Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Montaigu

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Circonscription Masquer
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  • Nature : Circonscription
    Précision sur la nature du lieu : commune
  • Localisation : "Montaigu" est situé au nord-est de la Vendée, en limite de la Loire-Atlantique ; autrefois en bordure immédiate des Marches de Bretagne et du Poitou.

Données historiques

Histoire et archéologie

Le nom de "Montaigu" vient de la topographie du site où fut établi le château, et à partir duquel s’est développée la ville. On ignore comment se prononçait son nom à l’origine mais, traduit en latin ou non, on le trouve écrit Mons acutus (en 1090 dans la Liste des barons de Thouars, et en 1205, 1215, 1218, dans les Manuscrits de Dom Fonteneau) ; Mons accutus (en 1254 dans les Archives de Benjamin Fillon) ; Montagu (en 1284 dans le Cartulaire de Talmont) ; Motagu, (en 1370 dans les Archives de Benjamin Fillon)[1].

Contrairement aux paroisses et communes voisines, "Montaigu" a eu depuis ses débuts le statut juridique de ville, ce qui explique l’exiguïté de son territoire qui à l’origine se limitait au château et à la vieille Ville - dont la structure générale existait déjà à la fin du XIIe siècle - et aux actuels faubourgs "Saint-Nicolas" et "Saint-Jacques" (ce dernier incluant "l’Anglais", "le Pont neuf" et "le moulin de l’Égault"). S’y ajoutèrent : au XVIIIe siècle, la chapelle "Saint-Lazare" venant de Saint-Hilaire-de-Loulay ; vers 1800, "la Gaudine" venant de Boufféré, "la Caillauderie" et "la Crépelière" venant de la Guyonnière ; en 1809, venant de Saint-Hilaire-de-Loulay, "les Rochettes", "les Olivettes", les terres des "Essarts" et de "la Mourie" ; et enfin, en 1891, "le Petit Saint-Hilaire" et "la gare", venant aussi de Saint-Hilaire-de-Loulay[2].

Malgré ces agrandissements, "Montaigu" n’avait qu’une surface de 3,03 km² quand le 1er janvier 2019 la commune disparut en tant que telle. Avec celles de Boufféré, la Guyonnière, Saint-Georges-de-Montaigu et Saint-Hilaire-de-Loulay, elle forme depuis une nouvelle commune à laquelle, par souci de visibilité géographique et de continuité historique, on a donné le nom de "Montaigu-Vendée". 

"Montaigu" en 2011 : les quatre éléments primitifs de la ville,
les quartiers qui s’y sont rajoutés au fil des siècles, et ses limites communales
(environ 2,4 x 2,4 km ; © GEOPORTAIL).


L’histoire de "Montaigu" a été racontée dans sa totalité ou par bribes dans une dizaine de livres ou manuscrits d’une certaine importance, certains remontant au XVIIIe siècle[3]. Le récit faisant référence est Montaigu, ville d'histoire (IVe-XXe s.), écrit en 1958 dans la ligne de l’histoire officielle de l’époque par Georges Laronze (1883-1964)[4], ex-conseiller à la Cour de cassation puis maire de "Montaigu" de 1945 à sa mort en 1964.
L’histoire connue de "Montaigu" peut être résumée ainsi :

avant l’an 1000 : origines et haut Moyen Âge
Bien que des trouvailles archéologiques remontant à l’Antiquité, voire à la préhistoire, auraient été faites à "Montaigu", et plus particulièrement dans le quartier "Saint-Jacques"[5], son histoire remonte au plus au Haut Moyen Âge, peu avant "l’an Mil".

