Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Poiré-sur-Vie, Le > Micherie (la)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
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  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : village
  • Localisation : "La Micherie" se trouve à 5 km à l'ouest du centre-bourg du Poiré-sur-Vie.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : Section H, 2e feuille.
    • Coordonnées cadastrales modernes : Section OS.

Données historiques

Histoire et archéologie

"La Micherie", très excentrée par rapport au bourg du Poiré, est un village qui a failli voir sa population permanente disparaître dans le dernier quart du XXe siècle. Alors qu’il avait abrité, tout au long du siècle précédent, près de cinquante habitants répartis dans une dizaine de foyers, il n’en comptait plus que 17 en 2018, et on y voyait çà et là, dans les haies des petites parcelles le bordant à l’ouest, les bases de murs de bâtiments disparus. Et ce petit nombre d’habitants avait été encore plus faible à la fin des années 1970, où il était tombé à dix.

Vue aérienne, en avril 2017, de "la Micherie"
(environ 510 x 316 m)
Le cours du
"Courtin" marque la séparation
entre les communes du Poiré, à l’est, et d’Aizenay à l’ouest.
En superposition et ourlé de jaune, le bâti de
"la Micherie" au début du XIXe siècle

 

"La Micherie" se trouve en haut de pente et domine un petit ruisseau appelé localement "le Courtin" ou "le Cortin"[1], qui rejoint "la Vie" un kilomètre plus loin. Il coule dans un vallon dont l’encaissement au niveau du village crée un curieux petit promontoire aujourd’hui boisé, avant de s’élargir juste après. C’est à l’endroit où le village cotoie ce promontoire que dans les années 1960, Eugène Nerrière qui préparait un petit champ pour faire un semis, vit le sol se dérober sous sa jument, révélant la présence d’un souterrain. La jument s’en sortit, le sol fut déblayé, mais on ne trouva rien dans les deux tronçons de la galerie effondrée quatre mètres plus bas, et accessibles sur seulement quelques mètres de long. Le trou, comblé avec des détritus divers, puis remis au jour par le nouveau propriétaire du terrain, a été sécurisé et renfermé[2]. La datation de ces souterrains, de longueur limitée et qui servaient de refuges, est incertaine ; au début du XXIe siècle, l’état des recherches tendait à privilégier soit la période autour du XIe siècle, soit celle de la fin du Moyen Age[3].

La présence de l’un d’eux en cet endroit, jointe à une topographie locale particulière, laisse à penser qu’on pourrait être là en présence du site primitif de l’habitat de "la Micherie", qui s’est déplacé par la suite. 

Le site de "la Micherie", formant un petit promontoire au-dessus du "Courtin"
sur une carte de l’I.G.N. en 2014 (environ 480 x 380 m)
et sur une vue aérienne du 3 mars 2004 (environ 320 x 250 m).
En haut, ce petit promontoire vu du chemin venant de
"la Moissandière".

 

En 1847-1850, Pierre Gendreau, habitant de "la Micherie", et déjà propriétaire du moulin à vent de "la Mégrière" d’Aizenay, mit à profit la pente un peu plus forte du "Courtin" au niveau du village pour édifier sur sa rive gauche (c’est-à-dire aussi sur la commune d’Aizenay) un moulin à eau portant le nom de "moulin de l’Aubier"[4]. Un barrage de 42 m de long, constitué par un "mur de garde" avec "déversoir" et "pertuis de décharge", y créa un dénivelé de 1,35 m et un petit réservoir permettant d’en faire tourner la roue. En 1889, le propriétaire suivant, le meunier Jean Fillâtre de "la Bazerière", vendit ("ensemble le pré et l’écluse") pour 140 F (et le "moulin de la Mégrière" pour 20 F)[5], un prix qui laisse entendre que son activité avait cessé à cette date. Près de cent cinquante ans plus tard, il n’en restait rien dans les mémoires et pratiquement plus rien sur le terrain.

