Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Moulin à eau Masquer
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  • Nature : Moulin à eau
    Précision sur la nature du lieu : moulin à eau
  • Localisation : Le "moulin Gros" est situé la rive gauche de la Maine, à la sortie de celle-ci de la commune de Montaigu.
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : Saint-Hilaire-de-Loulay, J 704
    • Coordonnées cadastrales modernes : Saint-Hilaire-de-Loulay, OJ 102

Données historiques

Histoire et archéologie

En 1818, le "moulin Gros" appartenait à René Luneau, meunier résidant à la Marionnière de Saint-Hilaire-de-Loulay[1], et qui possédait aussi un moulin à vent, le "moulin Luneau"[2] (le long de ce qui était à l’époque le chemin de Montaigu à Vieillevigne) ce qui lui permettait, l’été, de pallier le manque d'eau de la Maine.

C’est sans doute lui ou un membre de sa famille qui, en octobre 1793, retira de la rivière le corps de Charles Poulain, curé de "l’église Saint-Nicolas", et l’inhuma à proximité. Arrêté quelques jours plus tôt, celui-ci avait été fusillé par les troupes de Kléber sur le "pont Saint-Nicolas", et jeté dans la Maine. Lorsqu’en 1825 on voulut lui donner une sépulture plus digne, on ne put retrouver sa dépouille : "les eaux avaient miné la rive et emporté le cadavre, et des témoignages apprirent que, vingt ans plus tôt environ, on avait vu les ossements surnager, emportés par le courant"[3].

Le "moulin Gros" se situait sur un site hydraulique bipolaire, et sa chaussée originelle coupait diagonalement la Maine. Celle-ci se trouve aujourd’hui sous les eaux, mais son tracé, qui se devine et que l’on retrouve sur les plans des anciens cadastres, montre qu’au XVIIIe siècle, sinon auparavant, un premier moulin était établi à son extrémité aval sur la rive droite et dont il ne reste aucune trace. Ce n’est probablement que par la suite que fut installé à son autre extrémité, sur la rive gauche, un second moulin dont des ruines, plus ou moins envahies par les eaux et allant en se dégradant, subsistent encore aujourd’hui[4].

Après l’arrêt de l’activité de ce dernier moulin, la chaussée se détériora, faisant baisser le niveau de la retenue d’eau. Cette baisse finit par devenir inquiétante et, en 1954, le conseil municipal de Montaigu décida de créer une nouvelle chaussée, un peu plus élevée, afin que la rivière ne s’assèche pas en été ce qui pouvait mettre son environnement en danger. On adopta un nouveau tracé coupant la Maine perpendiculairement, ce qui ennoya le site hydraulique primitif[5].

Autres mentions

 

Les terres proches du "moulin Gros", et occupées maintenant par la zone industrielle nord de Montaigu, portaient en 1818 le nom de "terres du moulin Gros" (I 700 à 703, et I 707)[1]. On y trouve aujourd’hui une "rue du Moulin Gros". Ce n’est que le 17 février 1891, que ce secteur, qui dépendait de la commune de Saint-Hilaire-de-Loulay, fut intégré à la commune de Montaigu. La rivière servant de limite intercommunale, la chaussée devint montacutaine mais pas le moulin quiétant situé, lui, sur la rive gauche, est resté loulaisien.

Jean-Marie Poussart (1897-1972), montacutain d’adoption, a représenté le "Moulin Gros" sur certains de ses tableaux. Comme lui, d’autres artistes connus du milieu des amateurs d’art éclairés, ont représenté des paysages de Montaigu et de ses environs, tels Elie Mangaud (1883-1961), Louis Prével (1832- ? ), ou encore Pierre Marchand (1907-1981)[6]...

Jean-Marie Poussart, "Le Moulin Gros à Montaigu",
aquarelle, 38 x 27 cm, collection particulière.

Illustrations

montaigu_moulin_gros_2.jpg

montaigu_moulin_gros_2.jpg


En 2006 sur la Maine, l’actuelle chaussée dite "du moulin Gros" (photo "pêcheurs de la Maine").
Vue aérienne en 2009, du site hydraulique du Moulin Gros
(environ 190 x 245 m,
© GEOPORTAIL),
et en 1818 sur le plan cadastral de Saint-Hilaire-de-Loulay, section J.
Vue vers 1910 à partir du moulin de la rive gauche,
de la chaussée primitive aujourd’hui ennoyée.

[1]

Plan du cadastre de 1818 de Saint-Hilaire-de-Loulay (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 224, sections I et J et tableau d’assemblage).

 
[2]

Plan, état de sections et matrice du cadastre de 1814 de Montaigu (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 146).

 
[3]

Mignen (Gustave), Paroisses, églises et cures de Montaigu "Bas-Poitou", 1900, p. 184-185.

 
[4]

Relevés sur le terrain en 2010.

 
[5]

Délibérations du conseil municipal de Montaigu, 1954 (Arch. dép. de la Vendée). 

 
[6]

Wiehn (François), Peintres de la Vendée, 2012.

 

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