1000 - 1462 : des débuts de "Montaigu" à la guerre de Cent ans 
C’est autour de cette date qu’un premier château fut établi sur le site en éperon formé par la confluence de "la Maine" et de "l’Asson", accompagné au nord par une petite cité enclose dont il était séparé par le creusement d’une grande douve, dite plus tard "douves intérieures". On attribue traditionnellement cette origine à l’insécurité provoquée par les invasions normandes, qui auraient fait déplacer le centre de population local, l’antique Durivum (Saint-Georges-de-Montaigu), sur ce site plus facile à fortifier[6]. Mais il se pourrait aussi qu’elle ait été une fondation de Foulques Nerra († 1040), comte d’Anjou et allié des comtes de Poitiers / ducs d’Aquitaine, quand il s’efforçait de refouler l’expansion bretonne s’étant étendue sur la région aux IXe et Xe siècles[7].
Le premier des seigneurs de "Montaigu" aurait été, autour de l’an 1000, un certain Gérard (Girard) Archemasle (prononcer "archemâle"), un surnom aux curieux sous-entendus. C’est à cette époque qu’apparurent les "Marches séparantes de Bretagne et du Poitou" dont "Montaigu" sera le centre jusqu’en 1789. Une homonymie a fait prétendre, à tort, que l’un d’entre eux aurait pris part en 1066 à la bataille d’Hastings et à la conquête de l’Angleterre. Leur généalogie reste incertaine jusque vers 1150[8], mais peut être suivie ensuite jusqu’au début du XXIe siècle, soit une suite de quelque 34 générations depuis le plus ou moins mythique Gérard Archemasle.
Le XIIe siècle, période de forte croissance démographique, vit la ville de "Montaigu" agrandir son enceinte et le château moderniser ses défenses[9]. C’est à cette époque que son hôpital fut fondé[10]. En limite d’une Bretagne alors indépendante, ses seigneurs, parmi lesquels Maurice II († 1202), participèrent au conflit opposant les Plantagenets aux Capétiens qui cherchaient à établir leur souveraineté sur la région[11]. Longtemps aux côtés des premiers, ils finirent par basculer définitivement dans le camp des seconds dans les années 1380.
Aux débuts de la guerre de Cent ans (1337-1453), "Montaigu" qui appartenait à Jeanne de Belleville († 1359), fut mis sous séquestre par le roi de France. Elle (puis ses successeurs, les Harpedane), fut amenée à soutenir les droits d’Edouard III (1312-1377), descendant des Plantagenets et petit-fils du roi de France Philippe IV le Bel. Mais en 1383 Jean II Harpedane († 1434) changea d’allégeance, et en 1429, son fils Jean III Harpedane († 1462)[12] participa aux côtés de Jeanne d’Arc à la délivrance d’Orléans[13]. L’année 1411 reste connue pour les violents affrontements et le procès mémorable qui opposèrent les habitants de "Montaigu" à leur seigneur d’alors, Jean II Harpedane[14].

1463 – 1598 : des prémices de la Renaissance aux Guerres de Religion 
En 1473, dans le cadre de sa lutte pour mettre fin à l’indépendance bretonne, le roi de France, Louis XI, acquit momentanément la seigneurie de "Montaigu". En 1476, il fit renforcer et moderniser les fortifications de la ville et du château, et en 1479 il y établit un "siège royal", c’est-à-dire une importante juridiction royale. Mais celle-ci fut supprimée quand, en 1491, son fils Charles VIII, en épousant la duchesse Anne de Bretagne estima le but atteint et rétrocéda "Montaigu" à ses anciens seigneurs[15].
En 1517, les La Trémoille (prononcer "La Trémouille") achetèrent la seigneurie de "Montaigu". De 1563 à 1588, celle-ci se trouva prise dans la tourmente des Guerres de Religion. La région fut ravagée par des bandes huguenotes incendiant, pillant, détruisant et, à l'occasion, massacrant les habitants. De 1563 à 1588, la ville de "Montaigu" changea dix fois de mains. Ses abords furent ruinés et sa population réduite environ des deux-tiers. En 1586, le démantèlement du château, décidé six ans plus tôt à la paix du Fleix, mit fin au rôle militaire de la ville[16].

1598 – 1789 : du redressement du XVIIe siècle au temps des physiocrates 
Le XVIIe siècle fut à "Montaigu" une période de relèvement. En 1633, la seigneurie fut achetée par les La Lande de Machecoul, qui firent édifier un temple protestant dans la ville, mais leurs héritiers abandonneront la religion réformée qui, à la fin du siècle, n’y existait plus. La réorganisation des écoles, de l’hôpital, des institutions judiciaires seigneuriales et ecclésiales, s’étendit jusqu’au XVIIIe siècle[17].
Au cours de ce dernier siècle, "Montaigu" connut un essor qui lui fit retrouver son niveau démographique de la seconde moitié du Moyen Âge, et qui se traduisit dans le paysage urbain par la construction de nouveaux bâtiments. Il en reste ceux qui furent relevés après les incendies systématiques de 1793, et échappèrent aux dénaturations ou destructions postérieures. Cet essor fut favorisé par l’affirmation de ses diverses fonctions administratives, par l’amélioration des communications, par le développement de ses foires, ainsi que par les apports du courant physiocrate dans l’économie régionale. A la veille de la Révolution, "Montaigu" exerçait les fonctions de centre régional et comptait, dans les étroites limites de ses fossés et de ses faubourgs, environ 1500 habitants[18].

1789 – 1799 : les désillusions et ravages de la Révolution
En 1789, la population montacutaine était en faveur des idées nouvelles[19] mais, à partir de 1790, elle s’opposa majoritairement à la politique anticatholique du gouvernement révolutionnaire et aux comportements de nouveaux privilégiés de ses partisans locaux, accapareurs des postes administratifs, mandats politiques et biens nationaux, et, de plus, dispensés des obligations militaires et prétendant régenter les esprits et les âmes[20]. Cela aboutit aux mouvements de révoltes populaires de mars 1793, puis à la prise et à la destruction de la ville par les armées républicaines en septembre suivant : la ville "fut livrée au plus affreux pillage […] Murs de clôture, maisons, arbres, haies, en un mot tout […] fut démoli, coupé ou incendié. Montaigu n'était plus reconnaissable"[21], ceci s’accompagnant de massacres ou exécutions qui se systématiseront dans les alentours au cours des mois suivants. Ceux de la bourgeoisie montacutaine qui, ayant pris le parti du nouveau pouvoir, s’étaient réfugiés à Nantes, revinrent pour diriger durablement la ville[22], en ruine et qui avait perdu les deux-tiers de sa population de 1789.

