Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Matifeux (chemin de)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Voie de communication (rue) Masquer
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  • Nature : Voie de communication (rue)
  • Localisation : L'ancien "chemin de Matifeux", maintenant "rue de Matifeux", part de la "rue du colonel Taylor" et se dirige vers le village de Matifeux, situé au nord-est, sur la commune de Saint-Hilaire-de-Loulay.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : Section A
    • Coordonnées cadastrales modernes : Section AE

Données historiques

Histoire et archéologie

L’ancien logis de "Matifeux" (ou "Matifeu"), sur Saint-Hilaire-de-Loulay, présente l'originalité pour la région de s'inscrire dans une cour fermée, et d’avoir conservé son ancien pourpris (jardin et verger enclos de murs les protégeant des animaux). Sous le nom de "Mateflon", c’est probablement de lui que parle Agrippa d’Aubigné, alors qu’il est assiégé dans Montaigu en septembre 1580[1].

Avant et après la Révolution, "Matifeux" appartenait à Charles-Louis Dugast. Celui-ci avait ajouté ce nom "Matifeux" à son patronyme afin de lui donner un caractère aristocratique qui flattait la vanité de la bourgeoisie de l'époque.

Lorsque se produisit le soulèvement populaire de mars 1793, il s’enfuit à Nantes. Revenu quelques mois plus tard à Montaigu, il fut nommé par les autorités départementales membre de la municipalité républicaine et arrondit ses propriétés par l’achat de biens nationaux, tel l’ancien couvent des Fontevristes dont il vandalisa les bâtiments afin d’en tirer au plus vite le plus d’argent possible[2]. Il fit rebâtir "Matifeux", que les troupes de Kléber avaient incendié le 6 octobre 1793[3], en reprenant le  plan symétrique originel, mais peu des bâtiments reconstruits alors existent encore aujourd’hui. Nommé en 1796 "commissaire du Directoire exécutif départemental" pour surveiller les membres de l’administration municipale et les habitants de Montaigu, il fut poussé à la démission en novembre 1797 par le ministre de l’intérieur, François de Neufchâteau, qui lui reprochait son incompétence et son trop important manque de désintéressement[4].

Charles-Louis Dugast (1752-1831) se maria tardivement, en 1811, avec la jeune Adélaïde Monteau (1786-1864). Ils furent les parents d’un garçon, Charles Dugast-Matifeux (1812-1894) qui, après avoir mené entre 1830 et 1840 une vie d’étudiant à Paris, revint à Montaigu où il vécut de ses rentes et constitua une vaste collection de documents historiques, tout en s'efforçant d'y cultiver une réputation d’érudit local et de maître à penser républicain.

Illustrations

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"Matifeux" en 2012, et sur le plan cadastral de 1818 de Saint-Hilaire-de-Loulay (environ 130 x 180 m).

[1]

Agrippa d’Aubigné, Mémoires, édition 1854, p. 261 et 264.

 
[2]

Mignen (G.), les Religieuses Fontevristes de N-D de St-Sauveur à Montaigu (1626-1792), 1902. 

 
[3]

Kléber (Jean-Baptiste), Mémoires politiques et militaires, édition 1989, p. 120 à 125.

 
[4]

Lettre du ministère de l’intérieur au département, 29 septembre 1797 (Arch. dép. de la Vendée : L 166).

 

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