Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Notice rédigée par : Maurice Mignet

Graphies connues

Monte acutus (1090) source : Liste des barons de Thouars. Edmond Bocquier (1881-1948), initiateur d’un dictionnaire toponymique de la Vendée, a relevé, dans des documents anciens, différentes formes latinisées ou traductions en latin du toponyme "Montaigu".

Mons acutus (1205 - 1218) source : (Manuscrits de Dom Fonteneau)

Mons accutus (1254) source : (Archives de Benjamin Fillon)

Montagu (1284) source : (Cartulaire de Talmont)

Motagu (1370) source : (Archives de Benjamin Fillon)


Nature(s) du lieu

Catégorie : Circonscription Masquer
Titre Image
  • Nature : Circonscription
    Précision sur la nature du lieu : commune
  • Localisation : "Montaigu", au nord-est de la Vendée, est situé en bordure immédiate de la Loire-Atlantique et, antérieurement, à la limite des Marches communes de Bretagne et du Poitou. Coordonnées géographiques : 46° 58' 33,8" N, 1° 18' 44,2" W (au clocher de Montaigu).

Etymologie

Le nom de Montaigu vient de la topographie du site de promontoire de son Château.

Données historiques

Histoire et archéologie

Les origines connues de "Montaigu" remontent au Xe siècle, l'insécurité créée par les incursions normandes et par l’instabilité politique ayant fait se déplacer le centre de peuplement local de Durinum (Saint-Georges-de-Montaigu) au site "en éperon" plus facilement fortifiable de l’actuel Château, et à ce qui deviendra la ville, à son tour entourée de murailles.

Au cours de la période féodale, Montaigu se trouva dans la mouvance des ducs d’Aquitaine, puis de leurs successeurs les Plantagenets ; à la fin XIVe siècle, il passa définitivement dans celle des Valois. Pendant cinq siècles, son Château fut une forteresse aquitaine, poitevine puis française face au duché de Bretagne dont il était séparé par une zone intermédiaire à la juridiction spéciale et enchevêtrée : les "Marches séparantes de Poitou et de Bretagne". Tout en étant en Poitou, Montaigu hébergera jusqu'en 1790 les assemblées et l’administration particulières de cette petite région immédiatement voisine.

En 1476, voulant annexer la Bretagne alors indépendante, le roi de France Louis XI s’appropria momentanément la seigneurie de Montaigu et fit adapter et renforcer les défenses de la ville et du Château. Après le mariage obligé d’Anne de Bretagne, elle revint en 1491 à ses anciens seigneurs.

Au siècle suivant, alors que le peuple restait dans son ensemble catholique, la noblesse locale adhéra majoritairement à la Réforme protestante ; une évolution des convictions n’excluant pas des motivations matérielles et politiques. Cela valut à la ville d'être prise ou reprise une dizaine de fois pendant les guerres de Religion[1].

La Révolution a été la période qui a le plus marqué l’histoire de Montaigu. En 1789, ses habitants adhérèrent comme tous les Français aux espoirs de réformes. Mais l’accaparement des postes administratifs, des mandats politiques, des biens nationaux par de nouveaux privilégiés qui, de plus, étaient dispensés des obligations militaires et prétendaient contrôler la liberté de penser, fit monter l’exaspération populaire. Cela aboutit à une sanglante répression dans la région proche durant l’été 1792[2], puis en mars 1793 à une insurrection généralisée à laquelle prit part la population de la ville. Fin septembre 1793, celle-ci fut prise et incendiée par les troupes révolutionnaires et entre la moitié et les deux-tiers de ses habitants en disparurent[3].

Cela permit à ceux des membres de la bourgeoisie locale qui s’étaient ralliés au nouveau régime, de renforcer leurs fortunes, de prendre le contrôle politique de la ville pour un siècle et demi, et aussi d’en écrire l’histoire[4]. Jusque dans la première moitié du XXe siècle, la "ville bourgeoise et bleue" de Montaigu s’opposera à la "campagne blanche et prolétaire" environnante.

Autres mentions

Le territoire exigu de Montaigu l’était encore plus autrefois. Initialement il se limitait au Château et à la Vieille Ville, dont la structure générale date de la fin du XIIe siècle, ainsi qu’aux faubourgs "Saint-Nicolas" et "Saint-Jacques" (incluant "le Pont neuf" et "l’Égault").

Au fil du temps, y ont été ajoutés : au XVIIIe siècle, la chapelle "Saint-Lazare" venant de Saint-Hilaire-de-Loulay ; vers 1800, "la Gaudine" venant de Boufféré, "la Caillauderie" et "la Crépelière" venant de La Guyonnière ; en 1809, "les Rochettes", "le Champ de foire", "les Olivettes", les terres des "Essarts" et de "la Mourie", venant de Saint-Hilaire-de-Loulay ; et enfin, en 1891, "le Petit Saint-Hilaire" et "la gare", venant aussi de Saint-Hilaire-de-Loulay[5].

Malgré tous ces agrandissements, la surface de Montaigu n’était que de 3,03 km², en 2016.

Sources et références

Illustrations

montaigu_montaigu_3.jpg

montaigu_montaigu_3.jpg


Montaigu : les quatre éléments primitifs de la ville, les quartiers rajoutés au fil des siècles
et les limites communales en 2011
(2,4 x 2,4 km,
© GEOPORTAIL).

[1]

Mignen (Gustave), l'Ancien Montaigu, conférence du 13 mars 1910, et autres ouvrages.

 
[2]

Mercier du Rocher (André), Mémoires pour servir à l'histoire de la guerre de Vendée, éd. 1989, p. 114 sq.

 
[3]

Kléber (Jean-Baptiste), Mémoires politiques et militaires, édition 1989, p. 116-117.

 
[4]

Fonds Dugast-Matifeux, Bibliothèque municipale de Nantes.

 
[5]

Laronze (Georges), Montaigu Ville d’histoire (IVe-XXe siècle), 1958.

 

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