1800 – 1935 : le règne d’une bourgeoisie dite républicaine
Au milieu du XIXe siècle, la ville de "Montaigu" avait retrouvé le nombre d’habitants qu’elle avait eu avant la Révolution et relevé une partie de ses destructions, mais avait perdu ses fonctions de chef-lieu de district puis, en 1810, d’arrondissement. L'élimination des familles de notables traditionnelles et le suffrage censitaire, permit à la bourgeoisie républicaine d’y détenir le pouvoir local pendant tout le XIXe siècle, et aussi d’en écrire l’histoire[23]. Ceci au milieu d’un environnement rural qui lui était nettement opposé. La famille des Trastour en est représentative : enrichie par la Révolution, alliant des opinions estimées progressistes à des comportements sociaux très conservateurs, elle sera omniprésente à la tête des municipalités successives de la ville de la fin des années 1790 à 1935.
L'arrivée du chemin de fer en 1866, créa un quartier nouveau près de la gare mais sans entraîner un essor économique vraiment important.  

1936 – 2020 : de "Montaigu" à "Montaigu-Vendée", un temps de mutations
Après l’occupation (juin 1940 / sept. 1944), l’évolution, amorcée aux élections municipales de "Montaigu" en 1935, se confirma dans les années 1950-1960. Ainsi que dans les communes des alentours, des hommes issus de nouveaux milieux sociaux (en particulier du monde de l'entreprise) et s’étant faits par eux-mêmes, accédèrent aux charges municipales. Malgré des permanences, les clivages antérieurs se trouvèrent pour beaucoup dépassés. Ce fut le début d’une période de forts changements :
Le développement économique devint une réalité. L'essor des transports routiers y a joué un rôle important, permettant l'installation "d'usines à la campagne", et en 1975 sur 7709 actifs dans le canton de "Montaigu", 3311 travaillaient dans le secteur secondaire, BTP inclus (soit 42,9 % d’entre eux). En 1982 ils étaient 4996 sur 9288 (soit 53,8 %). Par la suite, la part du secteur tertiaire prit plus d'importance[24].
Démographiquement, la population qui avait jusqu'alors stagné pour "Montaigu" (1911 : 1908 hab., 1954 : 2172) et décliné pour les quatre communes environnantes de Boufféré, la Guyonnière, Saint-Georges-de-Montaigu et Saint-Hilaire-de-Loulay (1911 : 7996 hab., 1954 : 7387), fit plus que doubler en 50 ans. En 2010, la population de "Montaigu" comptait 5050 habitants et celle des quatre autres communes 13 740.
L’urbanisation s’est rapidement étendue sur la totalité du territoire communal de "Montaigu", y faisant définitivement disparaître l’environnement naturel et rural, et elle a débordé sur les communes voisines.

Le 1er janvier 2019, la commune nouvelle, de "Montaigu-Vendée", regroupant les désormais anciennes communes de Boufféré, la Guyonnière, "Montaigu", Saint-Georges-de-Montaigu, Saint-Hilaire-de-Loulay, comptait 20 509 habitants (recensés au 1er janvier 2018)[25] et s’étendait sur 117,92 km².

Autres mentions

Avant 1790, "Montaigu" était le siège de différentes administrations ce qui en faisait un petit centre régional. Ces fonctions concernaient l’exercice de la justice, de l’administration générale et fiscale, et de la vie religieuse[26]. Leurs établissements progressifs au fil des siècles et les vicissitudes de l’histoire leur avaient donné des limites variées, peu cohérentes et très enchevêtrées.

Dans le domaine judiciaire, "Montaigu" dépendait de la sénéchaussée (royale) de Poitiers ; le "siège royal", sorte de sénéchaussée secondaire créée par Louis XI à "Montaigu" en 1479, n’avait existé que durant une douzaine d’années. Cependant, l’exercice de la justice y était en quelque sorte sous-traitée à une justice seigneuriale, les cas les plus graves et les appels étant renvoyés à la justice royale à Poitiers. Le "sénéchal seigneurial de Montaigu" publiait aussi les ordonnances royales ; il était choisi (sous réserve de compétences) par le seigneur en titre de "Montaigu". En 1742, l’extension et le personnel de la "sénéchaussée seigneuriale de Montaigu" a été décrit par son sénéchal d’alors, François-Frédéric Belloüard de Jémonville[27].