 

Au cours de la Révolution française, "la Micherie" se trouvant à proximité du chemin joignant Aizenay au Poiré et passant alors par "la Bazerière", ce qui fit qu’elle put "bénéficier" du passage des troupes républicaines qui vinrent "pacifier" la contrée de la façon dont le rapporte dans son journal l’armateur sablais et républicain André Collinet (1729-1806) : "Vendredi dernier, 14 nivôse [3 janvier 1794], les patriotes, au nombre de mille huit cent hommes, sous les ordres de l'adjudant-général Dufour, ont attaqué les brigands près du Poiré et leur ont tué quatre-vingts hommes et pris près de trois cents fusils, que ces malheureux ont jetés en prenant la fuite en les bois voisins. Jamais guerre n'a été plus cruelle et plus désastreuse. À mesure que nos armées s'avancent en le pays occupé par les scélérats, ils mettent le feu en les bourgs après en avoir enlevé les lits, les linges, fer et cuivre et brisé le reste. Ils en font de même en les campagnes, mais ils respectent les maisons, les granges et les étables. Ayant pris ce qu'ils peuvent emporter, ils mettent les autres meubles et effets dehors pour les briser. Ils enfoncent portes et fenêtres et renversent les moulins à blé et les fours et les cheminées. Ils ont le feu et la torche à la main, et l'on peut croire que ce malheureux pays n'offre plus qu'un désert affreux. Les patriotes [ayant trouvé] au Poiré […] en une métairie des hommes, des femmes et des enfants, égorgèrent impitoyablement tous ceux qui s'y trouvèrent et y mirent le feu sans permettre à aucun de se sauver. Par tous les chemins, on ne voit que des cadavres mangés en partie par les loups. Ces malheureux, pieds nus, sans vêtements, périssent de blessures, de froid et de faim au milieu de leurs bois où ils se retirent. Les vieillards, les femmes, les enfants qui les suivent éprouvent un pareil sort"[6].

Ceci est confirmé par des mémoires familiales du village : "Ce ne sont pas mes ancêtres Gendreau de la Micherie qui pourraient me démentir, eux qui avaient assommé à coups de pelle un Bleu égaré et à bout de forces, venu leur demander secours"[7] ; et par celles des villages voisins de "l’Audardière" et de "la Blanchère"[8].

 

C’est à ces évènements que l’on peut attribuer les ruines qui se trouvaient encore en 1836 à l’entrée de "la Micherie", en venant d’Aizenay, ainsi que la destruction du village voisin, aujour-d’hui entièrement disparu, de "l’Ébrière" où sur les 22 bâtiments y subsistant en 1836, 18 n’étaient plus que des ruines, qualifiées de "masures" sur les registres cadastraux de l’époque[9].

Fin 1794 et en 1795, Alexis Ferré, Jean et Louis Martineau, Mathurin Gendreau, aidèrent à maintes reprises la petite troupe de Charette, établie aux alentours de Belleville, lui fournissant des grains, trois bœufs, neuf moutons au prix total de 1603 livres et 1 sou[10]

La localisation probable des habitants de "la Micherie" et de leurs maisons en 1836 ;
les constructions imposées sont en rose,
tandis que celles en jaune sont exonérées car en ruine
(superposés en blanc, les bâtiments y existant ou subsistant en 2018).
Et une vue de quelques-uns de leurs restes en 2018.
)

 

En 1836, les terres "de la Micherie" s’étendaient sur 100 à 110 ha, et étaient exploitées par deux métairies de 10,9 et 23,7 ha, et par cinq borderies ayant à leur compte entre 10 et 18,5 ha. A cela s’ajoutaient trois sabotiers cultivant aussi quelques parcelles de terre (moins de 5 ha chacun)[9]. Au total, le recensement de cette même année y dénombrait 47 habitants répartis en 10 foyers, et la moyenne d’âge y était de 30,8 ans[11].

