Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Saint-André-Goule-d'Oie > Machicolière (la)

Notice rédigée par : Emmanuel François

Graphies connues

la Machicolière (1605) source : Cité aussi sur la Carte de Cassini, les cartes d'état-major (1849-1910), et la carte IGN (1975)


Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village et tènement sous l'Ancien Régime
  • Coordonnées
    • Coordonnées LAMBERT : 331-2209

Données historiques

Histoire et archéologie

Le village de la Machicolière situé près du bourg de Saint-André-Goule-d’Oie, en direction du nord-est, a absorbé au sortir du Moyen Âge un village situé tout proche de lui en allant vers le Coudray et appelé la Dibaudelière. Ce dernier était aussi le nom d’un tènement ou concession d’un petit territoire à des propriétaires par un seigneur. Ce dernier était celui du Coin (appelé le Coin Foucaud), et son droit de seigneurie fut possédé depuis le 15e siècle par la seigneurie de Languiller (Chauché) jusqu’à la Révolution. Il en était de même pour le tènement de la Machicolière, mais jusqu’en 1789 on distinguait les deux tènements car les redevances seigneuriales relevaient de deux concessions différentes.

Le village de la Machicolière, avec son jardin, occupait une surface d’environ 3 boisselées (près de 4 000 m2), comprenant une dizaine de propriétaires en 1654[1]. On imagine l’entassement des maisons avec leurs appentis, granges, « loges » (remises), et « tets » (toits) aux animaux. Le jardin s’appelait le Grand Verger. Les terres labourables du tènement (terroir) totalisaient 248 boisselées et les prés 6,5 journaux. Cela faisait un ensemble d’environ 270 boisselées (33 ha) répartis sur 25 champs et prés, dont chacun de leur nom est cité dans les déclarations. On a par exemple le Pâtis du Vivier, dont le nom anticipe probablement l’espace devenu désormais le Hameau du Vivier. Le nom actuel du lieu-dit Baillargeau fait écho au champ du Baillargeau, écrit par les notaires depuis des siècles.
Il fallait y ajouter un petit tènement qui en dépendait, appelé le Bordage, et qui totalisait environ 3 ha actuels, avec son demi-journal de pré et ses 20,5 boisselées de terre, le tout dans 6 champs.

Ces surfaces ne représentaient pas tout l’espace, mais seulement ce qui était exploité. C’est ainsi qu’à la fin du 16e siècle on a encore mis une friche en exploitation à la Machicolière[2].
Et à côté de la Dibaudelière, le seigneur du Coin possédait aussi une garenne (parcelle pour le gibier), dite de la Vrignonnière et un bois, dit de la Dibaudelière[3].
Le seigneur de Languiller a vendu au 16e siècle les redevances féodales dues par les teneurs (propriétaires) de la Machicolière et Dibaudelière, par moitié au seigneur de la Boutarlière (Chauché) et à un roturier des Essarts nommé Brisseau[4]. Il s’était gardé le titre du fief du Coin Foucaud, dont il rendait toujours l’hommage au baron des Essarts. Pour cela il gardait la justice seigneuriale portant sur les droits seigneuriaux. La documentation disponible ne permet pas de savoir qui touchait les redevances en cas de mutation de propriété, appelées lods et ventes. Les possesseurs des redevances féodales lui devaient 3 sols de « service annuel de cens et devoir noble pour la reconnaissance féodale ». Et bizarrement le seigneur de Languiller n’avait pas vendu une redevance de 5 chapons, dus par les teneurs de la Machicolière chaque année.
Les redevances féodales qu’il avait vendues étaient annuellement les suivantes, réparties solidairement entre tous les teneurs :
droit de terrage (ou champart) consistant à prélever 1/6 des récoltes (sauf pour une ouche et un jardin), après la perception de la dîme au profit de l’Eglise.
cens et petites rentes d’un montant de 84 sols et 8 deniers, répartis entre tous les propriétaires du tènement (une livre de viande valait 5 sols au temps de Louis XIV). Le cens de la Dibaudelière se montait à 40 sols par an.
dîme de 2 agneaux et 2 toisons de laine de brebis.
Le seigneur de la Boutarlière qui a acheté les redevances féodales était un Gazeau de la Brandasnière, lointain héritier des Drouelins, seigneurs de Saint-Fulgent et Linières. La petite seigneurie de la Boutarlière rendait d’ailleurs hommage à Linières, et possédait aussi la mouvance sur le fief de Saint-André-Goule-d’Oie, qui désignait le bourg de la paroisse du même nom[5].

Dans la deuxième moitié du 17e siècle, la Boutarlière devint par mariage possession de Philippe de Joncourt, baron de la Forêt-sur-Sèvre. Toujours par mariage la Boutarlière passa ensuite à Charles comte du Bellay, enfin à Anne Auguste de Montmorency (1679-1745), cinquième prince de Robecq et Grand d’Espagne. Son descendant la vendit en 1770, avec les droits sur la Machicolière, à Jacques Grégoire Boutillier, notaire et procureur fiscal, habitant Mortagne-sur-Sèvre[6].
Les possesseurs de l’autre moitié des redevances féodales, devinrent par héritage les Auvinet de la Gandouinière (Saint-André) et un Bertrand de la Goupillère (Saint-Martin-des-Noyers). Un bourgeois de Saint-Fulgent, Proust, les acheta ensuite, et ses héritiers en vendirent la moitié au prince de Robecq[7]. Celui-ci en était donc propriétaire des trois quarts quand il vendit la Boutarlière en 1770. Ainsi, à la veille de la Révolution, les droits seigneuriaux de la Machicolière appartenaient à des roturiers.

Emmanuel François
28-10-2018

[1]

Déclaration noble du 2-3-1654 de Gazeau, Bertrand et Auvinet à Languiller pour des droits seigneuriaux au fief de la Machicolière, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/G 37.

 
[2]

Aveu du Coin Foucaud et du Vignault du 2-7-1605 par Languiller aux Essarts, reproduisant en aveu de 1550, ibidem, 150 J/G 61. Et déclaration noble du 27-4-1609 de Plouer, Brisseau et Auvinet à Languiller pour des droits seigneuriaux au fief de la Machicolière, ibidem,  150 J/G 37.

 
[3]

Ibidem.

 
[4]

Ibidem.

 
[5]

Positions contradictoires sur la dépendance de Saint-André-Goule-d’Oie à Linière et factum de M. du Plessis Clain contre M. La Brandasnière dans un mémoire de 1646, ibidem : 150 J/C 17. Voir aussi l’article en ligne sur le site des Archives de la Vendée, "Pour l'honneuroupour l'argent ? Rivalité à Saint-André Goule d'Oie au XVIIe siècle."

 
[6]

Xavier Aimé, La Boutarlière ou le passé retrouvé, édité par l’auteur. Archives de la Vendée : BIB MEM 455.

 
[7]

Déclaration noble du 1-9-1753 du prince de Robech à Languiller pour des droits seigneuriaux au fief de la Machicolière, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/G 37.

 

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