 

Le cadre de la justice royale autour de "Montaigu"  au XVIIIe siècle,
de différentes couleurs :
les sénéchaussées de Nantes, d’Angers et de Poitiers,
et les sénéchaussées secondaires
de Fontenay et de Vouvant (siégeant à la Châtaigneraie)[28].
Dans l’encadré rouge : les paroisses et autres lieux
relevant de
"la justice seigneuriale de Montaigu" avant 1789.
(pour les
"Marches communes de Bretagne et de Poitou",
qui ne dépendaient d’aucune sénéchaussée,
les justiciables s’adressaient à leur choix à celle de Nantes ou à celle de Poitiers)


A cette époque l’administration générale et financière se faisait au niveau local dans le cadre de Subdélégations et d’Élections. "Montaigu" était le siège d’une des vingt-deux Subdélégations de la Généralité de Poitiers, qui était elle-même une des trente-sept grandes subdivisions administratives (en 1784) de la France.
La Subdélégation de Montaigu avait à sa tête un Subdélégué qui avait en charge toute l’administration locale, en dehors de la fiscalité directe (cette dernière : taille, capitation, vingtième… se faisait dans le cadre des Élections, et "Montaigu" faisant partie de celle de Mauléon / Châtillon-sur-Sèvre). Les Subdélégués, nommés par l’Intendant de la Généralité, étaient révocables et généralement choisis parmi des notables locaux considérés comme dignes de confiance. En 1776 à "Montaigu", cette importante fonction était exercée par Charles Auvynet[29], qui se trouvait y être aussi le sénéchal (le juge seigneurial).

Bien qu’il n’en fasse pas partie, c’est à "Montaigu" qu’avaient lieu les assemblées des "Marches communes de Bretagne et de Poitou", et que siégeait sa très petite administration[30].

 

A la fin du XVIIIe siècle, les limites de "la Subdélégation de Montaigu",
et celles des subdélégations voisines.

Les Subdélégations étaient subdivisées en "arrondissements de correspondance de la subdélégation" groupant plusieurs paroisses. Ces circonscriptions administratives, modernes à l’époque, présageaient par leurs dimensions les futurs Districts des départements, avec leurs Cantons.

Le souhait de mettre fin à la complexité de l’organisation territoriale du pays et de niveler les diversités régionales aboutit, au début de l’année 1790, à la création des Départements, subdivisés en Districts, eux-mêmes partagés en Cantons qui réunissaient à leur tour un certain nombre de Communes. Ceci avec à la tête de chaque Département un conseil général élu par un nombre très restreint de grands électeurs choisis parmi les individus les plus riches, et un exécutif entre les mains d’un comité réduit : le Directoire départemental. A l’échelon immédiatement inférieur, les Districts fonctionnaient suivant un schéma comparable, et à l’échelon le plus bas les Communes étaient dotées de conseils municipaux.

C’est ainsi que "Montaigu" perdit ses fonctions antérieures de siège de Subdélégation, et celles de lieu des assemblées des "Marches communes de Bretagne et du Poitou" et de la commission intermédiaire ayant la charge de leur gouvernement. En contrepartie, il se trouvait doté des fonctions de chef-lieu de District. Le "District de Montaigu" réunissait 48 communes constituant neuf cantons, et remplaçait la "Subdélégation de Montaigu" qui, dans un périmètre un peu différent mais de taille similaire, réunissait précédemment l’équivalant de 43 communes[31].

En 1795, les Districts furent supprimés, de même que les conseils municipaux communaux remplacés par des administrations municipales cantonales (pour le canton de "Montaigu" : la Boissière, Boufféré, la Guyonnière, "Montaigu", Saint-Georges, Saint-Hilaire), le pouvoir y était détenu par un commissaire politique nommé.

 

En 1790, les limites du "District de Montaigu", de ses cantons et de ses communes,
et celles des districts voisins, sur les départements
de la Vendée, de la Loire-Inférieure, du Maine-et-Loire ou des Deux-Sèvres.

En 1800, Napoléon Bonaparte arrivé au pouvoir, estimant que l’accaparement des pouvoirs locaux par un petit nombre de nouveaux privilégiés par trop indépendants du pouvoir central allait à l’encontre de la défense du bien commun remplaça les exécutifs départementaux par des Préfets, sous l’autorité directe du gouvernement. Les municipalités communales furent rétablies, le nombre des cantons divisé par deux, et la Vendée partagée en trois arrondissements, chacun ayant à sa tête un sous-préfet.
Les cantons de la Bruffière, Mouchamps, les Brouzils, et Tiffauges disparurent. L’ancien District de Montaigu fut agrandi, notamment de l’essentiel de celui de la Roche-sur-Yon, pour devenir "l’arrondissement de Montaigu". La sous-préfecture[32] fut installée dans le logis du château, jusqu’à ce qu’en janvier 1809 un ouragan aggrave le mauvais état du bâtiment le rendant inhabitable. Elle se déplaça alors pour quelques mois dans une maison voisine qui, deux siècles plus tard, en a hérité du nom de "sous-préfecture".

Le toit d’ardoises de la maison qui abrita les derniers mois 
de la "sous-préfecture de Montaigu",
vu en 2012 de l’emplacement de l’ancien "logis du Château" de "Montaigu".
Cette maison avait été construite vers 1790 par Charles Auvynet (1741-1825), 
qui fut sénéchal de "Montaigu", subdélégué de l’intendant de Poitiers, 
député des Marches communes de Bretagne et du Poitou 
pour le tiers-état aux Etats généraux en 1789.
Quand la sous-préfecture fut supprimée, 
son fils, Augustin-Moïse (1771-1853), était maire de "Montaigu".

