Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

Espace contributeur

Identifiez vous - Pour en savoir plus

Résultat

imprimer la notice complète

Poiré-sur-Vie, Le > Mélanière (la)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
Titre Image
  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village
  • Localisation : "La Mélanière" se trouve à 8 km au sud-est du centre bourg du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : section E, 3e feuille
    • Coordonnées cadastrales moderne : section E

Données historiques

Histoire et archéologie

"La Mélanière", est située sur la limite du Poiré et de la commune voisine de Mouilleron-le-Captif. Absente en 1770 sur la carte de Cassini, elle pourrait y correspondre au village, aujourd’hui inexistant, de "la Pierre blanche". Au début du XIXe siècle, non loin de la grande route de La Roche à Nantes ouverte en 1811, elle était formée d’une seule métairie d’un peu plus de 20 ha, aux parcelles regroupées, et faisant partie de "l’amenage" (domaine, propriétés[1]) du château tout proche de "l’Éraudière"[2], sur la commune de Dompierre. En 1900, elle fut partagée en deux métairies de 10 ha chacune, et des bâtiments pour la nouvelle exploitation furent édifiés le long de la route menant du "moulin des Oranges" à "la Ribotière".


"La Mélanière", aux limites (en blanc) du Poiré et de Mouilleron,
sur une vue aérienne en 2014 (environ 740 x 675 m).
La voie ferrée Nantes-Bordeaux et (en jaune) 
la voie métrique joignant de 1901 à 1939 La Roche à Legé,
et trois vues de l’ancienne gare de Mouilleron-Dompierre vers 2000.
Entourées en violet : les terres de la métairie de
"la Mélanière"
en 1836 sur le cadastre du Poiré.

Les terres de "la Mélanière" avait été coupées et réduites en 1866 quand la ligne ferroviaire de Nantes à La Roche-sur-Yon avait été tracée. Elles furent de nouveau amputées en 1901 par la construction de la ligne à voie métrique allant de La Roche à Legé et traversant la commune du Poiré sur une vingtaine de kilomètres[3]. Longeant la voie ferrée précédente jusqu’avant le passage à niveau de la route allant à "la Ribotière", cette nouvelle voie ferrée faisait ensuite une courbe pour rejoindre et suivre la route conduisant au Poiré par les villages de "Bellenoue" et du "Bouchaud". C’est au sortir de cette courbe que se situait, la minuscule gare de "Mouilleron-Dompierre", composée pour les voyageurs d’un abri ouvert sur la voie, avec un guichet donnant sur une pièce attenante, et d'une annexe pour les marchandises et le matériel ferroviaire, tandis que le chef de gare occupait une maison voisine le long de route. Englobés dans des constructions nouvelles, ces locaux existaient toujous en 2017[4].

Entre 2010 et 2017, les terres de "la Mélanière" ont été pour l’essentiel urbanisées. 

Autres mentions

La route menant de "la Mélanière" au Poiré est bordée sur son côté gauche par la commune de Mouilleron. S’y trouve le village du "Moulin des Oranges", dont le nom a tendance à être aussi donné aux lotissements proches, créés sur les terres de "la Mélanière". Ce "moulin des Oranges" avait été construit en 1839, par Baptiste Boulineau, né en 1814 et fils d’un meunier de la Gillonnière de Mouilleron[2]. Il est resté dans cette même famille jusqu’à sa démolition, en 1956[5].


"Le moulin des Oranges", à gauche en 1939, en bas en 1956 ;
la pierre gravée de la date de sa construction ;
et son souvenir sur le mur de la grange-étable qui lui a succédé.
Sur les deux photos anciennes, la différence de crépi
laisse voir l’exhaussement du moulin, tandis que 
la poulie au-dessus de la porte montre l’utilisation d’un moteur par la suite.
.
Celle de 1939 montre, tournées vers le sud,
les ailes Berton repliées et leur mécanisme de réglage.
Sur celle de 1956, son propriétaire, Raphaël Touzeau (1922-2001),
commence la démolition de sa toiture[5] ;
au premier plan à gauche, la route menant vers à Mouilleron,
et le pailler de la ferme, devenue par le cours du temps
la seule activité de l'ancien meunier.

