges-étables à nef centrale
inventoriées sur le Poiré par Olivier Dugast[3].
Celle de "Jeanne-d’Arc" est une grange-étable asymétrique
avec une seule étable latérale.

 

Sources et références

[1]

Anecdote rapportée dans les années 1970 par le forgeron Marcel Lorvoire (1920-2001) qui, sa vie durant, exerça son métier sur "Jeanne-d’Arc" et les autres villages de ce secteur du Poiré.

 
[2]

Pour connaître l’essentiel de la vie de Jeanne-d’Arc, à qui le village doit son nom, ainsi que les prolongements innombrables et variés de son histoire post mortem, on se reportera aux notices "la Vie aventureuse de Jeanne d’Arc" et "Jeanne persiste et signe", mises en lignes sur le site "Montaigu-Vendée", avec leurs nombreux liens internes sur les sources de son époque, sa filmographie au grand et au petit écran, les mystères et autres énigmes créés sur sa vie, etc.

 
[3]

Dugast (Olivier), Le devenir du bâti ancien dans le Bocage de Vendée à travers l’exemple du Poiré-sur-Vie, 1996, p. 53-57. Voir aussi les études complémentaires faites par Geneviève Renard-Romieux : "L’Architecture rurale. Un patrimoine en constante évolution", collection Patrimoine de Poitou-Charentes, 1999, p. 167-235 ; ainsi que "La Ferme réinventée. Constructions agricoles du XIXe siècle", par Jean-Philippe Garric et Valérie Nègre, collection Patrimoine de Loire-Atlantique, 2001, 160 p.

 

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