Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Notice rédigée par : Maurice Mignet

Graphies connues

Patronage (rue du) source : Avant de recevoir son nom de "rue Jeanne d'Arc", cette rue était communément appelée à Montaigu : la "rue du patronage", sous-entendu : "du patronage Jeanne-d’Arc"[1].


Nature(s) du lieu

Catégorie : Voie de communication (rue) Masquer
Titre Image
  • Nature : Voie de communication (rue)
  • Localisation : La "rue Jeanne d'Arc" débouche sur le Champ de foire à proximité de la "place de la République".
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : Section A
    • Coordonnées cadastrales modernes : Section AD

Données historiques

Histoire et archéologie

Le nom de "Jeanne d’Arc" a été donné à cette rue parce que s’y trouvait la salle du patronage Jeanne-d’Arc, construite sur un terrain de la communauté des sœurs de Chavagnes[1].  

Cette salle accueillait, entre autres activités, celles de la troupe théâtrale de ce patronage, et les années 1946 et 1947 furent marquées par les mémorables représentations d’une "Passion", dont le souvenir était encore dans la tête des acteurs quelque soixante ans plus tard[2].

En 1947, alors que M. Taras présidait la "Jeanne-d’Arc", messieurs Pouplin, Lebec et Péquin y créèrent le "cinéma Jeanne-d'Arc" qui, lors de sa première séance, projeta "les Cinq sous de Lavarède", et qui fonctionnera jusqu’en 1976[3]. Il faisait partie des nombreux "cinémas familiaux" qui se développèrent alors en France et qui connurent leur âge d’or dans les années 1950.

Près de cette rue, mais donnant sur la "rue des Essarts", se situait l’école "Jeanne-d’Arc", devenue depuis 1987 "le lycée Jeanne-d’Arc". Une école dont le nom remonte à 1903, mais dont l’origine est plusieurs fois séculaire.

Elle est en effet l’héritière directe d’une école qui existait déjà à Montaigu avant 1660, et qui fut réorganisée en 1702 sous le nom "d’école de la Propagation" par Gabriel-Antoine de Crux, seigneur du lieu. Détruite par les troupes républicaines en 1793, elle fut relevée en 1804 par Perrine Pottier, une de ses anciennes institutrices, rescapée des prisons nantaises. En 1836, Philippe-Omer Goupilleau, maire de Montaigu, confia la charge de cette école communale aux religieuses de Chavagnes, qui l’installèrent à son emplacement actuel, "rue des Essarts".

En 1903, la loi de 1901 sur les associations, visant à supprimer les congrégations enseignantes, interdit à la municipalité de Montaigu de confier l'enseignement public à un personnel ayant un statut religieux. Les religieuses, expulsées, reprirent cependant leurs fonctions sous l’habit civil, et l’école poursuivit son activité, avec le statut "d'école libre" et sous le nom "d’école Jeanne-d’Arc"[4].

Avec l’allongement de la scolarité,  cette "école Jeanne-d’Arc" ajouta à son enseignement primaire et à son enseignement professionnel et pensionnat, un collège, puis un lycée Jeanne-d'Arc dispensant aussi des formations supérieures. En 2008, l’école primaire changea son nom pour devenir "l’école Saint-Jean-Baptiste".

Autres mentions

Montaigu n’a pas vu passer Jeanne d'Arc (1412-1431) entre ses murs. Cependant, Jean Harpedane (1408-1461), futur seigneur de Montaigu et qui vivait alors dans l’entourage du dauphin à Chinon, fut aux côtés de "la Pucelle" lors de la délivrance d'Orléans en mai 1429[5].

Aujourd’hui, en dehors du lycée voisin de cette rue, le nom de "Jeanne-d'Arc" est porté à Montaigu par une résidence, par une salle de réunion et, surtout, par un patronage ayant encore, ou ayant eu, de multiples activités culturelles et sportives (gymnastique, théâtre, basket, colonie de vacances, cinéma, foot…)[3].

En 2012, la maison à l’angle de la "rue Jeanne-d’Arc" et du "Champ de foire", ancien "café des Laboureurs", porte gravée sur le linteau rapporté d’un soupirail, la date de "1731".

Jusqu'en 1809, ce secteur de Montaigu bien que situé en bordure immédiate du "Champ de foire" ne faisait pas, contrairement à lui, partie de Montaigu mais dépendait, comme "les Rochettes", de la paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay.

Illustrations

montaigu_jeanne_darc_1.jpg

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La représentation de la Passion par le patronage Jeanne-d’Arc en 1946 (ou 1947)
est longtemps restée dans les mémoires :
nombreux acteurs, chorale, musique… ce fut une grande réussite.
Même les plus jeunes, tenant les nombreux petits rôles et absents de la photo,
s’en souvenaient encore avec émotion 60 ans plus tard.

[1]

Entretien en 2012 avec Denise Favreau-Bourquie, née en 1920, et en son temps membre et animatrice du patronage Jeanne-d’Arc.

 
[2]

Entretiens en 2012 avec Madeleine Allemand-Rivière, Pierre Amiaud, Marie-Josèphe Hervouet-Boucher, Pierre Paré, Simone Paré-Landais, Michel Piveteau, figurants de la Passion de 1946. 

 
[3]

Entretien en 2012 avec Louis-Joseph Douillard, conseiller municipal de 1964 à 1994.

 
[4]

Mignen (Gustave), les Maîtresses et Maîtres d'école de Montaigu avant et depuis 1789, 1907, p. 9-38 et p. 40-46. 

 
[5]

Colrat (Jean-Claude), les Compagnons d’armes de Jehanne la Pucelle et du siège d’Orléans, 1997, tome 2. 

 

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