Cependant, en 1804 la préfecture de la Vendée avait été transférée à la Roche-sur-Yon, dont la situation géographique était plus centrale dans le département, et qui surtout, à la différence de Fontenay-le-Comte, ne possédait pas une bourgeoisie locale susceptible d’interférer avec les pouvoirs du préfet, voire de les contester. Pour "Montaigu", situé sur la marge de son arrondissement, pas encore relevé de ses ruines, et qui, ayant perdu plus de la moitié de sa population était réduit à moins de 1000 habitants du fait de la Révolution, cette promotion de la Roche faisait planer le spectre d’une suppression prochaine de la sous-préfecture qui ne datait que de quatre ans, et de la disparition des ressources qu’elle apportait à la ville. Le conseil municipal en était préoccupé. Il apporta des objections à ce déplacement, proposa la création d’un quatrième arrondissement[33]… rien n’y fit : le siège de la sous-préfecture déménagea en juillet 1810 à la Roche-sur-Yon, pour y cohabiter avec le préfet du département et ses services[34] (ce qui provoqua aussi la disparition du tribunal local).
"Montaigu" était désormais réduit au simple rang de chef-lieu de canton. Cela mettait fin au rôle de centre administratif de sa région qu’il avait tenu durant des siècles, et a entraîné un déclassement durable de la ville.

Jusque dans la seconde moitié du XXe siècle, le cadre administratif de 1810 a donné à l’organisation territoriale de la France, une unité, une stabilité et une lisibilité relativement grandes. Quand en 1964 Joseph Lenoir, préfet de Vendée, voulant effectuer des fusions de communes dans le département, s’intéressa à celle "Montaigu" et à ses voisines, il subit un échec, dû en partie aux méthodes autoritaires utilisées, mais surtout à l’antagonisme séculaire existant entre "Montaigu" et les communes l’entourant[35].
Cette situation fut inversée quand en 1965, Henri Joyau se présenta et fut élu maire de "Montaigu", alors qu’il n’était ni un notable ni un héritier, mais s’était fait par lui-même[36]. Pierre Durand, maire de la Guyonnière, Raymond Dronneau, maire de Saint-Georges-de-Montaigu, et lui s’entendirent en 1969 pour créer le "District de Montaigu" qui deviendra en 2002 "la communauté de communes Terres-de-Montaigu". Boufféré (en 1970) et Saint-Hilaire-de Loulay (en 1972) y adhérèrent, prémices du futur Montaigu-Vendée de 2019. La Boissière-de-Montaigu et la Bernardière les rejoignirent en 1994, puis Treize-Septiers, Cugand et la Bruffière. Au début des années 1970, Vieillevigne et la Planche ont été très intéressées à s’y joindre, mais de fortes pressions du Conseil général de Loire-Atlantique les forcèrent à abandonner leur projet[36]. En 2016, la "communauté de communes Terres-de-Montaigu" a fusionné avec la "communauté de communes  de Rocheservière".

 

En 1984, les cinq communes du "District de Montaigu" d’alors,
futures co-fondatrices de
"Montaigu-Vendée" en 2019
(extrait du
bulletin du District de Montaigu[37], n°19, décembre 1984).

"La communauté de communes Terres-de-Montaigu", avec cinq autres, fait aussi partie en 2020, du "Pays du Bocage vendéen"[38] dont la mission est de superviser l'aménagement global de leur territoire. Avec 50 000 habitants à cette date, elle en est la plus importante, les autres ayant entre 23 000 et 30 000 habitants. Les différents domaines de l’administration locale se trouvent ainsi partagés entre communes, "com-com", "pays", département, région, ainsi que les différents syndicats à vocations diverses et autres établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), ou encore communautés d'agglomération, aires urbaines, et bassins de vie…

"Montaigu" dans le "mille-feuilles" politico-administratif au XXIe siècle
(limites communales de 1810, et entre 1964 et 2020) :
- les
"cantons" traditionnels depuis 1801 ;
- après 2019 la nouvelle commune de
"Montaigu-Vendée",
dans la communauté de communes
"Terres de Montaigu" depuis 2016,
et dans le
"Pays du Bocage vendéen" depuis 2003 ;
- les
"bassins de vie", selon de l’INSEE, en 2020 ;
- les
"néo-cantons électoraux" inventés en 2015. 

Bien que la création de ces différentes strates ait eu pour objectif de simplifier l'organisation et le fonctionnement administratifs locaux, la connaissance de leurs fonctionnements et de la répartition complexe des compétences des unes et des autres semble ne plus être accessible, voire réservée, qu’à des spécialistes.
De plus, en 2015, les cantons traditionnels ont été remplacés pour des raisons électorales et politiciennes par de nouveaux cantons dont les limites étaient déconnectées des "bassins de vie" des populations locales[39]. Ainsi la "Com-com Terres de Montaigu" est partagée entre trois de ces nouveaux cantons dont celui de "Montaigu" qui, lui, englobe par contre une partie de la "Com-com du pays de Saint-Fulgent les Essarts"[40].