Soixante-quinze ans plus tard, le recensement de 1911 y dénombrait 41 habitants répartis en 11 foyers, tous de cultivateurs, et la moyenne d’âge était de 32,7 ans[11] (France 2018 : 41,4 ans).

Dans les années 1980, les derniers agriculteurs résidents à "la Micherie" cessèrent leur activité. Bien des bâtiments se retrouvèrent au bord de l’abandon, voire disparurent. Les autres finirent par être repris par de nouveaux venus, dont une tisserande, un marchand forain de chapeau…

 

Dans les années 2000, les terres situées sur les pentes et au fond du vallon du "Courtin" connurent une déprise agricole qui entraîna leur occupation progressive par des bois et des taillis. Elles ont été incluses dans la Zone Naturelle d'Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF) de la Vallée de la Vie[12], laquelle zone est traversée au niveau de "la Micherie", par le sentier de "Grande Randonnée de Pays (G.R.P.) entre Vie et Yon" créé à la même époque. En 2019, on n’y comptait aucune maison neuve et, en dehors d’une résidence secondaire, toutes les maisons y étaient habitées en permanence.

Fin 2018, "la Micherie" : ses maisons et bâtiments, et leur réhabilitation,
dont, chose rare au Poiré, une grange possédant une génoise.

 

Autres mentions

C’est à "la Micherie" qu’en 1850 est né Pierre-Marie Gendreau. Il était le petit-fils de Pierre Gendreau qui, en 1849, avait établi en contrebas du village sur "le Courtin", le "moulin à eau de l’Aubier", et le fils de Jean Gendreau, lui aussi meunier, qui partit en 1854 s’installer à Aizenay. Il fit ses études au séminaire des Sables (actuel musée de l’Abbaye Sainte-Croix), puis à Luçon. Après avoir servi dans l’armée comme infirmier durant la guerre de 1870, il rejoignit en 1871 les Missions Etrangères de Paris (M.E.P.). Il y fut ordonné prêtre en juin 1873, et partit le mois suivant pour le Tonkin. Y apprenant le vietnamien et le chinois, s’initiant aux us et coutumes du pays, il parcourut pendant dix ans la "mission du Tonkin occidental"[13].

La religion catholique était implantée dans cette région depuis le début du XVIIe siècle, mais elle y était périodiquement l’objet de persécutions qui, de 1825 à 1838 puis de 1847 à 1858, firent des milliers de morts. Cependant dans les années 1880, la situation locale se trouva modifiée par l’arrivée au pouvoir à Paris de républicains partisans du colonialisme, ce qui aboutit en 1883 à l’établissement d’un protectorat français sur le Tonkin et sur le reste de l’Annam[14].

En 1892, Pierre-Marie Gendreau prit la suite de Mgr Puginier, comme vicaire apostolique[15] du "Tonkin occidental", siégeant à Hanoï. Et si en 1883 ce dernier avait vu d’un bon œil une arrivée des Français mettant un terme aux persécutions des chrétiens, son successeur eut des relations tendues avec les autorités mises en place par le gouvernement français de l’époque, et avec les milieux et administrateurs francs-maçons et affairistes coloniaux. Ceci à propos des nombreuses écoles catholiques qu’il avait créées et qui, de plus, pratiquaient un enseignement en langue locale[16]. En 1894 il fut même l’objet d’une tentative d’assassinat par un colon.

Aussi, à partir de 1904, quand la France exporta sa politique anticléricale dans ses colonies, Mgr Gendreau fut amené à prendre encore plus de distances avec les autorités coloniales françaises, et à être de plus en plus sensible, comme le montre son testament spirituel[17], aux instructions de Rome poussant à un transfert des responsabilités ecclésiastiques au clergé local[18].

