Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Champagné-les-Marais > Loge (la Grande)

Graphies connues

la Grande Loge (vers 1800) source : carte de Cassini


Nature(s) du lieu

Catégorie : Siège d'exploitation agricole Masquer
  • Nature : Siège d'exploitation agricole
    Précision sur la nature du lieu : ferme
  • Coordonnées
    • Coordonnées LAMBERT : 331-2163

Etymologie

Précisions étymologiques générales
Loge, Loges :

D'après Bocquier : "Le mot loge, qui tire son origine du haut allemand lauba, laubja [...] désignait originellement une cabane de feuillage établie dans une forêt; c'est de ce mot que viennent logis et loger, qu'il ne faut pas rattacher à locare (Longnon, 2714). L'aire géographique de ce mot s'étend surtout aux régions boisées du département, au pourtour des forêts ou des anciennes forêts, mais aussi au Marais poitevin (Maillezais, Champagné, etc.). Longnon (2714) et Dauzat (p.167) classent ce mot parmi les formations modernes. Il en est sûrement ainsi. Mais toutefois il convient de remarquer que l'usage en Poitou en remonte au début du Moyen-âge. Les Loges de Fontenay apparaissent dans un texte de 989 (J. Besly) : "Mansiones ad Fontanetum, quod vocatur ad Locias". On a donné le nom de loges aux abris-refuges établis dans la forêt de Grasla par les Vendéens insurgés en 1793. A noter que la forme pluriel "les Loges" désignait primitivement un groupe de cabanes, de loges".

Données historiques

Histoire et archéologie

La cabane de la Grande-Loge est située dans le marais de la Vacherie, qui s'étend sur les paroisses de Luçon et Champagné[1]. Elles appartenait probablement au fief de la Coudraye qui était la propriété de Denis de Sallo[2] décédé en 1669. Son fils après avoir renoncé à sa succession, racheta la Coudraye en 1689 ; après sa mort, elle est donc considérée comme un acquêt et passe à son frère utérin Jean-Baptiste-Philippe de Loynes, petit-fils de Julius de Loynes, comme, par exemple le Farcin (Champagné) et les cabanes du Pont-à-Didot, et de la Vacherie (paroisse de Luçon).

La Grande Loge est baillée en 1752 par le marquis de La Coudraye (de Luçon, gouverneur de Fontenay-le-Comte) à Gabriel Priouzeau (déjà fermier de la cabane) contre un fermage de 850 livres auquel il faut ajouter 9 livres en argent, 25 livres de beurre, 4 dindons et 6 fromages, pour « menus suffrages » annuels[3] ; puis 900 livres en 1771 par la veuve du marquis et ses enfants[4] au même Priouzeau ; les menus suffrages restent inchangés[5].

La Grand-Loge (150 arpents de terres : environ 50 hectares) est vendue en 1774 par Aimé-Louis-Auguste de Loynes de Boisbaudron, l'un des fils du marquis, à Anne-Joseph Cortez d'Auliac (de Dissais) : 24 600 livres[6]. Le fermage, dans un contexte général de hausse de la rente foncière, bondit à 1200 livres ; la pression du bailleur s'intensifie également à propos des menus suffrages : 20 livres en argent et 50 livres de beurre, en plus des dindons et fromages[7]. Elle est revendue par les deux enfants d'Anne-Joseph, Jean-Joseph et Julie Cortez, en frimaire an XII, à Marie-Jacquette Chevallereau (de Luçon), veuve de Louis-Marie Desayvre des Guerches, pour 7000 francs et le transport d'une rente de 275 francs constituée par leur père (de 900 livres dans l'acte de 1774), soit un total que l'on peut estimer à 12 500 francs[8]. Elle appartient encore à sa fille, Rose-Bénigne Desayvre veuve de Louis Arnault de la Grosserière, lors de l'établissement (vers 1834) du cadastre primitif de Champagné-les-Marais (section A du marais de la Vacherie[9]).

Sources et références

Notice historique par Ph. Moreau (avril 2021, sept. 2021)

[1]

René Riou, Les marais desséchés du Bas-Poitou, Paris, 1907 ; réédition numérique, Editions des régionalismes, 2020, pages 61-62 ; pour un plan voir les pages 200-201. Riou mentionne un acte de société du 22 août 1658 établi à l'instigation de Gabriel des Villates, qui concernerait environ 1900 ha.

 
[2]

"[...] Le dit sieur son père [Denis de Sallo] étant propriétaire de la terre de la Coudraye en Luçon dont les marais appelés la Vacherie en ladite paroisse de Luçon font partie, lesquels étaient en pacage qu'il affermait sans [...] aucun droit de dîme [...]" avant le dessèchement. Arch.dép.Vendée, minutier de Luçon, 3 E 49 9, Simon Bourdeau 1690-1691, acte d'assemblée au sujet des dîmes novales dans le marais de la Vacherie, 2 avril 1690, vues 88-98/623.  

 
[3]

Arch. dép. Vendée, minutier de Luçon, 3 E 49 43, Ranfray 1752-53, 18 juillet 1752, vues 172-173/571

 
[4]

Le marquis de la Coudraye est décédé en 1769. Voir sa notice dans le Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou (dit Dictionnaire Beauchet-Filleau), et les fiches biographiques concernant ses enfants, dans le Dictionnaire biographique des Vendéens

 
[5]

Arch. dép. Vendée, minutier de Luçon, 3 E 49 31, Jacques-François Royer 1771-1772, vues 91-92/294

 
[6]

Arch. dép. Vendée, minutier de Luçon, 3 E 49 51, Frédéric-Prix Pouget-Desmareilles 1773-75, 30 août 1774, vues 215-220/329

 
[7]

Bail du 11 décembre 1779 : Arch. dép. Vendée, minutier de Luçon, 3 E 49 36-1, Jacques-François Royer, vues 216-217/395

 
[8]

Arch. dép. Vendée, minutier de Luçon, 3 E 48 20, Charrier an XI, 23 frimaire an XII, vues 531-532/543

 
[9]

Section A du Marais de la Vacherie (parcelles 1-279) : Archives de Vendée (vendee.fr)

 

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