 

Sources et références

(sauf mention contraire, les illustrations sont dues à M. Mignet)

[1]

Selon les relevés effectués par Edmond Bocquier (1881-1948), dans son ébauche de Dictionnaire toponymique de la Vendée.

 
[2]

Laronze (Georges), Montaigu Ville d’histoire (IVe-XXe siècle), 1958.

 
[3]

Parmi les différents écrits ayant porté sur l’histoire de "Montaigu", consulter par exemple :
      - en 1742, la première histoire de Montaigu, par Fr.-Fr. Bellouard de Jemonville (manuscrit) ;
      - en 1786, la surprenante "Topographie médicale de la ville de Montaigu en Poitou", de L. Richard de la Vergne (manuscrit) ;
      - de 1884 à 1890, divers articles militants de Ch. Dugast-Matifeux dans son éphémère revue : Échos du Bocage vendéen ;
      - en 1892, la Chronique paroissiale de Montaigu, par E. Aillery et, surtout, par H. Boutin (54 p.), consultable en ligne sur le site des Archives départementales de la Vendée ;
      - entre 1900 et 1907, les articles longs et documentés de G. Mignen sur différents lieux de Montaigu et, en 1910, sa conférence sur "l'Ancien Montaigu" (manuscrit) ;
      - en 1958, le livre faisant référence : Montaigu Ville d’histoire (IVe-XXe siècle), de G. Laronze (151 p.) ;
      - en 1990, le scolaire Montaigu en Révolution (1749-1799), la force du destin, de Ph. Bonetti (150 p.) ;
      - en 1998, Montaigu, parcours historiques, compilations sur différents thèmes montacu-tains, de Ph. Bonetti et A. David (192 p.) ;

…et les écrits spécialisés sur un sujet particulier, tel celui de Fl. Brochard cité dans les notes suivantes, ainsi que de nombreux autres.

 
[4]

Voir dans le Dictionnaire des communes du site des Archives départementales de la Vendée : "Montaigu", rubrique "Evénements politiques & historiques majeurs", l’article intitulé : "1958 : Georges Laronze écrit une quatrième histoire de Montaigu".

 
[5]

Ces trouvailles archéologiques, dont rien n’a été conservé, sont signalées par Charles Dugast-Matifeux (1812-1894), érudit local mais de fiabilité limitée et dont les écrits ne peuvent être utilisés qu’après vérifications.

 
[6]

Laronze (Georges), Montaigu Ville d’histoire (IVe-XXe siècle), 1958.

 
[7]

Guerry (Amblard de), Chavagnes, communauté vendéenne, 1988, p. 35-37 ; Dillange (Michel), les Comtes de Poitou, ducs d’Aquitaine (778-1204), 1995, p. 113-143.

 
[8]

Bonetti (Philippe) et David (Abel), Montaigu, parcours historiques, 1998, p. 19-23.

 
[9]

Examen sur le terrain, en 2016, des substructures de la haute cour du "château de Montaigu", et des parties sud et est des murailles de la vieille ville.

 
[10]

Mignen (Gustave), Chartes de Fondations pour l’Aumônerie-Hôpital de Montaigu (Bas-Poitou), 1904, 39 p.

 
[11]

Laronze (Georges), Montaigu, ville d’histoire (IVe-XXe siècle), 1958, p. 12-15.

 
[12]

Voir dans le Dictionnaire des Vendéens, sur le site des Archives départementales de la Vendée, les notices biographiques de Jeanne de Belleville, Jean Ier Harpedane, Jean II Harpedane, Jean III Harpedane (Arch. dép. de la Vendée).

 
[13]

Colrat (Jean-Claude), les Compagnons d’armes de Jehanne la Pucelle et du siège d’Orléans, 1997, t. 2, p. 40.

 
[14]

Gauvard (Claude), "L'opinion publique aux confins des états et des principautés au début du XVe siècle", Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur, 1973, p. 127-152.

 
[15]

Vaesen (Joseph), "Catalogue du fonds Bourré à la Bibliothèque nationale", Bibliothèque de l’école des Chartes, tome XLIV, 1883, p. 302-303 ; Lettres de Louis XI, roi de France, tome V, 1895, p. 350-354 ; tome VI, p. 336 ; tome VII, p. 197-199 ; tome IX, p. 190-191.

 
[16]

Voir dans le Dictionnaire des communes du site des Archives départementales de la Vendée : "Montaigu", rubrique "Evénements politiques & historiques majeurs", les articles intitulés : "1563-1588 : Montaigu dans les Guerres de Religion" et "1586 : le Démantèlement de Montaigu et de son château".

