Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Maine (la)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Hydronymie continentale Masquer
  • Nature : Hydronymie continentale

Etymologie

 

Pour ce qui est de la toponymie et de l’hydronymie, certains attribuent à "la Maine", ainsi qu'à ses variantes ("Mayenne", "Moine"…) une incertaine origine celtique (gauloise) : medu = doux[1] ; mais d’autres racines celtiques, tout aussi incertaines, ont aussi été avancées mad = se répandremedio = milieumag = grand, fort[2]

 

Données historiques

Histoire et archéologie


"La Maine"
, rivière traversant Montaigu, est le résultat de la réunion à Saint-Georges-de-Montaigu, de la "Petite Maine" venant des Essarts et de la "Grande Maine" venant des Herbiers. Avec cette dernière, elle a une longueur de 68 km. Elle rejoint la "Sèvre nantaise" à 25 km au nord de Montaigu[3]. Ce nom de rivière n'est pas unique en France.

Sur Montaigu, "la Maine" coule sur environ 3,5 km, de la chaussée du "moulin de l'Égault" à la chaussée du "moulin Gros" (situé, lui, sur Saint-Hilaire-de-Loulay). Cette portion de cours y est partagée par la chaussée du "moulin Saint-Nicolas" en deux gourgs[4], le premier faisant environ 2,25 km de long et le second environ 1,25 km[5]. Elle reçoit trois petits ruisseaux sur sa rive droite, d’amont en aval : le "ruisseau de l’Égault" (ou "de la Brosse"), "l’Asson" et "le Riaillé" ; et un sur sa rive gauche : le "ruisseau des Bretonnières".

Le débit moyen de "la Maine" est de l’ordre de 5,5 m3/sec, pouvant s’élever à 220 m3/s lors des crues et chuter à 0,003 m3/s (soit 3 l/s) lors des étiages. Sans les chaussées des anciens moulins, elle serait à sec en été[5]. Son lit mineur est occupé par des prairies inondables, avec un reste de bras mort au pied du versant du "Haut-Bois", en face du "Château de Montaigu".

Constituant un obstacle naturel, le cours de "la Maine" était au Moyen Age un élément important dans la défense de la ville. Aux pieds du Château, cet obstacle était encore élargi, grâce à la chaussée du "moulin de Saint-Nicolas".

Fin 1798, on annonça que "l’ingénieur de la division [viendrait pour] visiter le canal de la Petite Maine en notre canton, et proposer ses vues sur la possibilité de rendre cette rivière navigable"[6]. En 1818, J.-A. Cavoleau (1754-1839), disciple des physiocrates et précédemment secrétaire général de la Préfecture de la Vendée, proposait de la rendre navigable :

"Dans son état actuel, la Maine n’a aucune importance ; mais il est sans doute facile de la rendre navigable […]. Tout le commerce de la région de Montaigu se fait vers la ville de Nantes, et les transports ne peuvent s’effectuer que par terre, souvent même avec des bêtes de somme. C’est surtout de cette manière que se fait le commerce des grains […]. Il est facile de sentir quelle extension et facilité donnerait à ce commerce la petite navigation que je propose. Elle fournirait en outre une grande quantité d’engrais […]"[6].

Ce genre de projet n’était pas nouveau à l’époque dans la région : au XVIIIe siècle, des Clissonnais demandaient que les États de Bretagne, qui avaient déjà fait édifier des écluses à sas à Vertou (30,40 m sur 5,20 m) vers 1752[7], en établissent d’autres sur la Sèvre, pour franchir la demi-douzaine de chaussées suivantes portant des moulins, afin que la navigation puisse remonter de Monnières / le Pallet jusqu’à leur ville[8].

La situation géographique du bassin de "la Maine"
(Association de la Sèvre Nantaise et de ses Affluents).

En haut, "la Maine" navigable près des écluses de Château-Thébaud vers 1910,
autant fréquentée alors pour la promenade que pour le fret.
En bas,
"la Maine" à Montaigu en août 2011,
avec les vannes et la chaussée du
"moulin de Saint-Nicolas".


L’invention non prévisible du chemin de fer, quelques années plus tard, rendit à terme tous ces projets caducs. La navigation ne s’étendit sur la Sèvre que sur les 21,3 km séparant les écluses de Vertou du "port de Monnières", et que sur quelque 5 km sur "la Maine", de son embranchement avec la Sèvre jusqu'à Château-Thébaud. De là de nouvelles écluses (16,40 m sur 4 m) la prolongèrent cependant de 5 km supplémentaires, en 1890[9]. Ces dernières écluses ont été détruites vers l'année 2000 par une association écologique.

 

Autres mentions


A Montaigu, "la Maine" donne son nom...

- à la "rue des Prés des Maines", sur sa rive gauche et à l'ouest de la voie ferrée,
- à la "place de la Maine", située immédiatement au sud-ouest du "pont Saint-Nicolas",
- à la "rue de la Maine", au-dessus du "moulin de l’Egault".

Parfois à Montaigu - et seulement à Montaigu - on rencontre pour "la Maine" le nom de "les Maines réunies". Certains lui voient une origine révolutionnaire, cette terminologie évoquant celle qui avait valu leurs noms aux Départements, à cette époque et sous l’Empire.

Au début du XXe siècle "la Maine",
entre
"le moulin Saint-Nicolas" et celui de "l’Egault",
lieu de promenade dominicale originale.
Une distraction qui, cent ans plus tard, a quasiment disparu.
(collection Jacques Rivière)

 

Sources et références

(sauf mention contraire, les illustrations sont dues à M. Mignet)

[1]

Rostaing (Charles), les Noms de lieux, PUF, p. 111.

 
[2]

Le Quellec (Jean-Loïc), Dictionnaire des Noms de lieux de la Vendée, 1995, p. 155.

 
[3]

Cartes IGN. 

 
[4]

Terme utilisé sur la Sèvre nantaise pour désigner une portion de rivière séparant deux chaussées.

 
[5]

Syndicat mixte Établissement Public Territorial du Bassin de la Sèvre Nantaise.

 
[6]

Délibérations du Conseil municipal, 18 frimaire An VII / 6 décembre 1798 (Arch. dép. de la Vendée : 146 R3).

 
[7]

Ogée (Jean-Baptiste), Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, 1778-1780, 1778-1780, t. 2, p. 512, t. 4, p. 508.

 
[8]

Du Boueix (Michel), "Topographie médicale de la ville et de l’hôpital de Clisson en Bretagne", in Journal de médecine, chirurgie, pharmacie, etc., tome LXXV, juin 1788, p. 385 à 417.

 
[9]

Pour quelques compléments sur l'histoire de "la Maine" à Montaigu, voir dans les pages sur l'Histoire de Montaigu / 1800-1836 : "1798 - le dernier des physiocrates de Montaigu".

 

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