Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Château, logis, motte féodale Masquer
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  • Nature : Château, logis, motte féodale
    Précision sur la nature du lieu : logis
  • Localisation : Le "Logis du Château" était situé à une dizaine de mètres au sud de l'actuelle mairie de Montaigu.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : A 287
    • Coordonnées cadastrales modernes : AH 184

Données historiques

Histoire et archéologie

On appelait "Logis du Château" (de Montaigu), le bâtiment habité par le maître des lieux. Au fil des siècles, il y eut plusieurs "Logis du Château" successifs à Montaigu.
"L’Hôtel de Bourbon" n’est certainement pas le premier, mais est le plus ancien "logis du Château" que l’on connaisse. Situé dans la haute cour du Château, au niveau de l’actuel "pavillon des Nourrices", il était contigu au "portail de Bourbon" qui, par un pont-levis, faisait communiquer la haute cour avec la basse cour. Si son nom est lié à celui d’anciens seigneurs de Montaigu, il daterait au moins de 1517. En 1586, il fut détruit lors du démantèlement du Château[1].
Après 1588, il fut remplacé par un nouveau "logis" qui, mesurant 38,6 m de long sur 15,9 m de large, surplombait la Maine et fut démoli au milieu des années 1630, par les nouveaux propriétaires des lieux[2].
En effet, en 1633 la baronnie de Montaigu fut achetée par Renée d’Avaugour et son époux Gabriel de La Lande de Machecoul, nouveau seigneur de Vieillevigne. Ils décidèrent d’édifier dans sa partie sud ce qui sera le dernier "Logis du Château", ainsi que quelques bâtiments annexes[3]. C’était une construction d’environ 37 m de long sur 15 m de large avec, vers le sud-est, une terrasse de 5 m sur 10, le tout à un peu plus d’un mètre au-dessus de l’esplanade qui l’entourait[4]. Ce "logis" de 1636 n’avait, semble-t-il, pas de lien avec les constructions sous-jacentes, d’origine plus ancienne. Il était accompagné d’un "pavillon" qui existe encore, et est appelé aujourd’hui "le pavillon des Nourrices".
Sous la Révolution, ce "Logis du Château" fut mis sous séquestre en tant que bien national. En octobre 1793, les troupes chargées de la répression dans la région s’y installèrent, puis en 1797 s’y ajouta une brigade de gendarmerie. Ces différentes occupations entraînèrent sa dégradation. En 1800, il devint le siège de la sous-préfecture de Montaigu qui venait d’être créée, mais en 1809, un orage ayant aggravé l’état du bâtiment elle déménagea dans une maison voisine, en bas de la "rue du Vieux couvent", avant d'être supprimée quelques mois plus tard[5].
Bien national invendu, le "Logis" et ce qui restait du Château (sauf les prairies occupant son ancien étang) retournèrent à leur ancien propriétaire, Jacques-Gabriel de Juigné. Le tout fut laissé à l’abandon jusqu’en 1843, année où le maire de Montaigu, Armand Trastour, fît acheter l’ensemble par la ville. A l’exception du "pavillon des Nourrices", il fit raser en 1852 tous les bâtiments ayant jusqu’alors survécu à la Révolution, dont ce "Logis du Château"[6].
En 1865 enfin, un peu en avant de l’emplacement de ce dernier logis, Armand Trastour fit élever pour Montaigu un "hôtel de ville" ostentatoire : la mairie actuelle.

Autres mentions

A l’exception de deux plans, on ne possède pas de représentations des "Logis du Château" successifs de Montaigu. Le plus ancien de ces plans représente  le logis qui, entre 1588 et 1633, avait succédé à "l’Hôtel de Bourbon"[2]. Le second plan, date de 1797 et représente le logis construit en 1636 ; il fut dressé en vue d'y établir la brigade locale de gendarmerie[4].
Une gravure de la fin de la première moitié du XIXe siècle, faite par le célèbre auteur d’eaux fortes et amateur d'antiquités Octave de Rochebrune (1824-1900), fait apparaître furtivement ce dernier "logis du château", peu de temps avant qu’il fût rasé par le maire Armand Trastour[7].

Illustrations

montaigu_logis_du_chateau_5.jpg

montaigu_logis_du_chateau_5.jpg


Le "Logis du Château" de Montaigu au fil des ans…
- en haut à gauche : plan du logis construit après 1588 et démoli en 1636 ;
- en haut à droite : les
"Ruines du Château de Montaigu" et le logis construit en 1636
(gravure d’Octave de Rochebrune, vers 1840) ;
- en bas à droite : plan du rez-de-chaussée du logis construit en 1636,
dressé le 9 frimaire de l’an VI / 29 novembre 1797
.

[1]

Goué (Alain de), le Démantèlement de Montaigu (1581, 1586, 1588), 1910, p. 57-58.

 
[2]

Dubuisson-Aubenay (Nicolas), Itinéraire de Bretagne en 1636, éd. 2006, p. 848.

 
[3]

Dubuisson-Aubenay (Nicolas), Itinéraire de Bretagne en 1636, éd. 1902, t. 2, p. 168.

 
[4]

Plan d’une gendarmerie à établir au Château de Montaigu, 9 frimaire An VI / 29 novembre 1797 (Arch. dép. de la Vendée : R 118-1 et R 118-2).

 
[5]

Yavchitz-Koehler (Sylvie), "la Préfecture de la Vendée", 303, Recherches et Créations, n°68, 2001, p. 7-12.

 
[6]

Arrêtés et Délibérations municipales de Montaigu, "Éphémérides par année de 1836 à 1856" (Arch. dép. de la Vendée : 146 R3, dernières pages).

 
[7]

Cette gravure de Montaigu, insérée dans l’Histoire des guerres de religion (1894, vol. 2, p. 334) de Louis Brochet, est légendée : "Ruines du château de Montaigu" ; les éléments architecturaux qui y sont présents et ceux qui n’y apparaissent pas, la font dater autour de l’année 1840.

 

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