Il mourut en 1935 à Hanoï, et fut inhumé à 60 km plus au sud, dans la cathédrale de Ké So / So Kien (en 2017 : à Kien Khe), où il avait débuté son apostolat tonkinois soixante-deux ans plus tôt[19].

 

Alors qu’en général à cette époque les missionnaires quittaient la France pour ne plus jamais la revoir, Mgr Gendreau y revint par deux fois, en 1900 et en 1930.

La seconde, ce fut pour participer à l’Assemblée Générale de la Société des Missions Etrangères de juillet 1930. Il se rendit d’abord à Rome où il fut reçu par Pie XI, et à Paris où il fut accueilli par le cardinal Verdier, ainsi que par le président du Sénat, Paul Doumer, ancien gouverneur de l’Indochine de 1897 à 1902, et par le maréchal Joffre. A l’époque, le Vatican cherchait à améliorer ses relations avec le gouvernement français, qui étaient plus que difficiles depuis la crise créée au début du siècle par les contrecoups de la loi de séparation des Églises et de l’État. De son côté Paris voulait éviter la mise en place en Indochine d’une hiérarchie catholique "indigène" qui lui aurait été plus difficile de contrôler. 

 

Vendredi 22 août 1930 : venue de Mgr Gendreau à "la Micherie"
où se trouve sa maison natale, décorée,
comme pour l’accueil au Poiré le dimanche précédent,
de houx et de fleurs en papier blanches, roses et rouges.
La ferme, toujours dans la famille Gendreau, était alors exploitée par la famille Nerrière
dont les trois fils et leur mère, Marie Rocher,
sont au premier rang pour recevoir le visiteur, héros du village et du jour.
(la plaque commémorative, qui avait été présentée par le petit Lucien Nerrière,
fut alors scellée par Eugène Phelipeau)

Puis le voyage de Mgr Gendreau continua par la Vendée, avec une visite au Poiré le dimanche 17 août 1930, puis une autre le vendredi 22 août à "la Micherie", le village qui l’avait vu naître quatre-vingts ans plus tôt. Ces visites furent un événement pour toute la paroisse ainsi que le relate pour sa venue à "la Micherie", l’Ange gardien du Poiré, du 31 août 1930 : "Vendredi dernier 22 août, notre vénérable compatriote est allé revoir sa maison natale Le long du chemin on accourait des champs ; les fronts s’inclinaient sous la bénédiction de l’illustre et saint évêque. Les feux de joie flambèrent : à la Millière, à Barrot, à la Moissandière et à la Micherie où la fête fut très émouvante. Le village était décoré de guirlandes de roses, de bruyère en fleurs… Monsieur le maire fit apposer sur la maison natale de Mgr Gendreau une plaque témoignant que le Poiré est fier de garder le souvenir de son glorieux enfant. Sa grandeur fut très touchée de cette initiative : les sanglots étouffèrent sa voix lorsqu’elle bénit ses Gâs de la Micherie et leur donna rendez-vous au Ciel. Demandons à la Ste Vierge qu’elle protège encore de longues années l’apostolat de l’inlassable évêque du Tonkin."[20].

Mgr Gendreau avec ses croix pectorale et anneau pastoral d’évêque,
sur son portrait officiel et dans l’église des Lucs (vitrail de Lux Fournier, 1941) :
La plaque commémorative sur sa maison natale à
"la Micherie" en 2016.
(sa barrette a longtemps été conservée au presbytère du Poiré)

 

Depuis, le souvenir de Mgr Pierre-Marie Gendreau s’est quelque peu estompé. Cependant, une place et une rue portent son nom à Aizenay, et un vitrail le représente dans l’église des Lucs. On peut aller sur sa tombe à Ké So (Kien Khe) au Vietnam. Et à "la Micherie" au Poiré, la maison où il a vu le jour arbore toujours la plaque commémorant sa naissance (mais sa photo qui depuis 1930 y ornait la cheminée en avait, en 2017, disparu depuis peu).

