Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Saint-André-Goule-d'Oie > Mancellière (la)

Notice rédigée par : Emmanuel François

Graphies connues

Manseliere (la) (1800) source : Carte de Cassini

Mancellière (la) (1499) source : Actes et cartes d'état-major (1849-1910)

Mancelière (la) (1975) source : Carte IGN


Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village et seigneurie
  • Coordonnées
    • Coordonnées LAMBERT : 328-2214
Catégorie : Château, logis, motte féodale Masquer
  • Nature : Château, logis, motte féodale
Catégorie : Siège d'exploitation agricole Masquer
  • Nature : Siège d'exploitation agricole
    Précision sur la nature du lieu : Métairie (fermage)
Catégorie : Vigne, fief de vigne Masquer
  • Nature : Vigne, fief de vigne
    Précision sur la nature du lieu : fief de vigne à complant

Données historiques

Histoire et archéologie

Situé au nord de la commune de Saint-André-Goule-d’Oie, le village de la Mancellière fut le siège d’une seigneurie. Celle-ci dépendait d’un seigneur qui relevait des Essarts, et demeurait près de son château fort, au lieu-dit des Bouchauds dont il portait le nom. La seigneurie des Bouchauds appartenait depuis 1437 au seigneur de Languiller (Chauché), qui s’appelait alors Jean de Sainte-Flaive[1]. Auparavant une famille d’Aubigné avait possédé les Bouchauds, et aussi la Roche Mauvin, petit fief noble proche de la Mancellière. Plus précisément, la seigneurie des Bouchauds étaient possédée depuis le 15e siècle, à moitié par Languiller et à moitié par son suzerain : le baron des Essarts.

En 1499 le seigneur de la Mancellière s’appelait Jean Prevost, écuyer[2].Puis la seigneurie fut acquise peu après par la famille Linger, qui était seigneur de Mermande (Saint-Christophe-de-Ligneron)[3]. Les Linger possédaient aussi les droits seigneuriaux des deux villages voisins du Coin et du Peux dans la 2e moitié du 16e siècle. Le château du Coin était en ruine à ce moment-là, et l’ensemble de la seigneurie du Coin Foucaud (comme on disait alors) était aussi devenue la propriété de Languiller[4]. Puis la Mancellière fut achetée par le seigneur de la Rabatelière dans la première moitié du 17e siècle. Le manoir de la Mancellière fut alors habité par un régisseur. Avec sa cour au-devant, il était entouré d’une muraille. Il y avait un pigeonnier, un four à cuire le pain, un cellier avec un grenier au-dessus et à coté une habitation, et aussi une grange, une petite écurie et une galerie[5]. Il fut incendié pendant la Révolution[6].

 

Dès le 17e siècle on a pu compter environ 200 boisselées (25 hectares) de prés et terres labourables autour du manoir, plus environ 25 arpents (12 hectares) de bois[7]. Non loin la métairie de la Maison Neuve avait été créée par le seigneur Prévost en 1499[8]. Les « Petites Mancellières », dont les maisons ont disparu, était un petit fief noble proche, qui relevait de lui. Comme aussi relevait de lui le tènement voisin du Puy Sallé d’une superficie d’environ de 53 boisselées (6,5 ha), ne comportant pas d’habitation, et qui avait été concédé à des propriétaires du Plessis-le-Tiers. Il en était de même pour celui des Charprais d’une superficie d’environ 340 boisselées (41 ha), aussi sans habitation, qui avait été concédé à plusieurs propriétaires de la Maison Neuve.

 

Au sortir du Moyen Âge on cultivait déjà la vigne dans un champ au sud du manoir, suivant le régime du complant. Ce denier était une concession de terre, où le seigneur propriétaire conservait la propriété du sol, alors que l’exploitant possédait les pieds de vigne aussi longtemps qu’il les entretenait. La redevance consistait en une partie de la vendange donnée au propriétaire du sol, le quart en 1514, abaissé au cinquième ensuite. C’est ainsi qu’en 1788 on a 48 propriétaires de cépages dans le fief de vigne de la Mancellière, produisant environ 26 à 40 barriques de vin au total selon les années[9].