 
[17]

Voir : Dubuisson-Aubenay (Fr.-N.), "Itinéraire de Bretagne en 1636", in Archives de Bretagne, 1902, p. 160-172 ; Bellouard de Jémonville (Fr.-Fr.), Histoire de Montaigu, 3e partie, manuscrit, 1742 (Bibl. mun. de Nantes : Fonds Dugast-Matifeux : "Documents antérieurs à la Révolution", dossier 204) ; Brochard (Fl.), le Chapitre collégial Saint-Maurice de Montaigu au XVIIIe siècle, 2001, 163 p. ; Mignen (G.) : les Religieuses Fontevristes de Notre-Dame de Saint-Sauveur à Montaigu (Bas-Poitou), 1626-1792, 1902, 222 p. ; les Maîtresses et Maîtres d’école de Montaigu avant et après 1789, 1907, p. 6-22 et p. 49-57, Chartes de Fondations pour l’Aumônerie-Hôpital de Montaigu (Bas-Poitou), 1904, p. 33-37.

 
[18]

Richard de la Vergne (Louis), Mémoire sur la topographie médicale de la ville de Montaigu en Poitou, 1786, manuscrit (Arch. dép. de la Vendée : Fonds Mignen, 36 J 60/2).

 
[19]

Conseil général de Loire-Atlantique, Cahiers des Plaintes et Doléances de Loire-Atlantique, 1789, 1989. Voir aussi dans le Dictionnaire des communes du site des Archives de la Vendée : "Montaigu", rubrique "Evénements politiques & historiques majeurs", l’article intitulé : "1789 (mars-avril) : Assemblée des Marches communes de Poitou et de Bretagne", et leur cahier de doléances commun à leurs trois ordres, ce qui a priori est un cas unique.

 
[20]

Un peu plus tard, en juin 1793, la nouvelle Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, mise en préambule de la nouvelle Constitution, dite plus tard "de l’An 1er", mettra en avant…
      - dans l’article 7, "le droit de manifester sa pensée et ses opinions [...], le libre exercice du culte […]".
      - dans l’article 35, le "devoir" d’insurrection : "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs". Cet article légitimant rétroactivement l’insurrection du 10 août 1792 à Paris qui aboutit à la prise des Tuileries, est depuis une importante référence et revendication du courant politique se disant la gauche française.
Cette Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen fut adoptée, mais ne fut jamais appliquée par le gouvernement de l’époque.

 
[21]

Kléber (Jean-Baptiste), Mémoires politiques et militaires, éd. 1907, p. 174-175; édition 1989, p. 116-117.

 
[22]

Correspondance, en 1798, de J.-B. Fayau, commissaire du Directoire exécutif de la Vendée près de l’administration municipale du canton de "Montaigu" (Arch. dép. de la Vendée : L 255).

 
[23]

Fonds Dugast-Matifeux, Bibliothèque municipale de Nantes.

 
[24]

INSEE, Recensement général de la population de 1975, dépouillement exhaustif… – Vendée - canton de Montaigu, p. 4, tableau P16 ; - idem, R.G.P. de 1982.

 
[25]

INSEE, Population légale de la Vendée à compter du 1er janvier 2018, 10 p.

 
[26]

"Montaigu", à la fin du XVIIIe siècle, était un des cinq doyennés (et archiprêtrés) du diocèse de Luçon, une subdivision qui avec le temps était devenue purement honorifique. Les autres doyennés du diocèse étaient ceux de : Aizenay, Talmont, Mareuil et Pareds. Il avait remplacé celui de Paillers, dont le siège se situait dans le village du même nom, sur la commune de Beaurepaire, et il ne comptait que 28 paroisses. Ces dernières, pour améliorer leurs activités pastorales, liturgiques et spirituelles, étaient regroupées depuis 1668 en "conférences" : celles de Rocheservière, de Saint-Fulgent et de "Montaigu". Cf. Chaille (Yves), "les Divisions ecclésiastiques de la Vendée en 1789", Revue du Bas-Poitou, 1967, p. 235-243.

 
[27]

Fonds Dugast-Matifeux à la Bibliothèque municipale de Nantes, Documents antérieurs à la Révolution, "Notes pour l’histoire de Montaigu" dossier 204 : "[…] Trente paroisses relèvent du marquisat de Montaigu, et cinq châtellenies savoir : Rocheservière, Beaurepaire, Bazoges, la Barottière et Noirlieu, dont les appellations ressortissent devant le juge de Montaigu [...]".

 
[28]

Les fonds de cartes visualisant les différents zonages administratifs de la région de "Montaigu" au XVIIIe siècle figurent par un trait gris sombre les limites entre les Généralités de Poitiers, de Tours et de Rennes, et par un trait gris clair celles des limites des paroisses en 1789-1790. Les paroisses divisant une même commune, comme à "Montaigu", Rocheservière, Tiffauges, Montfaucon… n’ont pu y être distinguées (à partir de Cartes des généralités, subdélégations et élections en France à la veille de la Révolution de 1789 : circonscriptions administratives à la fin de l'Ancien Régime, 1986, 98 p., de Guy Arbellot, Jean-Pierre Goubert, Jacques Mallet et Yvette Palazot).