        

 

Sources et références

[1]

"Le Courtin" est le nom que les habitants de "la Micherie" et des villages immédiatement voisins de "la Moissandière" ou de "l’Audardière" ont toujours donné à ce ruisseau, mais les auteurs des cartes topographiques ou du cadastre du Poiré préférèrent créer le nom de "ruisseau de la Micherie".

 
[2]

Rapporté en 2018 par Daniel Nerrière, né en 1950 à la "la Micherie", et fils d’Eugène Nerrière

 
[3]

Triolet (Jérôme) et Triolet (Laurent), les Souterrains de Vendée, 2013, 168 p.

 
[4]

Demandes d’autorisations d’installations de moulins sur "le ruisseau de la Micherie" en 1849 (Arch. dép. de la Vendée : S 1266 ; dont plans : SS 1266/1/2/3/4/5/6).

 
[5]

Actes d’Ernest Auger, notaire au Poiré, mi-mars 1889 (Arch. dép. de la Vendée : 3 E 24-144).

 
[6]

Manuscrits de Collinet (1788-1804), éd. du Centre Vendéen de Recherches Historiques, 2003, p. 183 (23-11-1793), p. 197 (3-1-1794), p. 210 (9 et 12-2-1794), p. 291 (16-8-1794)… et sur le même sujet, voir l’état de la commune, dressé, le 5 floréal de l’an V (24-4-1797), par la municipalité cantonale nommée à l’époque pour "le Poiré-sous-la Roche" (Arch. dép. de la Vendée : L 1238), ainsi que de Hippolyte Boutin, la Chronique paroissiale d’Aizenay, 1901, p. 288 à 294.

 
[7]

Dans les notes consignées dans Le soulèvement vendéen de 1815 (inédit, 1972, 53 p.), Joseph Vrignon (1897-1976) rapporte des souvenirs qu’il avait recueillis dans sa jeunesse auprès de ses grands-parents, souvenirs eux-mêmes de témoignages venus de la génération précédente.

 
[8]

Pour se limiter à des villages proches de "la Micherie" : voir la mémoire familiale des Bossard, de "l’Audardière", se souvenant d’un combat ayant eu lieu "au Grand Brégeon", le long du chemin allant de leur village à celui de "l’Ébrière" ; ou encore la tradition orale qui, à "la Blanchère", rapportait la fin misérable "d’un rouge" qui s’était attardé dans le moulin à vent voisin du village.

 
[9]

Documents cadastraux de 1836 du Poiré (Arch. dép. de la Vendée : 3P 178 CE 028). Les ruines, représentées en jaune sur les plans, étaient dénommée "masures" et en tant que telles n’étaient pas imposables.

 
[10]

Cahier des réquisitions de l’armée catholique et royale dans la paroisse du Poiré (Méd. mun. de la Roche-sur-Yon : ms 019), réquisitions à la Micherie ; voir aussi de Lorvoire (Jean-Claude), "les Réquisitions de l’armée catholique et royale dans la paroisse du Poiré-sur-Vie", in Recherches vendéennes, n° 3, 1996, p. 257-299.

 
[11]

Listes nominatives des recensements de 1836 et de 1911 (Arch. dép. de la Vendée : 6 M 280, vues 12 et 13 ; et 6 M 282, vue 48).

 
[12]

Inventaire National du Patrimoine Naturel : 138 espèces de la Zone naturelle d'Intérêt Ecolo-gique, Faunistique et Floristique de la vallée de "la Vie" et du "Courtin" ("ruisseau de la Micherie") entre la Chapelle-Palluau et le Poiré-sur-Vie (ZNIEFF - 520616297).