 

Il y avait un moulin à vent appelé le « Moulin des landes de la Mancellière », appartenant au châtelain de la Rabatelière. Le 25 juillet 1676, ce sont Jacques Roger, meunier, demeurant à la Moriniène de Chavagnes, et Maurice Maindron, aussi meunier, demeurant à la Boninière de Saint-André-Goule-d’Oie, qui afferment le moulin pour cinq ans, moyennant un loyer annuel de 45 livres[10].

 

La métairie de la Mancellière fut affermée pour 6 ans en 1677 par Gabriel et Pierre Debien, père et fils, aussi métayers de la Brenenière (Rabatelière), pour 172 livres annuelles[11]. S’y ajoutaient ce qu’on appelait les menus suffrages (10 livres de beurre par an), et les droits seigneuriaux dus par moitié à Languiller (à cause des Bouchauds) et l’autre moitié aux Essarts (à cause aussi des Bouchauds).

En 1700, le métayer s’appelle Pierre Pineteau et la ferme est descendue à 150 livres, à cause de la crise climatique dévastatrice des dernières années 1690, et du manque d’entretien des bâtiments par les propriétaires, alors en situation de quasi banqueroute. La ferme remonte à 180 livres en 1720 avec l’amélioration de la situation. Elle était toujours à ce niveau en 1758 quand un nouveau bail de 9 années fut signé au profit d’un nouveau fermier : Jean Allain et Jacquette Champaigne sa femme. Ils remplacèrent la veuve de Charles Boisson à partir de la Saint-Georges 1760[12].

La métairie de la Mancellière est restée la propriété de Mme de Martel pendant la Révolution. Elle est décédée en 1827, à la suite de quoi, ses héritiers la vendirent, avec l’ensemble du domaine de la Rabatelière, à Charles de la Poeze en 1828. La borderie voisine dans le même village, était la propriété en 1838 de Marie Joseph Allain (cadastre napoléonien de Saint-André-Goule-d’Oie accessible sur le site internet des Archives départementales de la Vendée).

 

Emmanuel François

28-10-2018

[1]

Mémoire vers 1680 disant que Languiller est chemier des Bouchauds, Archives de la Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/A 12-5.

 
[2]

Aveu du 7-11-1607 de la Mancellière, le Plessis-le-Tiers, le Coin et le Peux, et contrat d’échanges de terres du 7-2-1499 entre Jean Prévost et Guillaume Turcot, ibidem, 150 J/G 38.

 
[3]

Copie de l’aveu de la Mancellière le 26-8-1514 de Jeanne Raclet à Languiller (Jean de Belleville), ibidem, 150 J/G 38.

 
[4]

Aveu du 7-11-1607, ibidem, 150 J/G 38.

 
[5]

Visites en août et septembre 1700 pour évaluer les réparations à faire dans les domaines de la Rabatelière, ibidem, 150 J/A 13-1.

 
[6]

Abbé Charpentier, Saint-André-Goule-d’Oie, chez nous en 1793, 1906, p. 166.

 
[7]

Aveu de la Mancellière le 26-8-1514, Archives de la Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/G 38.

 
[8]

A. de Guerry, Chavagnes, communauté Vendéenne, Privat, 1988, p. 74.

 
[9]

Déclaration roturière du 21-11-1788 des teneurs du fief de vigne de la Mancellière, Archives de la Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/G 38.

 
[10]

Ferme du 25-7-1676 du moulin à vent de la Mancellière avec quittances, ibidem, 150 J/G 48.

 
[11]

Bail du 26-1-1677 de la Mancellière et de la Brenenière, ibidem, 150 J/G 48.

 
[12]

Ferme du 18-4-1758 de la métairie de la Mancellière à Jean Allain, ibidem, 150 J/E 29.

 

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