A la fin du XIXe siècle, le moulin avait été surélevé de deux niveaux et équipé d’un nouveau système d’ailes ("ailes Berton", du nom de l’inventeur) qui rendait le travail du meunier plus sûr et plus facile, et améliorait le rendement. Ce mécanisme, formé de planches coulissant latéralement offrait une surface variable au vent et pouvait être réglé de l’intérieur du moulin.

Les meuniers tentèrent aussi de prolonger leur activité en utilisant, les jours sans vent, un moteur relié à la mécanique du moulin par un système de poulies. Puis, un peu plus loin le long de la même route, des membres de leur famille créèrent une minoterie uniquement motorisée et qui fonctionna jusqu’avant 1950[6].


A gauche, l’ancienne demeure du minotier du "moulin des Oranges",
Au centre sa minoterie avec, en haut de la façade,
la statue du Sacré-Cœur consacrant son activité.

En 2017, il restait de cette dernière son bâtiment de deux étages, carré et couvert d’ardoises, et la maison de son minotier. Quant au "moulin des Oranges" proprement dit, ses pierres avaient servi pour édifier sur son emplacement une grange où, jusque dans les années 1980, on venait battre les mogettes. La pierre scellée sur l’ancien moulin en 1839, et portant gravée cette date, se trouve désormais sur la façade de cette grange.

L’isolement de "la Mélanière" lui avait valu en 1855 d’être choisi pour un projet d’implantation d’une "usine d’engrais". M. Sicot, tanneur yonnais, avait acquis une parcelle voisine et demandé l’autorisation d’y installer une fabrique de noir animal, à partir de la carbonisation d’os d’animaux. Cette opération se réalisait à l’abri de l’air, suivant le même principe que celle de la fabrication du charbon de bois, et était considérée comme source de nuisances pour son voisinage. C’est pour cette raison qu’elle devait être située loin des lieux habités et respecter des normes sanitaires strictes. Après enquêtes, les autorisations lui furent données sous conditions de confinement, mais des réclamations ultérieures mirent fin à ce projet avant qu’il ait réellement démarré[7].

Le plan joint à la demande d’autorisation
de création d’une usine d’engrais,
déposée en 1855 par M. Sicot
(A : usine ; B : habitation ; C : servitudes).
Pour des raisons de nuisances, il fut exigé que
le terrain soit entouré d'un mur de clôture[7].
A proximité, le 
"moulin des Oranges" construit en 1839.

Sur ce même terrain fut créée vers 1970 une entreprise d’éléments de bardage. Disparue en 2015, elle a été la première à s’implanter dans les zones d’activités qui allaient s’étendre plus tard le long de la route et de la voie ferrée, de part et d’autre de "la Ribotière". C’est pour ce même caractère isolé que non loin, près de "Bellenoue", une fonderie de fonte vint s’installer en 1972[4].

[1]

Cf. Verrier (Anatole-Joseph) et Onillon (René), Glossaire étymologique et historique des parlers et patois de l'Anjou, Germain & Grassin, 1908, vol. 1, p. 34 ; à rapprocher du terme médiéval "mesnage", cf. Godefroy (Frédéric), Dictionnaire de l’ancienne langue française du IXe siècle au XVe siècle, 1891-1902, tome 5, p. 291.

 
[2]

Plans cadastraux du Poiré et de Mouilleron (Arch. dép. de la Vendée : 3 M 178 et 3 P 155).

 
[3]

Dossier sur les Tramways de Vendée – ligne de La Roche-sur-Yon à Legé (Arch. dép. de la Vendée : S 996 et S 997).

 
[4]

Enquêtes sur le terrain en 2017.

 
[5]

Souvenirs et photos recueillis en 2017 auprès de Mme Jeanne Touzeau qui, fille du dernier meunier du "Moulin des Oranges", y est née en 1947 et y a toujours vécu.

 
[6]

Mutations des propriétés industrielles (Arch. dép. de la Vendée).

 
[7]

Demande de création d’une usine d'engrais par M. Sicot (Arch. dép. de la Vendée : 5 M 224/3).

 

Nous écrire