 
[13]

La vie de Pierre-Marie Gendreau est l’objet d’une notice biographique des Missions Étrangères de Paris (M.E.P.) : Gendreau Pierre, Jean, Marie (Mgr), Vicaire Apostolique du Tonkin Occi-dental (Hanoï), (1850-1935), février 1995 ; et d’un livre qu’Yves Gendreau d’Aizenay lui a consacré : Pierre-Marie Gendreau : un missionnaire vendéen au Tonkin, de 1873 à 1935, coll. "Recherches Asiatiques", l’Harmattan, 2012, 208 p.

 
[14]

Pour justifier cette colonisation du Tonkin, le très républicain et anticlérical Jules Ferry (1832-1893) avança, lorsqu’il était au pouvoir de 1879 à 1885, que "les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures parce qu'il y a un devoir pour elles […] de civiliser les races inférieures" (Journal officiel de la République française. Débats parlementaires. Chambre des députés, 28 juillet 1885, p. 1659 à 1672), auquel argument, il ajoutait ceux de la recherche de bénéfices économiques et financiers, ainsi que des arguments géostratégiques.

 
[15]

La charge de "vicaire apostolique", dans les contrées dont l’évangélisation était considérée com-me "récente", correspond à celle d’évêque. Alors que, du début du XIXe jusqu’au milieu du XXe siècle, très rares ont été en France les évêques natifs de Vendée, assez nombreux ont été les "vicaires apostoliques" à en être originaire. Il se trouve que, considérées de France, ces deux charges n’avaient pas alors le même prestige.

 
[16]

Cf. Van Thao Trinh, "L'idéologie de l'école en Indochine (1890-1938)", in Tiers-Monde, tome 34, n°133, 1993, p. 169-186).

 
[17]

Cf. le Testament spirituel de Mgr Pierre-Marie Gendreau, écrit en 1923.

 
[18]

Voir sur cette question des rapports entre politiques coloniales et activités missionnaires, les travaux de Claude Prudhomme, en particulier : Missions Chrétiennes et colonisation, 2004, 172 p. (Arch. dép. de la Vendée : BIB A 625). Celui-ci y remet en cause l’idée, souvent acceptée en France sans discussion, que les missions chrétiennes et la colonisation auraient constitué deux facettes d'un même processus de domination occidentale. On voit effectivement mal pourquoi l’Église catholique, en tant que telle, aurait prêté la main à des politiques coloniales faites par des nations qui, les unes étaient anticléricales (telle la France), et les autres étaient protestantes (telles la Grande-Bretagne, l’Allemagne ou encore les Pays-Bas).

 
[19]

Cf. le panégyrique de Mgr Pierre-Marie Gendreau, qui a été alors rédigé par Léon Verdon : Son Excellence Monseigneur Pierre-Marie Gendreau, 1935

 
[20]

Bien que les descriptions de ces évènements faites dans l’Ange gardien, le bulletin paroissial du Poiré, soient d’un grand enthousiasme, ce n’est rien à côté des relations qui ont été faites dans la presse départementale de la venue de Mgr Gendreau le dimanche 17 août 1930 au Poiré et le vendredi 22 août à "la Micherie" (et, à supposer que ce fût possible, peut-être plus encore à côté de celles de sa venue à Aizenay, le dimanche 10 août). Ceci, que ce soit en particulier dans la Voix de la Vendée, mais aussi dans l’Etoile de la Vendée ou dans la Croix vendéenne, dans le Réveil populaire ou, bien sûr, dans la Semaine catholique diocésaine de Luçon… Cette unanimité justifie que dans la notice biographique que les Missions Etrangères de Paris consacrent à Mgr Gendreau on trouve écrit à propos de ce voyage : "…et en Vendée ce fut l'apothéose".
Les détails sur ses visites au Poiré et à "la Micherie" proviennent des numéros de l’Ange gardien du Poiré des 27 juillet, et 10, 17, 24, 31 août 1930 (numérisé et en ligne sur le site des Arch. dép. de la Vendée), et de témoignages venant de participants à ces journées mémorables, dont celui d’Eugène Nerrière de "la Micherie".

 

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