Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Saint-André-Goule-d'Oie > Milionnière (la)

Notice rédigée par : Emmanuel François

Graphies connues

la Miloniere (1800) source : Carte de Cassini

la Milionnière (1849) source : Cartes d'état-major (1849-1910)

Milonnière source : Une des formes anciennes et retenue par l'IGN


Nature(s) du lieu

Catégorie : Regroupement d'habitations Masquer
  • Nature : Regroupement d'habitations
    Précision sur la nature du lieu : Tènement et village relevant du Coin Foucaud
  • Coordonnées
    • Coordonnées LAMBERT : 331-2209
Photos de la nature de lieu
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Etymologie

Précisions étymologiques générales
Milo : L'un des plus anciennement connus parmi les noms germaniques (Longnon, 1026). Il entre dans la composition d'assez nombreux noms de lieux.

Données historiques

Histoire et archéologie

La Milonnière

Le tènement (concession de territoire) et village de la Milonnière touchait le bourg de Saint-André-Goule-d’Oie. Entre les deux le lieu-dit de la « Croix Fleurette » était déjà cité en 1606. A une lettre près il se distingue de son homonyme de Chauché : la Millonnière. C’était une possession du seigneur du Coin (appelé Coin Foucaud sous l’Ancien Régime), qui l’a donnée à ferme perpétuelle bien avant 1550. À cette date, il contenait en jardins 10 boisselées, en prés huit journaux, et en terres labourables et jachères quatre sétérées et demie, ce qui fait un total de 14 hectares environ, plus des surfaces incultes dont on ignore l’importance. La ferme perpétuelle se payait par les redevances annuelles suivantes en 1550 : cens de cinq sols neuf deniers, droit de dîme de deux agneaux de l’année, et une rente de trois setiers quatre boisseaux seigle (52 boisseaux au total ou 8,8 quintaux) à la mesure des Essarts[1]. Cette grosse rente tenait lieu de droit de terrage, non prélevé ici, qui était généralement de 1/6 des récoltes dans la paroisse.


À la fin du 16e siècle, le seigneur de Languiller, possesseur de la seigneurie du Coin Foucaud, a vendu la ferme à plusieurs particuliers du village de la Goimetière (un km à l’ouest du bourg des Essarts), pour laquelle ils lui devaient 12 deniers de cens. Mais Languiller a conservé le cens et la dîme, prélevés directement auprès des propriétaires du tènement, pris solidairement.
On trouve de plus deux redevances féodales rares à Saint-André-Goule-d’Oie, la taille et le linage. En 1606 et 1619, il y avait deux tailles seigneuriales d’un même montant de 15 deniers. La première à payer à la Saint-Jean-Baptiste à cause de la seigneurie de Languiller, la deuxième à payer à Noël à cause du fief de la Raynard, ce dernier situé au sud-ouest du bourg des Essarts[2]. Le droit de linage[3], une redevance sur le lin, se limitait à 3 deniers à la Milonnière.


En 1619, treize propriétaires se partageaient les 14 hectares du tènement. La famille de l’un d’eux, les Moreau, qui habitaient dans le bourg de Saint-André, va amasser patiemment, par achats successifs, des terres et des bâtiments pour constituer une borderie d’environ 60 boisselées (7 hectares) en 1675[4]. Le grand-père François Moreau a d’abord acquis d’un nommé Bousseau au début du 17e siècle, deux parcelles d’une surface de 9 gaulées (1,4 are). Puis le père Jacques Moreau, le fermier ou procureur fiscal de Linières, a acheté une maison au village et 14 parcelles totalisant 31 boisselées (3,8 hectares). Et le petit-fils, Pierre Moreau, a acheté une autre maison et 17 parcelles totalisant 15 boisselées et 50 gaulées (1,9 hectare).


On constate aussi qu’entre 1550 et 1675, la surface exploitée du tènement est passé de 117 boisselées à 290 boisselées, c’est-à-dire qu’on a beaucoup défriché, et aussi drainé le sol très humide en certains endroits. En témoigne en 1606 des pièces de terre appelées des « roustières », possédées par François Moreau et le seigneur de la Boutarlière. Il s’agissait vraisemblablement d’espaces humides propices à la pousse de végétaux des marais comme les « rouches », plantes de la famille des roseaux parfois utilisées comme liens.

 

Une autre particularité rencontrée à la Milonnière en 1606 concerne l’espace occupé par les cours devant les maisons du village. Leur surface était divisée entre les propriétaires pour calculer la répartition des redevances dues sur le tènement. Mais à la Milonnière cette division obéit à une arithmétique précise, jusqu’à la 1/30e partie. On appelait cet espace les « quaireux » ou « quaruage », et on ne sait pas pourquoi le besoin s’est fait sentir ici d’une telle division, unique dans la paroisse. Le plus souvent, le notaire indiquait simplement la surface occupée ensemble par les bâtiments, les voies d’accès et les cours pour chaque propriétaire. Peut-être y avait-il des cours non rattachées à des bâtiments.

 

Emmanuel François
28-10-2018

[1]

Aveu pour le Coin Foucaud et le Vignault du 2-7-1605, rendu par le seigneur de Languiller aux Essarts : deuxième copie reproduisant un aveu de 1550, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/G 61.

 
[2]

Déclaration roturière du 16-6-1619 de plusieurs teneurs de la Milonnière, et déclaration roturière du 3-6-1606 de 4 teneurs à la Milonnière, Bruères et Suries, 150 J/G 47.

 
[3]

Droit sur le lin, cf. Dictionnaire universel françois et latin, Paris, 1752, tome 4, p. 391.

 
[4]

Déclaration roturière de Pierre Moreau pour la Milonnière vers 1675, Archives de Vendée, chartrier de la Roche-Guillaume, famille Moreau,  22 J 29.

 

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