Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire des toponymes

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Montaigu > Mourie (la)

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Nature(s) du lieu

Catégorie : Terre agricole (hors vigne) Masquer
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  • Nature : Terre agricole (hors vigne)
    Précision sur la nature du lieu : lieu-dit
  • Localisation : "La Mourie" regroupe des terres situées le long et au nord de l'ancienne "route de Vieillevigne", actuelle "rue des Mimosas".
  • Coordonnées
    • Coordonnées cadastrales napoléoniennes : B 72 à 86
    • Coordonnées cadastrales modernes : sud de la Section AB

Données historiques

Histoire et archéologie

Le nom, un peu oublié, de "la Mourie" correspond à des terres situées à l’ouest du "faubourg Saint-Nicolas" de Montaigu. Cependant jusqu’au début du XIXe siècle, elles sont dites de la paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay sur les rares documents administratifs ou notariés les mentionnant. Ils signalent qu’elles étaient alors occupées par des fiefs de vigne[1].

Vue aérienne de "la Mourie" vers 1950 (IGN),
et noms de lieux et limites du cadastre de 1814 (environ 680 x 450 m).
Plan cadastral et limites de Montaigu en 2009 : 
les lotissements du secteur de "la Mourie" (environ 680 x 450 m).

Ce nom de "la Mourie" pourrait provenir de "moure", nom donné localement à la "mûre", le fruit de la ronce, et une "mourière" ou "mourie" était le nom donné à un roncier. Cela correspondait à des terres ingrates et à la végétation pauvre, comme pouvaient aussi l’être celles voisines du lieu-dit "les Chardons", à cheval sur Montaigu et Boufféré. Des lieux-dits "la Mourière" se rencontrent dans la région, sur les communes de Chantonnay, de la Poitevinière ou encore de Saint-Laurent-sur-Sèvre[2].

Ces terres se trouvaient bordées par l’ancien "chemin dit de Vieillevigne" avant qu’il fût remplacé, après 1833, par la nouvelle "route stratégique n°7" allant de Cholet à Saint-Jean-de-Monts, construite par Louis-Philippe. A cette époque, la révolution de juillet 1830 avait suscité une forte agitation dans la région, y entraînant de nombreuses arrestations, une agitation qui s’était amplifiée en mai-juin 1832, avec le passage de la duchesse de Berry lors de sa vaine tentative de restauration en faveur de son fils, le futur comte de Chambord. Comme leur nom l’indique, la vocation première de ces diverses "routes stratégiques" était de faciliter la répression militaire.

Le long de cet ancien "chemin de Vieillevigne", se trouvait le "moulin Luneau" qui portait le nom de la famille de ses meuniers successifs ; et, à son extrémité ouest : la "chapelle Saint-Lazare", "l’arbre à l’assassin" de sinistre réputation, et enfin le "ruisseau de la Bretonnière". Au nord, "la Mourie" était bordée par des prairies longeant "la Maine" et dites les "prés des rivières"[3].

La construction entre 1861 et 1866 de la voie ferrée a nettement séparé "la Mourie" du reste de la commune, ce qui retarda son urbanisation jusqu’au début des années 2000. Vingt ans plus tard,  elle est devenue une zone pavillonnaire.

Autres mentions

Les rues des différents lotissements créés de-puis les années 1960 sur la périphérie de Montaigu ont reçu, parmi d’autres, des noms provenant du panthéon littéraire français du XIXe siècle. Le quartier de "la Mourie" est exemplaire à cet égard, et rend hommage à des écrivains de tous bords de cette époque, les uns ayant professé un profond humanisme, d’autres ayant fait preuve d’un étonnant racisme. Ce ne sont pas les seuls noms de lieux de Montaigu dans ce dernier cas[4].



Sources et références

(sauf mention contraire, les illustrations sont dues à M. Mignet)

[1]

Procuration du 29 avril 1772 par le Marquis de Juigné ; minute du 15 février 1775 d’André Bégaud, notaire à Montaigu (Arch. dép. de la Vendée : 3 E 27/231).

 
[2]

Le Quellec (Jean-Loïc), "Dictionnaire des noms de lieux de la Vendée", 2006, p. 249.

 
[3]

Plan et état de sections du cadastre de 1814 (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 146). Sur certains plans plus récents de Montaigu apparaissent les noms de "Nourrie" et de "moulin Nourrie" qui sont le résultat d’erreurs de transcriptions à un moment ou à un autre. Dans le second cas, l’ajout de "moulin" vient probablement du souvenir de l’ancien "moulin Luneau" tout proche.

 
[4]

Pour les écrivains aux convictions humanistes présents dans les noms de rues de "la Mourie" : François-René de Châteaubriand ou Gustave Flaubert ; parmi les autres : Pierre Loti ou, pire et de loin, Jules Michelet (cf. Chroniques du racisme ordinaire, d’Alexandre Hurel). Parmi les noms d’autres lieux de Montaigu évoquant des personnages de la même époque et dont les opinions seraient aujourd’hui mal venues, on trouve ceux de Jules Verne et de Jules Ferry...

 

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