 
[29]

Charles Auvynet, né à Legé en 1741, fut subdélégué de l'intendant du Poitou à Palluau, puis à "Montaigu". Sénéchal de cette ville, il était le vice-syndic général des "Marches communes de Bretagne et de Poitou" quand il fut élu député du tiers-état, le jeudi 2 mars 1789, lors de l’Assemblée de celles-ci au château de "Montaigu". A la fin des années 1790, il fut, commissaire exécutif, puis président de l’administration municipale de Legé. En 1807, il devint président du tribunal de première instance de Napoléon-Vendée. Il mourut en 1825. Il est le père d’Augustin-Moïse Auvynet (1771-1853), secrétaire de Charette, maire de "Montaigu" de 1801 à 1811, député en 1815, sous-préfet des Sables-d’Olonne de 1816 à 1830, puis en 1848 président du Conseil général de la Vendée, et réputé avoir, en bon monarchiste légitimiste, refusé de prêter serment de fidélité au futur Napoléon III après le coup d’état de décembre 1851.

 
[30]

Voir dans le Dictionnaire des communes du site des Archives départementales de la Vendée : "Montaigu", rubrique "Evénements politiques & historiques majeurs", les articles intitulés : "843 / 844 : rivalités entre Bretons et Francs près de Montaigu"et "1789 (mars-avril) : réunion à Montaigu de l’Assemblée des Marches communes de Poitou et de Bretagne".

 
[31]

Le District de Montaigu était l’un des six du département de la Vendée, avec ceux de Challans, de la Châtaigneraie, de Fontenay, de la Roche-sur-Yon et des Sables-d’Olonne.

 
[32]

Le premier sous-préfet arriva à "Montaigu" le 2 mai 1800, il s’appelait Pierre-Paul Clemenceau (1749-1825) et était un médecin originaire de Mouchamps où sa famille prétendait à des armoiries. Il sera un fervent défenseur du régime napoléonien, après que précédemment son ralliement au camp de la Révolution lui eut permis d’acquérir de nombreux biens nationaux. Il est le grand-père de Georges Clemenceau (1841-1929). Ses successeurs seront, en 1806, Michel-Augustin de Goyon, puis en 1808, François-Alexis Bernard la Ducquerie, troisième et dernier sous-préfet de Montaigu.

 
[33]

Arrêtés et délibérations municipales de Montaigu, An XIII-1836 (1804-1836), 14 mai 1807, vue 12 (Arch. dép. de la Vendée : AC 146-1).

 
[34]

Sur la courte histoire de la sous-préfecture de "Montaigu", voir : Yavchitz-Koehler (Sylvie), "la Préfecture de la Vendée", in 303, Recherches et Créations, n°68, 2001, p. 7-12.

 
[35]

C’est pour beaucoup le sentiment que les habitants des communes voisines avaient d’être considérés avec hauteur par les notables de "Montaigu" qui explique ces relations difficiles, et les Délibérations municipales de Montaigu du XIXe siècle justifient parfois ce sentiment. Ce ton condescendant, pour ne pas dire plus, se retrouve à une autre échelle dans les commentaires en 1946 des collègues parisiens de Georges Laronze lorsque celui-ci fut élu maire de "Montaigu", et aussi au début du XXIe siècle chez les nouveaux habitants venant de Nantes, de la région parisienne ou d’autres villes.

 
[36]

Entretien avec Henri Joyau (1928-2019), en 2012 ; pour son cursus professionnel, voir l’article qui lui a été consacré en janvier 2010 dans le n°163 du Nouvel Ouest.

 
[37]

En 1969, fut décidé de la parution d'un bulletin du District de Montaigu annuel, qui sera titré ensuite "bulletin des Terres de Montaigu",  puis "magazine des Terres de Montaigu", et qui est devenu téléchargeable. A titre de curiosité : le n°01 - 1969 (publicité exclue). Depuis 2019, les publications sont devenues thématiques, et chaque commune a son magazine municipal. Ainsi pour "Montaigu" : "Mon Mag Ma ville".

 
[38]

Pour le "Pays du Bocage vendéen", voir sa Charte de territoire : Diagnostic + Projet de territoire, septembre 2005, 194 p., rédigée lors de sa mise en place. Le Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) en constitue l’élément majeur. Celui du "Pays du Bocage vendéen" a été élaboré à partir de 2013.

 
[39]

Les "bassins de vie" sont les plus petits territoires sur lesquels les habitants ont accès aux équipements et services les plus courants. En 2020 pour la Vendée, l’INSEE en identifiait 29 ayant leur commune principale située sur le département.

 
[40]

La participation aux élections de conseillers généraux / départementaux a été de 70 % en 2008 dans l’ancien canton de "Montaigu", et de 54 % en 2015 dans son nouveau canton. Une chute qui a été en partie attribuée à l’absence de relations entre les nouvelles limites cantonales et les réalités de vie et préoccupations des habitants.

 

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